‹ Sur le physique du globeChapitre 89 sur 169 · I.1TENS1TK MAGSÉTiyLE ABSOUTE · texte numérisé non relu

I.1TENS1TK MAGSÉTiyLE ABSOUTE

Nous avons parle précédemment de l'état absolu de la déclinaison et de l'inclinaison de l'aiguille magnétique; nous n’avons pas donné moins d'attention à l'état relatif. Un troisième élément n’a sérieusement oeeupé les physiciens que dans ces derniers temps, surtout en ce qui concerne les variations horizontales et verticales, pendant les différents jours de l'année et pendant les différents instants du jour : c'est l'intensité du magnétisme terrestre.'

Nous tâcherons maintenant d’établir la valeur moyenne de l’état absolu du magnétisme total , et nous chercherons en même temps à fixer la variation qu’on peut en déduire , en ayant égard aux instants du jour et de l'année.

Les premières observations sur l’intensité absolue du magnétisme horizontal, à Bruxelles, datent de 1828: l'année suivante, je repris les mêmes observations comparativement avec Paris. Différents observateurs ont bien voulu réunir, depuis, leurs travaux aux miens, qui ont été renouvelés régulièrement d’année en année; je pense qu’il existe peu de localités qui aient été vérifiées, en aussi fieu de temps, par autant d'observateurs estimés : parmi ces savants , je dois citer particulièrement MM. Sabine , Nicolle! , Rudberg . Forbes, Bâche, Lamont, Langhcrg et .Mahmoud, dont les résultats ont été publiés à Bruxelles, en même temps que ceux de M.M. Dupcrrey, Angslrom et Kæmtz, qui ont également joint leurs travaux aux nôtres, mais dont les résultats n’ont pas été publiés par nous.

« L’instrument dont je me suis servi a été construit à Bruxelles, en 1828, sur le modèle de celui de M. Hanstecn ('). Les aiguilles étaient deux petits cylindres d'acier de 66 millimètres de longueur environ, sur 1 millimètres d'épaisseur (’). Elles étaient terminées en pointe et

(*) CcUe description de l'instrument est tirée de mon mémoire : Herherehes sur l'intensité magnétique île différents lieue de /' Allemagne et des Pays-Bas, imprimé duos te tome VI des Mémoires de l’Académie royale de Bruxelles , décembre 1839.

P) L'aiguille n* I «voit 0"',0ljG de longueur et pesait 5, 17 grammes ; l'aiguille n a II avait O" ,0668 de longueur et pesait 5,5â grammes; de plus, en 1838, lu première aiguille faisait à Bruxelles 1 oscillation pendant 3', 9315, et la deuxième pendant 3*, 7466. Ainsi, en employant la formule

»'P|i " “ 5ij T ‘ ’

dans laquelle P est le poids de l'aiguille, I ta moitié de sa longueur, T le temps d'une de ses oscillutiuus, g la pesanteur terrestre et a le rapport de la circonférence au diamètre, on a pour n moment de tu première aiguille 133,81; et pour la seconde 116,93, te millimètre et le milligramme étant pris pour unités. Nous devons ici considérer les forces qui faisaient mouvoir les deux aiguilles, comme produisant le même effet que des poids de 133,81 et 146,93 milligrammes, suspendus respectivement à des bras de leviers d'un millimètre.

Sl!R LA PHYSIQUE DU GLOBE.

sc trouvaient suspendues à un simple 61 de soie de cocon d’environ 12 centimètres île longueur. Elles faisaient leurs oscillations dans une boite, garnie de glaces, qui les abritait des agitations de l'air et au fond de laquelle était un cercle d’ivoire gradue, d'un diamètre à peu près égal à 1a longueur des aiguilles. Les oscillations avaient lieu à 5 centimètres d'élévation environ au-dessus du fond de la boite, dont on assurait l'horizontalité au moyen d'un niveau à bulle d'air, et au moyen de vis qui servaient de pieds à l'instrument.

» Je commençais mes observations, lorsque l'aiguille, dans ses écarts horizontaux du méridien magnétique, ne formait plus des deux côtés de ce plan que des arcs de 30 degrés. Je marquais alors le temps de 10 en 10 oscillations, en comptant à partir du point de plus grande -amplitude, soit à droite, soit à gauche du méridien magnétique. Après avoir compté de cette manière jusqu'à 60 osrillalions, je me bornais à marquer le temps de 20 en 20 oscillations, et je recommençais à compter encore de 10 en 1 0 pour les 60 oscillations qui suivaient la trois centième. Les différences des temps marqués pour 300 et 0 oscillations, pour 510 et 10, pour 520 et 20, etc., me donnaient sept nombres, dont la moy enne était considérée comme le temps moyen de 300 oscillations de l'aiguille. Les amplitudes des arcs parcourus par l’aiguille, des deux côtés du méridien magnétique, étaient en général, vers la fin des expériences, de 3 à 4 degrés pour les deux aiguilles dont je me suis servi. J'avais soin de prendre les degrés du thermomètre avant et après les observations, afin de pouvoir effectuer les corrections nécessaires résultant de l'inégalité de température.

» J'ai eu l’avantage de faire des observations sur l'intensité magnétique a Gœttinguc avec M. le professeur Gauss; cet illustre géomètre me conseillait de compter les oscillations à partir d’un point dxe, devant lequel l'aiguille devait repasser constamment, tel que le point du cercle gradué qtli répondait nu méridien magnétique. L’aiguille passe chaque fois devant ce point avec le maximum de vitesse, tandis qu'elle reste un instant immobile vers le maximum d'amplitude; ce qui rend ce dernier point moins précis. En faisant néanmoins simultanément une série d’observations et en adoptant, chacun, une manière de compter différente, nous sommes parvenus à des résultats qui ne différaient que de 0",05 pour 300 secondes. On ne peut disconvenir qu’un point fixe comporte plus de précision, mais il exige qu’on se tienne très-près de l'instrument. »

.Maintenant, prenons pour unité l’intensité horizontale du magnétisme à Paris; la variation annuelle qu'y reçoit cet élément est sensiblement la même qu'à Bruxelles; de sorte que le rapport pourra être considéré comme étant à peu près constant d’une année à l’autre. Si l'on emploie les chiffres donnés par les observateurs, ou aura les nombres consignés dans le tableau suivant, à côté desquels je donne les valeurs absolues pour Bruxelles et

MAGNÉTISME TERRESTRE

Paris , d'après les calculs de M. llanstceo ; j’y joins en même temps les valeurs calculées par cc savant d’après la formule qu’il en a donnée (*),

ORSr.BT ATll ft».

éroQia t.

| IITElMlt H (~J RI POSTA LE.

t'tnii

UrutalKi.

fini m 1.

fum

abfcilut • Pim

unn •WW •

SabHM

-3IGJ ;

Ad. Quolckt ....

Mcnilel, Qartdet

0,0fl(i70

Itudberg

fl

Forbfl*

Ad. Quetelet ....

Forbcs

liacbe

H-lo:i |

Ad, Qlltdrt . .

Lani'lwrjj

Mahmoud

Ern.Quetdct ....

"Cm

ilnn mai ena^lMi ■>« ttlki ér CollUcaf <1 t»i» •>

KUri4< Parti, lulmi l< raypart rrt.l.fqua m.U rapport aUwdu

« Les observations n°* I cl 2, ajoute M. Hansteen, ne peuvent être réunies avec les suivantes sans troubler toute l'harmonie; elles ont été, en conséquence, éliminées, lors de la détermination des constantes de la formule (*). Pour les autres observations, les signes des différences alternent fort bien. La somme des différences positives donne A — h- 406, celle des différences négatives »— — 468; l'erreur probable d’une observation — ± 69.98;

(') M. Ilnnslecn regrettait {Bulletins i de l'Academie de Belgique , î"' série, tome V, n* 1 1 , page 336) qui; les dates des observa (ions ne fussent pas précisées. Cette lacune peut se trouver dans le tableau général, nuis elle n’existe [mis dans les valeurs qui ont été publiées successivement : nous avons cherchéà la remplir.

{*) Dans une lettre du 22 février 1859 , qu'il m'a fait l'honneur de m'adresser depuis {Bulletin* de l'Académie royale de Bruxelles, tome VI de la 2“* série, page 360), M. Hansteen, en inc communiquant ses recherches sur la nouvelle loi de périodicité d’après M. R. Wolf, convient qu’il a remarqué un mtNÙNtian pour cette année 1828; et cc savant ajoute : « les deux observations faites 4 Bruxelles en 1828 et 1829 concourent au même résultat. »

l'erreur probable de la dernière constante de la formule mm ± 0.3199. Les deux dernières constantes sont des unités de la décimale.

Page 1