Sur le traitement des fractures de la clavicule
Le diagnostic, l’étiologie et le pronostic des fractures de la clavicule Mont dans tous les livres , et ont paur eux l’assentiment assez unanime les hommes de l’art. Il en est tout autrement de la partie la plus imortante, c’est-à-dire^ du traitement de cette affection. Ici , tout paraît encore si peu déterminé, que chaque jour voit surgir de nouvelles projositions et des procédés différens , dans le but d’assurir la marche du >raticien et de répondre mieux aux besoins des malades Si les hommes distingués qui ont successivement agité cette ques- .lon, ne l’ont pas très-bien résolue encore, et si tous ont manqué le but, m doit à chacun d’eux cette justice , d’avoir^au moins parfaitement signalé les imperfections inhérentes aux appareils de leurs devanciers.
ais en présentant d’autres moyens , ils n’ont guère fait que de reculer -a difficulté, et d’ouvrir à la critique un champ nouveau pour s’exerter incessamment à leurs dépens.
On pent, en général, reprocher à tous les auteurs de n’avoir pas for- Qule, assez nettement eten termes simples, l’indication à remplir; d’aroir, en conséquence, mal conçu leurs moyens curatifs, et de s’étre rois
en frais d’appareils beaucoup trop compliqués, et, par là même, difficiles à se procurer, à appliquer et à maintenir en place.
En cherchant à me mettre à l’abri de ces accusations , j’espère éclairer mieux ce sujet, et le ramener, à la fois, à la portée des praticiens, des élèves et des malades.
Les indications à remplir, lors d’une fracture de la clavicule , peuvent se résumer toutes en une seule : la fixation du condyle interne de V humérus sur un point donné du thorax.
Pour faire bien saisir la valeur et la justesse de ce précepte , je dois rappeler les vérités pratiques ci-après.
i" Des deux fragraens de celte fracture, l’externe seul est mobile le seul par conséquent sujet à se déplacer , le seul sur lequel on doit agir lorsqu’on veut le mettre au niveau de l’autre et le maintenir en rapport avec lui.
2” On ne peut pas atteindre directement ce fragment externe, et ce n’est que par l’intermédiaire du moignon de l’épaule, auquel il est attaché, qu’il faut opérer.
3" Les mouvemens de ce fragment suivent, en effet, ceux qu’on imprime à l’épaule elle-même, de sorte qu’ils sont modifiés par l’action et la position de l’omoplate et de la tête de l’humérus.
4° La partie inférieure du bras (le coude) se présente sous l’aspect le plus avantageux pour agir sur le moignon de l’épaule, et, par conséquent, sur le fragment externe de la clavicule; de telle sorte qu’on peut diriger à volonté ce dernier , suivant qu’on porte le coude lui-même dans tel ou tel sens, et que la position de celui-ci détermine toujpurs celle du fragment acromial.
5" Le coude doit donc être envisagé comme un gouvernail sûr et commode pour diriger le bout externe de l’os, afin de l’affronter avec l’interne, et de les mettre ainsi en contact exact entre eux.
6'* Le fragment acromial , ou , ce qui revient au même ici , le moignon de l’épaule , tend , dans toute fracture claviculaire , à se porter en bas, en avant et en dedans ; et il suffit (§4 5 ), pour lui impri-
mer des directions différentes , de pousser le coude dans des sens également différens.
Le coude est donc un point ou un levier tellement essentiel pour agir
sur le inoigDon de l’épaule et sur le fragment acromial , qu’on peut donner à ces dernières parties telle ou telle direction ou inclinaison, selon que l’on dirigera ou qu’on inclinera le coude lui-même avec un certain degré de force.
Si déjà cette influence de l’action du coude saute aux yeux alors que la clavicule est intacte, elle est bien autrement manifeste quand cet os est brisé ou scié , et qu’on a , par ce moyen , donné la facilité au moignon scapulaire et à la portion acromiale de la clavicule de céder mieux aux impulsions imprimées au coude , et de se porter [)lus librement dans les directions déterminées par ce dernier. Ainsi , lorsque vous serez près d’un cadavre auquel vous aurez scié la clavicule en travers , vous observerez constamment que l’épaule se rapprochera de la ligne médiane, et qu’elle s’en^écartera, s’élèvera, s’abaissera et prendra des directions mixtes , suivant que vous povlerez fortement le coude dans un sens ou dans un autre , et qu’elle restera immobile si celui-ci est lui-même maintenu fixe.
Si je me suis un peu étendu et répété sur ces données simples, c’est qu’elles indiquent tout le parti qu’on peut et qu’on doit tirer du coude dans le traitement qui nous occupe; que cette partie doit fixer tout particulièrement notre attention ; que l’endroit où elle sera refoulée, avec quelque force, sera toujours en rapport avec celui qu’occupera l’articulation ciéido-acromiale, et que sa situation réglera constamment celle de cette dernière ( i ).
(1) Il existe une très-grande analogie entre les fractures de la clavicule et celles du col du fémur , sous le rapport pratique. Ainsi, il n’est pas donné au chirurgien d'agir directement sur ces deux os. Lorsqu’ils sont atteints de fracture , il doit , pour l’un comme pour l’autre, avoir recoursà la simple position. Ces deux fractures sont parfois méconnues, et se guérissent de même , sans appareil et avec assez peu de difformité. Le fragment in terne 'est immobile dans toutes deux ; et si pour l’une c’est le coude, pour l’autre c’est le qui règle la conduite du chirurgien , lui sert de guide et lui prête un point d'appui ou de mire. Aussi ce que nous venons de dire de l’inHuence des mouvemens du coude sur ceux du fragment acromial, peut s’appliquer entièrement aux mouvemens du pied sur le fragment externe du col fémoral.
Ce» rapprochemrns ne sont pas seulement curieux ; mais ils sembleirt faits pour
Il résulte de ces données incontestables que , lors d’une fracture de la clavicule , on obtiendrait toujours une coaptation parfaite et uue guérison exempte de difformité , s’il était possible de maintenir /pendant tout le temps nécessaire , une main convenablement appliquée vers le coude , et si cette main était placée de manière qu’elle ne permît plus à cette région de faire le plus léger mouvement.
C’est si bien cela , que le malade, lui-même, pourrait parfaitement réduire sa fracture et la maintenir réduite , aussi bien que le chirurgien , en repoussant et appuyant avec sa main le coude malade , lorsqu’il aurait été ramené dans une direction convenable.
La main constituerait donc incontestablement ici le meilleur des appareils, et c’est à remplacer, le mieux possible, cet instrument gent que le chirurgien doit tout particulièrement s’appliquer , s’il veut arriver heureusement à son but (i ).
Il y parviendra et imitera assez bien l’action contentive de cette main de la manière suivante.
D’abord, pour procéder à la réduction , on fléchira l’avant-bras sur
avoir une portée pratique, et aider à formuler l’indication et à préciser la manière d’agir des moyens propres à la remplir, dans l’une et l’autre fracture. Mais ce n’est pas ici le lieu d’en dire davantage.
(1) L’idée émise ici de Bgurer un appareil avec les mains, est féconde en résultats pratiques , et m’a toujours servi avantageusement pour apprécier l’action de nos ageus déligatoires , pour simplifier ceux-ci, et pour les faire mieux coïncider avec ce que le chirurgien peut obtenir avec ses mains. Ce mode d’investigation est la meilleure source où pourront puiser les réformateurs qui seront jaloux de remanier cette foule de bandages, d’appareils et de machines qui encombrent nos arsenaux de chirurgie , et de les remplacer par des moyens plus rationels , plus énergiques, et plus en rapport avec l’état actuel de nos connaissances. Aussi s’empresseront-ils , sans aucun doute , d’admettre cet axiome en déligation , « que plus les moyens de pansement imiteront l’adresse et l’action simple et » commode de la main , comme type , plus aussi ils se rapprocheront du degré de » perfection auquel ils doivent tendre. »
ce bras j puis on dirigera la partie inférieure de ce dernier (le coude) en a iivant , en dedans et en haut , de manière à refouler obliquement le ginoigoon de l'épaule en haut , en arriéré et en dehors , et a mettre, par t ’Ctte manœuvre, les fragmens de la clavicule bien en rapport entre ux.
Pour les maintenir invariablement dans cette position , il ne s’agira polus maintenant que de fixer le condyle interne de l’humérus, d’une mière également invariable , à la place où il a dû être porté pour rrendre à la clavicule sa forme normale.
Pour cet effet, le chirurgien confiera ce coude à un aide intelligent, iqui sera chargé de l’appuyer solidement , pendant qu’il procédera à • l’application de l’appareil.
Celui-ci ne consiste guère que dans une pièce carree d’une étoffe '«quelconque , assez forte et d’une dimension telle , qu’on en puisse amrplement entourer le thorax après qu’elle aura été pliée en triangle ou PB Jichu, ün mouchoir pourra donc le plus souvent suffire (i). Ce linge, rrendu triangulaire , sera [placé comme il suit. Sa base, tournée en haut, répondra au niveau du quart inférieur du bras , et sa double pointe , opposée à cette base , pendra au-devant et au-dessous de i’avant-bras. ILes deux longues extrémités de ce fichu seront alors rameoées, l’une foar-derrière et l’autre par-devant la poitrine, vers le côté opposé de ■ cette cavité , afin d’y être unies et serrées convenablement , puis arrrêtées au moyen de rubans d’épinglesou de quelques points d’aiguille. (Ce jet circulaire , que je désignerai sous le nom de lien brachio-tho~ rraciquey et qu’on peut appeler aussi ceinture ou bandage de corps , •a pour but d’appliquer la partie Inférieure du bras contre la poitrine , et d’cmpêchcr le coude de s’écarter de cette dernière. Mais ce n’est là qu’un des points essentielsj car il faut viser, de plus, à oe que oe coude me glisse pas en bas et ne se porte ni en arrière ni en dehors ; et il
(t) Pour que la description de mon appareil ne soit pas un instant obscure ou difficile à saisir , il convient de simuler et d’appliquer le moyen au fur et à oiesure que j’en indique la composition et le mécanisme. Un simple mouchoir sufGra alors jpour faire prendre, sur-le-champ, une idée conveoable de l’ensemble de celte [pièce , de srs parties diverses , et des effets que celles-ci peuvent et doivent produire. Il est inutile , sans celte précaution , de continuer cette lecture.
conviendra d’ailleurs de soutenir ce premier lien par un scapulaire , et l’avant-bras dans une écharpe. j
On remplira aisément ces diverses indications en utilisant les pointes \ du triangle, qui, ainsi que nous l’avons dit, pendent au devant et audessous du coude et de l’avant-bras mi-fle'chi. Pour cet objet , on ramènera les deux pointes derrière l’avant-bras, en les faisant remonter entre celui ci et la poitrine, de manièrequ’elles paraissent au-dessus du l’adius et dirige'es en haut , et que le coude soit comme coiffé, et l’avantbras presque entièrement entouré par cette partie du linge. On tirera alors, séparément et fortement, sur ces deux extrémités , afin d’emboîter bien les parties qu’elles recouvrent , tout en dirigeant , en même temps , l’une de ces pointes obliquement vers l’épaule saine , et l’autre perpendiculairement contre l’os fracturé.
IVfaisces deux pointes du fichu ne seront pas assez longues pour le but ultérieur qu’on se propose, c’est-à-dire, que ni l’une ni l’autre ne pourra arriver sur l’épaule correspondante , pour de là se fixer enfin derrière le dos au lien brachio- thoracique ou bandage de corps. Il faudra donc ajouter un petit lien supplémentaire d’environ un tiers ; d’aune de longueur sur trois ou quatre travers de doigt de largeur , en qu’on établiera et fixera comme je le dirai bientôt.
L’un de ces liens sera dirigé obliquement sur l’épaule saine, et ira s’attacher derrière le thorax , au bord supérieur de la ceinture brachioîhoracique. Son effet composé est évident; c’est d’empêcher que le coude 1 ne puisse ni descendre , ni glisser en dehors et en arrière ; car cette i extrémité cubitale de l’humérus se trouve alors bien emboitée comme j suspendue sur l’épaule saine et par ce moyen , rendue immobile sur la | partie latérale et plus ou moins antérieure de la poitrine. |
L’autre bout du lien est destiné à se porter perpendiculairement sur J j’épaule malade et à se fixer derrière le dos , à 1 instar du lien pré- 1 cèdent; et sous ce rapport il concourt, avec ce dernier, à maintenir le J coude au degré d’élévation convenable. ■
Mais il va remplir, en même temps, une autre indication importante,» celle d’assujétir les remplissages divers et les moyens variés qu on ju-« gérait nécessaires ou utiles pour assurer mieux la parfaite coaptation. J Jusqu’ici, en effet, le siège du mal , la région claviculaire et le moi- ^
^1 de l’épaule , sont restés entièrement libres; aucune pièce de l’apil ne les recouvre encore , et il est loisible à l’homme de l’art d’y toutes les applications qu’il croira convenables, sans nuire en aumanière à l’action du moyen contentif. Ainsi , des sangsues , cataplasmes , des résolutifs divers peuvent être largement mis sage sans compromettre la marche de la guérison , et sans dérane rapport desfragmens entr’eux ; et quelques-uns de ces agens pounr {facilement être contenus par notre lien perpendiculaire.
Jais parmi ces derniers , il pourra y en avoir aussi qui seront jugés >s pour mieux assujétir la fracture, et la mettre à l’abri de toute rrmité. Je conseille, par exemple , de remplir convenablement les meemens situés au-dessus et au-dessous de la clavicule avec du rji bien imprégné de blanc d œufs ; d’appliquer sur ce coton une sse compresse également gommée; puis d’assujétir le tout avec le perpendiculaire de l’appareil. Il sera encore facile à l’homme de , au moyen de cette bande et d’une compresse graduée , d'agir di~ ?ment sur celui des fragmens qui manifesterait une tendance à s’é- «r, ou qui aurait besoin d’être ramené et pressé vers l’autre, comme se remarque surtout à l’égard du fragment interne, es liens supplémentaires consisteront dans deux bandes piquées aatelassées , ou dans deux petits bouts de linge plié en cravate , en longuette , et dans lesquels on aura rais une couche de coton , ede d’empêcher qu’ils ne se roulent ou se cordent , et que leur sion ne soit pas incommode. Leur longueur sera telle qu’ils puissent cher les points du fichu à la partie postérieure du lien circulaire , assant sur les épaules. On commencera par fixer à ce dernier, l’une îxtrémités de ces liens, au moyen de quelques points d’aiguille ; Dudra , à quelques travers de doigts de l’autre extrémité , et vers Iroit qui répondra au tiers supérieur et antérieur de la poitrine , Iboucle de ruban , en forme d’anneau ; et on adaptera également, à -une des pointes du mouchoir, un ou deux bouts de ruban de sept :it pouces environ- de longueur. Ces derniers sont destinés à passer iun dans une des boucles annulaires , comme sur une pouà hisser et à soutenir ainsi le coude sur l’épaule saine, s’il s’agit iien oblique, et à faire une pression convenable sur la clavicule
fracluree , s’il est qaestion du lien perpendiculaire. Maintenant, pour arrêter ces liens au degré de constriclion qu’on aura en vue , il suffir,, de faire à ces rubans un nœud à rosette, au moyen duquel les deux liens se trouveront solidement et promptement assujëtis , comme aussi il sera loisible, de cette manière , d’augmenter et' de diminuer, sur-le- 1 champ, la constrictionavec la plus grande facilité. On pourra également ' établir, aux extrémités du lien circulaire , ce même système d’attaches (boucles ou anneaux d’un côté, bouts de rubans de l’autre) j et tout cela étant préparé à’ anvance, l’appareil tout entier sera presque aussi vite appliqué qu’une écharpe ordinaire, et l’on pourra, dans plus d’uce i autre circonstance , le préférer à cette dernière. I
En analysant cet appareil , on remarquera qu’il est d’une seule pièce, et qu’elle peut se trouver partout ) que sou application est aussi prompu que facile, et qu’elle n’offre rien de pénible pour le malade.
Ce mouchoir , tout en se présentant comme un seul et même tout, offre, cependant, trois liens bien distincts (i), et qui sont assez indépenf dans les uns des autres. Le premier est circulaire , le second oblique; et Je troisième perpendiculaire. Le circulaire est , comme on l’a vu , un bandage de corps , ou une ceinture qui agit avec tout l’avantage désirable sur l’extrémité du levier brachial seulement; qui laisse, par coo: séquent, libre la plus grande partie de la poitrine, du bras et de l’avantbras ; qui ne gêne pas la respiration , et qui , chez les femmes , ne saf jamais dans le cas de blesser les seins.
Le lien oblique est une innovation chirurgicale , et la base la plu» solide qu’on puisse offrir au traitement des fractures de la clavicule. Cette pièce , en effet, maîtrise le coude avec tant d’avantages, qu’elle le force de rester immobile là où le chirurgien l’aura conduit, et où il sera déjà appuyé par le lien circulaire. Cette immobilité du coude résulte, essentiellement, de ce que cette partie est exactement emboîtée par le
(1 ) Dans mon nouveau système de déligation , j’ai proposé de remplacer le nw* bandage par celui de lien , et j’ai indiqué les motifs de ce changement. On au moins que les expressions bande cl bandage n’iraient point ici , tandis celle de lien s’adapte très-bien , même pour désigner les diverses parties (Tb" appareil complexe.
.;le, et qu’elle se trouve entièremeot suutenue sur l’épaule saine, cette épaule qui est chargée , en quelque sorte , de porter l’aule lui fournir un point d’appui, et d’erapêclier, par là, le fragment ae de glisser en bas , en avant et en dedans, partie perpendiculaire de l’appareil a un effet trop évident pour besoin d’ultérieures explications. Je dirai seulement, qu’elle conavec la précédente, à soutenir l’avant-bras et le lien braebio-tbole, et à servir de cette manière en qualité de scapulaire à l’un , •charpe à l’autre.
jouterai que ces trois pièces d’un seul et même tout agissent cent distinctement ; qu’elles offrent la facilité d’être relâchées et s, chacune à part, sans déranger en aucune manière les deuxauet que ces deux modifications , si elles sont jugées utiles et néres , peuvent être confiées impunément à tout individu tant soit jlelligent. Aussi ne fus-je pas très-surpris, en m’apercevant un (u’une dame avait changé de chemise et de gilet à son enfant, sans '■parût, c’est-à-dire, qu’elle avait ôté et rétabli l’appareil aussi ue j’aurais pu le faire moi-même.
-si donc, et pour récapituler encore une fois le mode d’agir de aîtioyen contentif, je dirai, que le lien circulaire ne tend qu’à empê- :1m e; coude de s’écarter de la poitrine , mais nullement de glisser en aat :q arrière ou en dehors ; que le lien oblique, au contraire, s’oppose ï^eementà ce triple glissement, mais qu’il est inhabile à mettre e au balancement du coude au devant du thorax ^ que le concoun% IX liens est donc nécessaire pour rendre immobile la partie infédu bras j que le lien perpendiculaire est inutile pour la fixace dernier , et que , rigoureusement parlant , on pourrait se a? de ce troisième lien, puisque la position du coude, si elle en» î, doit généralement suffire au but qu’on se propose. Aussi, lorsque laflj «ence de ce moyen sera jugée inutile ou sujette à quelque inconvéaû ( on n’y aura pas recours ; et, dans ce dernier cas , ou l’appareil ne ç ‘ ;posera que d’un simple fichu , ou ses deux pointes seront réunies eus' lie pour faire partie du lien oblique , au lieu de se porter en r ;ant sur l’une et l’autre épaules.
^ nt à 1 écharpe proprement dite , elle n’existe pas j mais elle est
très-bien remplacée par la réunion et l’action des trois liens vers la r| gion du coude. Il y a même cet avantage ici sur l’écharpe ordinaiio que les deux tiers supérieurs de l’avant-bras sont seuls entourés paro^ liens, tandis que le tiers inférieur et la main sont parfaitement libre) et que rien ne gêne les mouvemens divers de cette dernière ; de so»^ qu’on peut s’aider un peu avec ce membre , et même écrire assez faoi lement. Mais, afin que le malade n’abuse pas de celte facilité, on au| : soin de faire passer le lien circulaire au-dessus de l’avant-bras flécl^i plutôt que par-dessous cette partie, attendu que, par ce moyen , ert partie du membre se trouvera bien mieux emboîtée , et plus solideinej I fixée. !
Si jusqu’ici je n’ai pas fait mention du coussinet en forme de coin) destiné à s’interposer sous l’aisselle, entre le bras et la poitrine , d’écarter l’une de l’autre'ces deux parties, c’est que celte pièce estb^ : loin d’être constamment nécessaire ou même utile j qu’on s’en passtf i plus souvent sans aucun inconvénient , et que, dans les casoueljj peut être requise, on pourra aisément la mettre de côté au bout d’aia|j' peu de jours. On sait, en effet, que la fracture qui nous occupe estraj de celles qui marchent le plus vite vers la guérison , et que .sa consfil|j dation ne se fait guère attendre. Aussi pourra-t-on enlever ce rempli: sage aussitôt que cette dernière aura fait quelques légers progrès. Di reste, cette adjonction sera bien moins gênante, si, pour la faire , oo recours au coton; si celui-ci forme un volume moins considérable ^’o ne l’emploie ordinairement; si , au lieu de faire arriver ce corps inter médiaire jusqu’à la moitié du bras, il n’occupe que sa partie supériw et antérieure si on pousse le coton successivement et par couches d'avant en arrière, entre le bras et les cotes, immédiatement sousl tendon du grand pectoral, au Heu de placer un coussin sous le cffu • même de l’aisselle et sur le trajet des troncs nerveux et vasculaires; si| enfin, l’on se contente de fixer le coton avec une bandelette agglutûÀ tive dont le milieu sera passé par dessous , entre le bras et la poitrine | et dont les bouts remonteront par derrière et par devant , pour se croi ser sur l’épaule. Ce coton pourra d’ailleurs être assujéti par le lien per pendiculaire, si du moins on sait mettre à profit ce moyen conunode d compression. On reconnaîtra bien vite, au surplus, si l’addition d«
1. i dd rigueur {)our rejeter en dehors le fragment externe ; car alors t i^non de l’c'paule, ou, encore une fois, ce qui revient au même , t ment acromial , tendra à se porter en dedans , et à produire le il .achement, maigre' les soins qu’on aura mis pour assujetir le coude, s ce cas, l’application du coton pourra avoir lieu, lors même ippareil contentif aurait déjà été placé en entier , puisqu’il it de détacher le lien perpendiculaire pour avoir toute la facilite' uutr, vers l’endroit que nous avons de'signe', autant de coton qu’il •convenable pour atteindre le but qu’on se propose. Je dirai plus; m’on ne pourra juger bien de l’utilité et de la nécessité de re~
• à ce moyen accessoire (le coton) , que lorsque le lien circu- ;t V oblique auront été appliqués-, et que c’est alors, seulement,
I pourra mieux appre'cier la quantité de coton qu’il conviendra loyer pour e'earter le haut du bras, et pour repousser en dehors ,
: moyen , le fragment acromial. Car tout dépend de l’effet qu’on produire avec ce corps répulsif de la tête de l’humérus , dans le jobtenir l’écartement convenable du fragment externe ; mais en se mt d’après les données précises que je viens d’indiquer, on n’em- I jamais ni trop ni trop peu de coton pour le but qu’on se propoet même on pourra toujours facilement en ôter ou en ajouter, t que le besoin s’en fera bien sentir. Dans tous les cas , on ne sera exposé , en maniant ainsi le coton , à comprimer la région ire , puisque le corps compressif ne dépassera guère le tendon toral, et qu’il suffira qu’il agisse vers cette partie pour produire èffet qu’on a droit d’en attendre.
;oton trempé dans le blanc d’œuf , dont j’ai dit qu’on devait bien les enfoncemens situés au-dessus et au-dessous de la clavicule , s’il est convenablement pressé et contenu au moyen d’une forte esse gommée et du lien perpendiculaire , se prendre en masse et se mouler en quelque sorte sur les parties. Il aidera donc à tenir et à opposer de la résistance aux causes qui tendraient à er les fragmens. S’il en était autrement , dans certains cas rares , -es , opiniâtres , et où la clavicule , à force d’être saillante , est isolée et sans appui , je n’hésiterais pas à recourir à un moyen nalogue au coton gommé, mais plus efficace. Je veux parler du
ast
toi^ t
COi
:eî
dé
di
plâtre nwiilê sui- la région claviculaire luul entière , soit qu’on roui ‘V ce plâtre iinmédiatcrnenl sur les le'guinens eux-mêmes, soit qu’on * jj
re'pande sur une couche quelconque de ouate, préalablement ëtendi^ et sur la susdite région. Mais j’aurai soin , avec le plâtre tout coranj i avec le coton gommé , de redoubler d’attention , quant à la fracturti ^ jusqu’à ce que le moule que je cherche à obtenir ait acquis toute 4 Consistance nécessaire.
Il est une petite précaution que je ne manque jamais de prend 'avant d’appliquer mon appareil , c’est de faire mettre au malade , noi seulement sa chemise , mais encore , au besoin , un gilet à manchci en rapport avec ses habitudes et la saison où l’on se trouve. C’est ces pièces de vêtement ne peuvent point nuire à l’application ni au s cès du moyen contentif, et que leur présence met le malade mi eui son aise s’il veut se lever, se promener ou se livrer à quelque occu tion plus ou moins indispensable. Cette innovation, que réclament s; doute toutes les classes de la société , sourira aux hommes d’affaires et particulièrement aux pauvres , qui sont accoutumés à sortir , et au: quels le séjour prolongé dans leurs tristes demeures est presque i supportable. Ils seront donc , grâce à ce moyen , assimilés aux indii dus atteints d’une simple fracture de l’avant-bras, et ils pourront êtn vêtus de même que ces derniers.
Il pourrait se faire que , chez des sujets maigres , le condyle de fhi* mérus, en pressant sur la poitrine, y produisît une impression plus)* moins douloureuse. On parerait à cet inconvénient par un coussinet de coton. Et si on craignait que le sommet du coude ne fût égalemat blessé par l’action prolongée de l’appareil sur ce point saillant , on aorait aussi la ressource d’un petit matelas de coton , arrangé ou percéée manière à mettre l’extrémité de l’olécrâne à l’abri de toute presskl- 1 La même pièce pourra , du reste, très-bien servir pour protéger 1’®*! trémité olécrânienne du cubitus , et pour mettre la poitrine à l’abiidel la compression du condyle.
Il est, au surplus, inutile de faire observer que ce même app«®^ i pourra servir, avec un égal avantage, dans les luxations de laclavicnl^ | dans les fractures de l’humérus, au voisinage de la tête de cet os, el*® ^ général dans toutes les affections où il importe d'obtenir In
,de immobilité du bras et de V épaule . C’est que, lorsqu'un moyen I trouvé bon contre un cas en apparence spécial, il est rare qu’il ne >ntre pas également efficace dans plusieurs autres circonstances , et celui qui nous occupe doit , je puis le dire , ses heureux résultats .and principe que j’ai posé pour base à mon nouveau système de <ation.
recommande à ceux de mes lecteurs qui voudraient mieux appré- ’action de mon moyen , de se le faire appliquer sur eux-mêmes ; iant aux personnes qui auront la facilité de se procurer un cadavre, nr conseille de scier la clavicule et de lui placer mon appareil; iafin qu’elles puissent bien le juger , comparativement avec ce ;çiste de mieux dans ce genre, je les prie d’employer leur bandage de
Î lection immédiatement avant ou après celui que je viens d’exposer, rchercher tout particulièrement , pendant ces essais comparatifs , à pger le fragment externe, en pressant çà et là sur le moignon de de, afin d’imiter l’action musculaire et celle des causes qui pro- Bnt d’ordinaire les déplaceraens et le chevauchement. En procédant tte manière , la seule bonne en l’absence de fracture sur le vivant, ujours eu lieu de me féliciter de cet appareil ; j’ai constamment j:nu sa supériorité , et je ne saurais assez le recommander à mes ?res. Il n’est, du reste, pas toul-à-fait nouveau, car j’en ai déjà démonstration à Paris , en septembre 1 833 , dans une séance puî de l’Académie de médecine , ainsi qu’à l’Hôtel-Dieu et à la Pisé trouve d’ailleurs décrit dans le Journal des connaissances mécihirurgicales de juin Mais il a glissé presque comme in-
.1, soit que je n’aie pas eu le talent de me faire bien comprendre, je j’aie négligé de donner à mon sujet tout le développement qu’il «1 orte. Serai-je plus heureux aujourd’hui ? Je l’espère, car je l’ai ij^itré très-souvent, et j’ai eu occasion de l’appliquer à l’Hôtel-Dieu e|: -.aint-Louis pour quelques fractures réelles. J’aifait voir, enmême te^ , et j’indique ou je rappelle ici aux praticiens un moyen bien facile dil : istater la fracture , dans certains cas obscurs , ou, du moins, le i? de chevauchement qui existe ; c’est la mensuration de la distance r«' :tive des deux moignons de l’épaule , à l’extrémité supérieure du 4 l m. Sur un malade de l’Hôtel-Dieu , la différence était de deux tra-
veis de doigt, et elle était de liuit lignes sur celui de Sainl-Louls, J^lJ
l’ai trotive'e d’un pouce environ dans un autre hôpital, où la consolida-
tion e'tait accomplie.
Cette différence doit disparaître après l’application de mes liens, pt | cette mesure exacte et comparative de l’un et de l’autre côte', peut servir ' à constater encore la supériorité de tel appareil sur tel autre; si la ré- [ duction laisse quelque chose à de'sirer; et si, pour l’avoir ;?ar/atfe, on doit, avec mon appareil, recourir au coton, afin de l’insinuer sous i le tendon du pectoral, et d’obtenir , par ce moyen, la re'pulsion en j dehors du fragment externe. Cette appréciation peut, sans doute , avoir lieu avec un bout débandé , étendu du sternum à l’acromion de chaque côté ; mais le compas d’ épaisseur est bien autrement commode , rapide et précis. Il peut même arriver , lors d’un gonflement considérable • de la région claviculaire , que le ruban soit soulevé, décrive une ligie ; plus courbe que du côté sain, et donne, par conséquent, une mesmt ; peu exacte des distances respectives. Or , cet inconvénient ne saurait i avoir lieu avec le compas d’épaisseur.
Puisque nous voilà sur cet instrument, le lecteur me pardonn«a ? une petite dégression sur son usage en chirurgie.
Jusqu’ici il n’en a guère été question que pour mesurer le ba.csin, , et encore est-il bien peu d’accoucheurs qui s’en soient servi- Si le pins ! simple artisan y a recours, chaque fois qu’il veut avoir une mesure ' précise de cei’tains corps arrondis ou saillans , il est assez étrange que * les chirurgiens , qui cependant ont tout aussi besoin de précision dans > des circonstances analogues , perdent de vue le meilleur moyen de se | la procurer. Ils se contentent , le plus souvent , d’approximations i vagues, lorsqu’il serait si facile et de la plus grande importance di- ; voir des notions exactes et de les indiquer clairement. C’est ainsi) ; par exemple, qu’ils comparent les tumeurs à des avelines , des mai' ' | pons, des pommes, des oranges, des œufs de différens oiseaux domestiques, des têtes de fœtus à terme ou à tel ou tel mois de la gestation ; qu ils ne i peuvent pas indiquer le volume des exostoses , des goitres, des engor gemens mammaires, des gibbosités ; ni les diamètres de certaines arti culations malades, comparativement à celles qui sont saines ; et qu ils i -
ivent ptécisemcnt si toile partie turaëliet augmente , diminue ut este stationnaire; ni de quelle quantité sont les changemens qui s’opc* snt sous l’influence de telle <m telle médication, et dans tel ou tel temps ■ onné. Toutes ces circonstances sont cependant précieuses à notoi . '.e compas d’épaisseur sert admirablement dans ce but, et rien ne sau* aille remplacer. Je ne puis plus m’en passer depuis que j’ai coniaencé à en faire usage , et il n’est pas de jour où je n’en aie besoü!. Lussi, l’ai-je toujours sur ma table , et fait-il partie des appareils qui je servent dans mes pansemens à l’iiôpital. J’ai même un petit livre où on inscrit exactement le nom du malade, le jour de la mensuration ( t es résultats obtenus par le compas ; de sorte que je sais toujours bien ositivement cù j’en suis de la marche de la maladie, et que les à eu près hasardeux et infidèles sont, sous ce rapport, complètement danois de notre dictionnaire. Cet instrument précieux , à vil prix et liullcment eraban’assant, peut d’ailleurs ctre formé avec tous les compas •>rdioaires. Il suffit de courber leurs extrémités à angle plus ou moins >htus, et d’avoir la précaution de faire adapter à leur pointe une petite jlaque ou olive d’une ligne de dimension , afin d’éviter les piqûres et /avoir la facilité à' appuyer, aw besoin, sur la peau ces extrémités nioussées.
Je ne me contente pas d’évaluer les dimensions de la base et celles des .itiamètres transversal et longitudinal des turnears , mais , pour certai- ■es proéminences , je tiens aussi à avoir leur degré dt élévation. Pour •et effet, j’ai fait graduer les branches de mes compas ; et lorsque leurs ■»outs sont appliqués au niveau de la partie la plus basse que je puis Ueindre, je place’en travers , et sur le sommet de la tumeur, une peiite baguette dont la distance aux extrémités du compas me donne exacremeni la hauteur que je cherche. Ainsi , par exemple , si je voulais mesurer un nez quelconque , je placerais d’abord les deux bouts du •omp.'is sur les côtés des narines , pour avoir la mesure de leur écai tcnent; puis je ferais passer sur le bout du nez, et d’une branclm du comoas à l’autre, la bagiiellc transversale, laquelle m’indiquerait, do suite, de oombien de lignes est la saillie que cet organe de Todoral l'ail au-devant île' maxillaires 5uj»érieurji. On conçoit, par là, dans combien de cas
pourra se faire sentir le besoin de données analogues, précises, et quelle facilité et rapidité on pourra se les procurer toujours. '
Il y a long-temps que j’avais fait part de ces idées à l’Académie médecine , comptant que ce serait le meilleur moyen de les faire conj naître et propager, si toutefois elles étaient justes. Mais je crains qu‘ les grandes occupations de ce corps savant ne lui permettent pas d’enl trer dans ces menus détails, ou que ma note soit oubliée dans quelqm carton. La publication actuelle parera à ce petit inconvénient, et évi| tera, au moins, l’ennui d’un rapport sur un aussi mince sujet.
EVERAT, Imprimeur , rue du Cadjen, i»