‹ Sur Le Prognostic De La CoquelucheChapitre 10 sur 22 · LÉ · texte numérisé non relu

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Il ressort de la lecture de ce tableau la conclusion suivante : la coqueluche d’une durée moindre de un mois est essentiellement bénigne ; au delà, la durée indiffère au pronostic. Nous ferons cependant une légère restriction pour la coqueluche d’une durée supérieure à 3 mois, restriction expliquée par le pourcentage de la broncho-pneumonie qui est un peu plus élevé.

Pronostic suivant l'âge. — Des relevés des hôpitaux, il ressort que les statistiques de coqueluches concernant les nourrissons sont inférieures en docunrentation, et par conséquent en précision, à celles des Dispensaires et la raison en est aisée à saisir.

Dès qu'une mère se présente à la consultation avec un nourrisson atteint de coqueluche, tous les avis tendent immédiatement à ne pas la séparer de celui-ci et l’hospitalisation se fait à contre-cœur. Au contraire, au Dispensaire où le nourrisson n’est pas séparé de sa mère et où celle-ci reçoit médicaments et conseils, les choses vont autrement et la statistique comprend un plus grand nombre de ceux-ci. Or CE

Aussi nous est-il plus facile de rendre un compte exact de ce que peut être la coqueluche aux premiers âges de la vie. Sur 171 coqueluches, 83, c’est-à-dire 48,3 °/,, se rapportent à des enfants de moins de 2 ans.

DOS IR nr cn en 6 mois à 1 an..... RSC Se. ER RRE 2227-83:

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Cette statistique infirme les opinions suivantes : « La coqueluche ne se montre qu'exceptionnellement au-dessous de À an (1).

(4) Canet ne Gassicourr. Traité clinique des maladies de l'enfance, t. II.

« Dans les 6 premiers mois de la vie et surtout dans les 3 premiers mois, la coqueluche est exceptionnelle » (1).

Et la phrase suivante donne immédiatement la clé de cette contradiction qui n’est qu'apparente.

« Les jeunes bébés sont rarement atteints, non parce qu'ils possèdent une immunité naturelle vis-à-vis de la coqueluche, qui, au contraire, est particulièrement grave pour eux, mais parce qu'ils vivent écartés des autres enfants, c'est-à-dire des sources de la contagion » (2).

Cette assertion est confirmée par le mode de contagion que l’on relève dans les observations du Dispensaire (3).

Parmi les 18 cas de contagion familiale, nous en trouvons 14 où l’un des deux contagionnés avait de 0 à 2 ans et parmi ceux-ci, 8 nourrissons de 0 à 1 an. Si nous les rapportons à la totalité de 39, nous voyons que 20,5 °/, ont pris la coqueluche d’un frère plus âgé.

Six, au contraire, sur 44, âgés de 1 an à 2 ans, ont pris la coqueluche d’une sœur ou d’un frère plus âgé, c’est-àdire 13,6 °/..

Ces observations coïncident avec celles de Deschamps, thèse d’ailleurs plus riche en observations et par conséquent plus concluante et dans laquelle, on trouve 38 exemples de contagion familiale ; parmi ceux-ci « 48 enfants

âgés de moins de 1 an dont 16, c'est-à-dire 33 °/,, avaient

pris la coqueluche d’une sœur ou d’un frère aîné. »

(4) Hunnez et DarRé. Maladie des enfants, tee

(2) Hurwez et Darré. Maladie des Enfants, t. 1. ,

(3) V. obs. 1-5-10, 6-12, 15-18, 17-34, 20-29, 42-46, 52, 53 et 57, 61 et 62, 70 et 74, 84 et 85, 91 et 92, 80 et 102, 107 et 110, 131 et 132, 152 et 153, 158 et 164, 160 et 161, 156 et 167. ; |

Dans 16 cas, 2 enfants de la même famille ont eu successivement la coqueluche. S

Dans 2 cas 3 enfants de la même famille ont eu successivement la coqueluche.

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Dans tous les cas, les choses se passent ainsi, ajoute le de Docteur Deschamps : « Un enfant de 2 à 5 ans, qui > fréquente l’école maternelle ou que l’on promène le long des avenues et dans les squares du quartier prend la coqueluche d’un de ses camardes d'école ou de jeu, il la rapporte à la maison et la communique au nourrisson ; les dates font foi. Voici quelques exemples :

O8s. 1-5-10. — Le plus âgé, qui a 4 ans, donne la coqueluche à sa sœur qui à 22 mois, chez qui elle éclate presque simultanément et qui contagionne à son tour sa sœur âgée de 7 mois 1/2;

OBs. 6-12. — Le frère âgé de 3 ans, donne la coqueluche à sa sœur âgée de 7 mois, etc., etc.

De ces observations, nous tirons avec les dates d’éclosion de la coqueluche, une autre conclusion non moins intéressante, celle de la période à laquelle a lieu le plus souvent le contage.

Souvent en dépouillant la fiche d’un ie de Dispensaire, nous trouvons cette mention : Coqueluche (??) ; ce qui montre bien que la toux est encore coqueluchoïde et que l’enfant ne s’est pas encore dégagé de la période

ee catarrhale. | E A la consultation suivante, deux jours après, nous trouvons : Coqueluche confirmée. Or, si l'enfant a un frère ou une sœur, il est fréquent que celui-ci ou celle-ci aient consignée sur leur fiche, et au moment où la coqueluche vient de se déclarer chez lui, cette mention coqueluche = probable et bientôt confirmée.

__ L’incubation de la coqueluche est évaluée en moyenne de 6 à 9 jours. Nous trouvons même dans la Semaine médicale de 1890 les lignes suivantes : « Dans deux obser-

vations de M. Eigenbrodt où les malades n'ont été en contact avec des coquelucheux qu’une seule fois pour un temps très court et à une date exactement connue, la période d’incubation de la coqueluche avait duré exactement onze jours dans les deux cas » (1).

Il est donc nécessaire que le contage ait eu lieu pendant la période catarrhale, et si nous insistons sur cette notion, c'est qu'elle est de date assez récente.

Dans la thèse de Barré (2) sur la coqueluche, nous hisons cette phrase qui reflète les idées alors en cours : «& A la période des quintes. cette contagiosité est à son maximum ».

Et cependant à cette époque E. Weill (3), avait attiré l'attention sur l'extrême contagiosité de la coqueluche dans les premiers jours de son évolution.

M. Comby (4) insiste sur ce point non sans faire une réserve pour la contagiosité de la période quinteuse. Il étaie son opinion sur les faits suivants : « Les malades reçus par erreur dans une salle de coqueluche, n’ont pas eu la coqueluche, alors que d’autres ont été dans la salle commune contagionnés par des enfants que l’on croyait atteints de

bronchite simple et qui en élaient simplement à [a période

catarrhale ». :

Une de nos observations nous permet d'appuyer cette remarque (Obs. 159), Roger Ed. Coqueluche en mars 1910. Ses deux sœurs, Suzanne et Simone ont été à son contact, à partir du deux avril alors qu'il avait encore dix quintes et sont restées indemnes ».

Le professeur Hutinel a écrit :

(1) Semaine médicale, 1890, p. 314.

(2) Barré. Etude sur l'h ygiène de la coqueluche, Paris 1899. (3) Warcc. Congrès de Lyon, 189%, p. 663.

(4) Coms. Trailé des maladies de l'enfance, 1904, t. Là Dane.

mortalité de 4 sur 39 de 0 à 1 an, c’est-à-dire de 10, 2 al

« La coqueluche est contagieuse surtout à la période de début, moins à la période des quintes, très peu à la période terminale ».

Enfin, la gravité de la coqueluche paraît être en raison directe de l’âge.

Chez les nourrissons, la mortalité a été de 7 sur 83, c'est-à-dire de 8, 4 °/,. Deschamps avait trouvé une mortalité de 11 sur 97, c'est-à-dire de 11, 3 °/,.

Si nous divisons les nourrissons en deux groupes enfants de 0 à 1 an, et de 1 an à 2 ans, nous trouvons une 0 3 et de 3 sur 44, de 1 an à 2 ans, c'est-à-dire 6, 7 °/,.

Au-dessus de deux ans et jusqu’à 5 ans, nous trouvons un cas de mort sur 68, c'est-à-dire 1, 4 °/,.

De 5 à 10 ans, 1 décès survenu chez un bacillaire six mois après le début de la coqueluche (Obs. 101).

La gravité de la broncho-pneumonie décroit donc réguhèrement avec l’âge. Nos observations confirment la différence tant de fois notée entre les coqueluches aux différents âges de la vie.

Pronostic suivant les complications. — Comme nous l'avons dit, dans notre avant-propos, l’idée d’une coqueluche n’effraie pas les mères de famille, et elles s’en vont répétant « on ne meurt pas avec la coqueluche ». On en meurt et fréquemment ; et tous ceux qui se sont occupés

du pronostic de la coqueluche depuis Trousseau, Riliet et

Barthez, Cadet de Gassicourt jusqu'aux médecins d'enfants de nos jours y ont insisté.

Il semble bien qu'il serait permis de traiter la coqueluche à la légère si on n’avait à compter avec les complicaüons broncho-pulmonaires, immédiates ou tardives. C’est sur eMes que nous avons insisté. ver

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M. Le Gendre (1) a réuni les complications de la coqueluche sous quatre chefs :

a). Conséquences mécaniques de la quinte ;

b). Complications broncho-pulmonaires ;

c). Complications d'ordre nerveuse ;

d). Complications d'ordre infectieuse.

Nous suivrons cet ordre en attirant l'attention sur la bacillose qu’assez fréquemment on retrouve chez des enfants ayant eu la coqueluche, bacillose que n’expliquent ni leurs antécédents héréditaires, n1 leurs maladies antérieures.

1° CONSÉQUENCES MÉCANIQUES DE LA QUINTE. — Nous trouvons de temps à autre dans les observations la mention épistaxis, vomissements. Jamais leur fréquence n'a été assez considérable pour les faire envisager avec quelque crainte. |

Quant à l’ulcération du frein de la langue, il est très rare que nous l’ayons rencontrée en dehors de la coqueluche ; sur les 10.000 fiches que nous avons dépouillées, nous avons trouvé une fois la mention : Ulcération du frein, pas de coqueluche. Il s'agissait d’un enfant, Chat. Auguste (Obs. 9399), chez qui la brièveté naturelle du | frein avait entraîné une ulcération analogue à celle de la coqueluche.

Elle s’est (oujours présentée à nous sous une forme linéaire ou ovalaire, érodant l'arc du frein, à fond rosé, puis opalescent ou grisâtre, siégeant parlois en dehors de lui ; ce siège élant en rapport avec les variations de la denlition, ce qui paraît justifier l'hypothèse de lésions mécaniques. :

Il s'en faut, que nous l’ayons observée fréquemment.

(1) Le GENone. Traité de médecine, Caarcor-BoucarD. t, IV, p. 272 (re édit) a

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Sur 240 coqueluches, elle est relevée 35 fois, c'est-àdire dans une proportion de 12 °/,. Cette ulcération, fait minime en soi, a donné lieu à quelques discussions pathogéniques.

Delthil, de Nogent, y avait vu en 1877, une lésion spécifique qui devait entraîner le diagnostic, idée d’ailleurs contre laquelle s'était élevé Henri Roger, qui, chargé du rapport sur cette communicalion, l'avait combattue, dit Cadet, de Gassicourt « de main d’ouvrier » en indiquant l'origine mécanique.

Il semble cependant que l’on puisse concilier ces deux idées en les appuyant sur deux faits, l’un positif, l’autre négatif.

Dans la coqueluche, la muqueuse buccale participe de l'infection du milieu, que traduit la rougeur du pharynx que Guéneau de Mussy avait voulu assimiler à un véritable énanthème. | —

Les nombreux microbes que l’on a décrits à propos de cette maladie témoignent de la richesse bactérienne du milieu et cette ulcération se développerait à la faveur du

/ traumatisme qui reste la cause première, mais elle serait favorisée par la pullulation microbienne.

L'argument négatif est celui-ci. Pourquoi la toux coqueluchoïde de l’adénopathie trachéo-bronchique, toux dont on connaît la ressemblance avec celle de la coqueluche, et que souligne son qualificatif, ne s’accompagne-t- elle jamais d’ulcération. On dira que celte toux est moins violente, moins répétée. Cependant, il est des cas où les pseudo-quintes calquent d’une façon frappante celles de la coqueluche et il y aurait une appréciation bien délicate du traumatisme si l'infection ne venait y ajouter sa note.

Cependant, M. Comby (1) rapporte le cas d'enfants qui, sous l'influence d’un simple rhume ou même en dehors de toute atteinte pulmonaire, présentèrent une ulcération du frein analogue à celle de la coqueluche.

Quelle que soit sa pathogénie, si au point de vue des complications, l’ulcération rentre dans les « petites misères de la coqueluche » (2), elle paraît garder une certaine valeur au point de vue diagnostic, soit immédiat, soit rétrospectif ; en effet, la cicatrisation n'est pas hâtive, 1l arrive que l’ulcération laisse une trace blanchâtre, alors que l'enfant n’a plus que des quintes très espacées, elle est dans ce cas un bon témoin et il nous a été ainsi permis de faire un diagnostic rétrospectif de coqueluche chez un enfant, alors que l'on soupçonnait d’exagération les dires de la mère. |

2° COMPLICATIONS BRONCHO-PULMONAIRES. — La rougeole et la coqueluche, telles sont les deux affections qui président le plus souvent à la naissance de la broncho-pneumonie chez l'enfant.

On relève si souvent la bronchite simple (48 cas sur 171 observations), 28 °/, qu'elle paraît presque un symptôme de la coqueluche. Au contraire, la bronchite généralisée, l'infection bronchique est moins fréquente, elle ouvre souvent le chemin à la broncho-pneumonie.

Parmi les enfants qui ont eu cette légère atteinte, beaucoup cependant restent des fousseurs et ont avec une

facilité surprenante de nouvelles bronchites (obs. 55, 56,

Les bronchites à répétition ie M. le Prof Landoury

(1) Coms, Société clinique, 1890 ; — Societé médicale des Hôpitaux, 6 déc. ee: (2) Henri Rocer, Traité des maladies de Dee, 1883.

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qualifie « d’échéances de la tuberculose », n’ont pas paru précéder son éclosion, exception faite de l'observation 107 qui se termine par une congestion pleuro-pulmonaire

suspecte.

Ainsi que nous l'avons vu, nous rencontrons dans nos observations, 14 broncho-pneumonies qui se sont terminées par la guérison, 5 broncho-pneumonies suivies de mort et enfin 5 autres broncho-pneumonies qui, par leur allure traînante et les modifications apportées parfois au sommet ont fait porter le diagnostic de bacillose, à laquelle le malade a succombé trois fois dans un laps de temps plus ou moins éloigné, soit un total de 24 broncho-pneumonies sur 171 observations, d’où 14 °/,.

Sur celles-ci, 5 ont entraîné la mort d’une façon directe, soit 20,8 °/,. |

Nous pouvons dire que dans notre statistique la broncho-pneumonie est venue compliquer la coqueluche dans 1/7 des cas et qu'elle à élé mortelle une fois sur à.

Les conclusions de la thèse de Deschamps étaient cellesci : « La broncho-pneumonie es{ venue compliquer la

coqueluche dans 1/6 des cas et elle à été mortelle une

fois sur 5. »

Nous trouvons une morbidité moins fréquente et une mortalité identique. Ces observations acquièrent donc une singulière valeur quant au point de vue de la mortalité dont le chiffre regarde ainsi une période de 14-années de Dispensaire.

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Tagceau No VI

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