S. PHÉNOMÈNES PÉRIODIQUES DES PI-ANTES EN ÏIELG1QCE
En commençant mes recherches sur les phénomènes périodiques, j'ai donné un aperçu îles travaux sur la floraison des plantes, faits pendant un demi-siècle par le voyageur T.-F. Forster, ancien membre de la Société royale de Londres, et par son (ils, Thomas- J.-M. Forster, qui vint plus tard s’établir en Belgique. « Nous avons surtout en vue, disaisje alors, de suggérer l’idée d'entreprendre des observations intéressantes qui n'ont pas encore été faites d'une manière suivie dans ce pays, et qui cependant sont d’une grande importance pour l'histoire naturelle de nos provinces ('). » Malheureusement les recherches de MM. Forster ne sont pas accompagnées des renseignements nécessaires pour se former une idée exacte du phénomène ni de l'instant de l’observation.
Les désirs que j'exprimais étaient encouragés parla plupart de mes collègues de l'Académie royale des sciences de Belgique; mais ils ne furent cependant pas, dès le principe, couronnés d’un enfler succès. -Mes premières annotations, étrangères en quelque sorte à mes travaux astronomiques, ne furent secondées, pendant la deuxième année (1840), que par les annotations de M. Th. Forster, qui observait, ainsi que moi, dans les murs de Bruxelles (*). L'année suivante, de nouveaux collègues prirent part & mes travaux ; MM. Robyns et Gastone firent leurs observations dans d’autres quartiers de la ville; mais M. Th. Forster suspendit les siennes. En 1844 , M. le professeur Marions me transmit ses recherches faites à Louvain, et MM. Ch. Morren. de Selys-Longcliamps cl Victor Deville me firent parvenir ecllcs de Liège. Je reçus en même temps, par la bienveillante entremise de M. Kickx, professeur à l'université de Gand.les observations de M. J. Donkelaer, attaché au Jardin botanique de la ville. Les trois centres universitaires du royaume, en me confiant leurs résultats, me prêtèrent pour le moment un concours des plus utiles.
Le travail prenait plus de développement; seulement on reconnaîtra sans peine que les indices, pour les principales circonstances des plantes, ne furent pas les mêmes. On peut craindre que les observations faites dans quelques villes n'aient été, pour la feuillaison et la floraison, un peu plus tardives que celles de Bruxelles. Ces difficultés ne m’avaient pas échappé : j’avais déjà insisté sur une manière d'observer uniforme, d'où devait dépendre la valeur de nos comparaisons, surtout dans les localités rapprochées. On verra bientôt que ces recommandations n ont pas été généralement suivies. La différence se remarque
(*) Annuaire de l'Observatoire rot al de Bruxelles pour I 838 . |iag. 236, Calendrier tir* temps moyens de la floraison des plantes . M, Tb. Forster observa d'abord à Bruxelles cl plus tard â Bruges.
(*) Méroires db l'Académie royale de Breeeli.es, tom. XIV et suivants, où toutes les recherches sur les phénomènes périodiques des plantes cl des animaux ont depuis été insérées successivement d'année en année.
DES PLANTES ET DES ANIMAUX
surtout dons la feuillaison . où l'inscription se fait quand la feuille est plus ou moins développée, tandis qu'il est dit expressément, dans le programme qui parut au commencement de 1812, que, « pour la feuillaison, l'indication des époques doit se faire lorsque les premières feuilles sortent des bourgeons et deviennent visibles: et. pour la floraison, lorsque l'anthère se montre. •*
Ces instants bien marqués peuvent être saisis sans peine.- mais il est impossible de trouver des caractères comparables, si l'on veut prendre les feuilles ou les fleurs dans un état plus ou moins avancé.
Le désir de présenter un aperçu des principales époques de la végétation pour la Belgique reçut d'heureux encouragements. Il suffira, pour s'en convaincre , de jeter les yeux sur les lieux et sur les naturalistes qui prirent part à ces recherches ; malheureusement il ne leur fut pas toujours possible de répondre avec le même zèle aux observations que l’on attendait d'eux. L'Academie royale de Belgique voulut bien, de son côté, prêter obligeamment scs recueils , et publier ce qui se faisait afin de jeter des lumières sur l'histoire naturelle du pays, et particulièrement sur la branche nouvelle des sciences qu'on avait en t ue de cultiver.
Les observations sur le développement des plantes furent donc entreprises, mais successivement, sur trente points différents: toutes ces observations n’ont pas été continuées d'une manière assez suivie, ni d’après des principes assez comparables , pour qu'on puisse faire un égal usage de leurs résultats. On eut soin, comme nous l'avons dit, de flxer les principes d'après lesquels il convenait d’observer et d'indiquer aussi exactement que possible les mutations, telles que la feuillaison, la floraison, la maturité des fruits et la chute des feuilles. .Malgré ees précautions, les mêmes phases uc furent pas toujours étudiées; cette discordance ne permit généralement pas d’établir les comparaisons avec assurance. D'ailleurs la variété des terrains, leur exposition plus ou moins abritée, la nature des plantes et bien d'autres causes devaient occasionner des différences sensibles. C'est pour arriver autant que possible à leur connaissance qu'on a cherché à obtenir de loin en loin différentes observations sur un même point. La liste suivante présentera un aperçu des lieux où l'on a observ é et du temps pendant lequel les observations ont été faites. Nous ne parlerons d'abord que de la Belgique.
PHOTIK-K Dk HltAtt» VI
Bruxelles, A l'Observatoire royal, 1858-1860; M. Th. Forslrr, 1841; 31. Kohyns, 1841; 31. le IH <»n«tone, 1841, 184*2; M. Gnlootti, 1842, 1843; M. Schramm, (832-1836; M. Buinmcr. 1837. 1858. Yilvordc, près de Bruxelles. M. Ch. WYsmarl, 183)7-1860.
Louvain. M. Martens, 1841 ; M. Nève père, 1844.
Gramirionf. M. Borre, 1833-1856.
Aerschot. M. Ifus&on, 1857.
PSOVIBCE DB LA rUXMl ORIENTALE.
Garni. M. Donkclacr, 1841-1855; M. Spae, 1843, 1844; M. Krederirq, 1843.
Vinderhaute f près de Gnnd. M. Blancquacrt, 1845-1841).
Ledebery, près de Gand. M. Scheidweiler, 1855, 1856.
Votselaere t près de GflncL M. Blancquacrt lils, 1848.