ANNEXE III
Liste DEs TÉNÉBRIONIDES RÉCOLTÉES PAR LE 1° VAILLANT
Mission Pelliot-Vaillant, 1908.
Colposcelis Amanda Rerrrer. Gobi, C. montivaga F. Bares. Kachgar.
Anatolica Holdereri Rerrrer. Kachgar.
À. suturalis Rerrrer. Kan Tchéou, Nan Chan.
Tamena rugiceps Rerrrer. Gobi.
Microdera mongolica Rerrrer. Gobi.
Scylosoma funebris Rerrer. Kan Tchéou.
Leptodes ljanschanicus Sen. Tian Chan.
Cyphogenia humeralis Rares. Kachgar.
Przewalskia dilatata Rerrrer. Kachgar.
Mantichorula Semenowi Farp. Kan Tchéou.
Trigonoscelis sublaevigata Raitrer. Cha Tchéou. T. Holdereri Reirrer. Tian Chan.
Sternoplax lacerta Bares. Tian Chan, Kachgar. S. juvencus Rrerrrer. Kachgar. À
S. Kricheldorfi Rerrrer. Cha Tchéou.
S. Kraatzi Friv. Nan Chan.
Plerocoma Loczyri Friv. Gobi, Kachgar.
Ocnera sablaevigata Bares. Kachgar.
Prosodes costifera Kr. Alaï.
Blaps kashqarensis Bares var. mongolica Sem. Gobi, Cha Tchéou. Blaps granulala Rerrrer var. Seidlitzi Reirrer. Tian Chan. Platyscelis integra Rerrrer. Gobi.
Cabirus oblusicollis Rerrrer. Alaï.
Gonocephalum selulosum Farv. Gobi.
G. rusticum OL. var. patruele Er. Kachgar.
Ammobius asperalus Cnam. Gobi.
Cryplicus quisquilius L. Alaï.
Un certain nombre de ces captures sont d'un intérêt particulier, notamment la capture de Przewalskia dilalala à Kachgar. Ce coléoptère de la tribu des Plalyopinae a été découvert par Przewalsky dans la région de Nya (bassin du Tarim) au voisinage du Lob Nor et retrouvée par Vaillant en Kachgarie à 2.000 kil. dans l'Ouest, ce qui laisserait penser que cette forme est largement répandue dans le bassin du Tarim auquel il semble spécial. Ajoutons à ce sujet que le Przewalshia dilalata a été récolté au nombre de 8 exemplaires par la mission Dutreuil de Rhins et Grenard sous l'étiquette Thibet, localité malheureusement trop générale, l'itinéraire de cette mission s'étendant de la Kachgarie à la région du Lob nor et Tsaïdam (région de Kenya et de Nya) où Przewalsky a découvert le Platyope (Przewalskia) dilatala, pour quitter le Thibet par sa région Nord-Est.
Une autre espèce intéressante des récoltes de Vaillant est le Mantichorula Semenowi, Platyopine extrêmement caractéristique de l'Asie centrale, ramené par Potanin de la Mongolie méridionale, et retrouvée ici par Vaillant au Kan Su dans les bassins les plus extrêmes du Gobi méridional. Comme pour Przewalskia dilatata, on n’avait que peu de renseignements sur l’extension du Mantichorula Semenowi, mais nous l'avons rencontré en telle abondance dans la traversée des bassins désertiques de la Mongolie intérieure que nous pouvons considérer cette forme comme caractéristique de la faune des dunes de sables mobiles du Gobi méridional aussi bien que dans la région du Gobi oriental
(bassin du Kuarto, de Cho Lun Hurre Gol, d'Hoyer Amatu) que des dunes de
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sables des bords de l’Etsin Gol, où nous l'avons capturé par dizaines, ramant sur le ‘sable fuyant, de ses longues pattes postérieures Lerminées par des tarses allongés et longuement ciliés de poils serrés et souples.
Les captures de cette espèce, par Vaillant et Holderer, étendent cette espèce jusqu'au Kan su occidental sur la grande route impériale, axe des communica-
Lions de la Chine centrale vers le Sin Kiang.
Les plus intéressantes des récoltes de Vaillant sont sans doute celles qui proviennent de l’oasis de Cha Tchéou (capitale des sables), ville déchue de son ancienne importance, alors qu'elle jouait le rôle de clef de la route méridionale des caravanes vers les riches oasis de Khotan et Yarkand au S.-E. du bassin du Tarim. Le déplacement du Lob Nor a rendu infiniment trop aride cette route du Sud qui s'est vu préférer exclusivement les pistes du Nord vers Kachgar par Aksu, Kutchar, Karachar, Turfan et Hami qu'emprunte exclusivement le commerce caravanier du Turkestan vers la Chine.
L'intérêt de l'oasis de Tung Huan (Cha Tchéou) vient de sa situation de relais entre le bassin du Lob Nor et les oasis du Kan Su, au voisinage de la perte du Su Lo Ho, dans les sables où finit le Lob Nor.
Le bassin terminal du Su Lo Ho, qui naît dans les Nan Chan au Sud de Sou Tchéou, emméêlant le lacis de ses torrents de tête à celui des affluents supérieurs du fleuve Etsin Gol, joue, comme ce cours d’eau dans sa partie inférieure, Île rôle d’enclave fluviale dans les déserts où il disparaît. Comme lui, son sousécoulement assure l’existence d’une large zone d’oasis cultivées et la présence d'une abondante flore de tamarix et de Populus euphralica si caractéristique des régions terminales des cours d’eau de l’Asie centrale au voisinage de leur disparition dans les sables.
Mais alors que le cours de l'Etsin Gol, à partir de Sou Tchéou, s'oriente vers le Nord-Est, celui du Su Lo Ho, à partir de Yumen Shien, s'infléchit en direction Est-Ouest, formant avec le précédent une branche divergente prolongeant en direction du bassin du Lob Nor les oasis des glacis du Kan Su occidental. Le bassin du Su Lo Ho continue ainsi vers l'Ouest le détroit arrosé du Kan Su occidental, assurant ainsi une zone de transition entre les bassins méridionaux du Gobi, et même la Chine du Fleuve Jaune avec les oasis méridionaux du Sin Kiang et le cours inférieur du Tarim. Détroit que le régime désertique, aggravé de la région du Lob Nor, rend actuellement précaire et difficile à franchir, mais qui a pu, dans des temps géologiques récents, jouer un très grand rôle pour la diffusion des faunes entre les bassins méridionaux du Gobi mongol et le bassin du Tarim, ce qui fait jouer actuellement à l’oasis de Tung Huan (Cha Tchéou) le rôle de refuge et de repaire sur l’ancienne ligne de peuplement du Kan Su vers le Lob Nor.
Il est possible d’y saisir encore sur le vif l'existence d’une faune commune aux bassins du Sin Kiang (Hami, Turfan, Cha Tchéou) et la Mongolie occidentale (Pei Chan, Etsin Gol), faune matérialisée par exemple par le Trigonoscelis sublaevigala capturé dans toute cette région qu'il caractérise avec la variété mongolica du Blaps kashqarensis, tandis que d’autres formes Pferocoma Reitteri, Plalyope Victor sont localisées plus étroitement à la région du Pei Chan, région des moins parcourues par les explorations précédentes, ce qui explique suffisamment la rareté de leur capture. Tandis que des voyages relativement nombreux (Holderer, Sechenyi, Pelliot-Vaillant, Sven Hedin, Mission
Haardt) nous renseignent de façon déjà assez abondante sur les bassins méridionaux. de la Mongolie, renseignements dont la valeur est encore accrue par la superposition fréquente de leur route, et l'identité des récoltes, et il s'en faut que les renseignements sur les immenses espaces de la Mongolie septentrionale soient aussi fournis. Bien qu'ils aient décrits une quantité de formes, les savants russes n'ont pas encore, comme ils pourront le faire en une synthèse complète, publié de vue d'ensemble sur la faune de la Mongolie extérieure. D'autre part, si les travaux paléontologiques et géologiques des Missions d'Andrews ont fait l'objet de nombreuses publications, les observations zoologiques de cette Mission n'ont pas encore paru, et de ce fait les vues faunistiques sur les bassins septentrionaux de la Mongolie extérieure sont encore très fragmentaires. Il est entre autre presque impossible de publier des listes de faunes des bassins de Kobdo, d'Uliassutai, des 7 rivières, et de dire en quoi ces faunes se rapprochent ou diffèrent de la faune de Dzoungarie ou de celle du bassin
d'Urga.
Cependant, et à titre de contribution à l'étude de ces contrées, il nous est possible de donner ici les listes inédites des captures du voyage de J. Chaffanjon en Asie centrale, voyage accompli en 1895-1896, et parcourant précisément de Tachkent à Tsi Tsi Khar, les bassins septentrionaux de la Mongolie, par Kobdo, Uliassutai, Urga et la vallée de la Selenga en direction de Tsi Tsi Khar et la frontière de Mandchourie.
La comparaison de ces récoltes, avec les récoltes précédentes effectuées plus au Sud nous permettront déjà la constatation de certains faits.