‹ Sur Le Traitement Du Chancre MouChapitre 7 sur 35 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Depuis 1900, le chancre mou était devenu de plus en plus rare et c’est à peine si de temps à autre, on en signalait des épidémies bien localisées (1).

Si l’on consulte les statistiques relatives à la fréquence des maladies vénériennes pendant la guerre, on est frappé de voir que c’est surtout le chancre mou qui a AU dès 1916, une recrudescence généralisée.

Sur les fiches de la consultation de dermatologie de la Faculté de médecine de Bordeaux, pour les années 1910- 1916, et du dispensaire municipal, pour 1916-1919, le docteur Bossert à relevé (2) :

En 1910 4 chancres mous.

IOI1 7 id.

1922227 id.

1913 19 id.

1914 2/4 id.

1915 33 id.

1916 68 id.

1917 179 id.

1918 18/4 id.

1919 160 id.

Du reste, fait assez significatif, dans les nouveaux traités de pratique médicale journalière, on daigne consacrer un

(1) Sur une épidémie de chancres mous : Dubreuilh. Journal de médecine de Bordeaux, 1893. — Audry. Archives médicales de Toulouse, 1897. — Bertin et Gelé. Echo médical du Nord, 1900.

(2) In thèse : Du chancre mixte. Bordeaux, 1919-1920.

chapitre au traitement du chancre mou, alors qu'auparavant, on ne le mentionnait même pas. |

Quoique cet accroissement ait été observé après chaque guerre, et que, très rapidement, l'équilibre se soit rétabli, il ne faut pas compter sur une défervescence prochaine et rapide. Autrefois ce n’était qu’une partie infime de la population qui guerroyait : célibataires, soldats mercenaires, tandis qu'aujourd'hui c’est tout le pays qui a été bouleversé et les maladies vénériennes, soit par ignorance, soit par inconscience, ont pénétré dans tous les milieux sociaux, comme il en résulte de notre enquête auprès d’un certain nombre de médecins praticiens.

De plus, deux facteurs importants doivent être signalés : d’une part, le séjour prolongé d’armées internationales, d’autre part, la véritable invasion de la main d'œuvre étrangère composée surtout de déchets sociaux, qui a apporté ses tares en même temps qu’elle a été un magnifique terrain d’ensemencements.

Nous avons pensé sur l'inspiration éclairée de Monsieur le Professeur agrégé Petges qu’il pourrait être utile de rappeler de quelle manière doit être envisagée la lutte contre le chancre mou et d'indiquer quels sont les moyens dont on dispose, en insistant un peu plus longuement sur l’enfumage iodé que notre Maître emploie couramment et préconise en vénéréologie.

Dans cette étude, nous suivrons le plan suivant : Nous envisagerons les 2 formes actuelles du traitement du chancre mou :

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