IX. — Phosphates minéraux
Le dosage des orthophosphates minéraux nous a, au contraire, montré une notification nette.
Nous avons opéré sur le filtrat trichloracétique de 0,5 cm° de sérum : en ajoutant directement les réactifs (molybdate, sulfite et hydroquinone) on obtient une coloration correspondant aux orthophosphates minéraux libres.
Phosphore-du Sérunt fre ed out 36 ug/cm° de sérum.
Phosphore du sérum vieilli (4 ans) ............ 47 ug/cm° de sérum.
(Notons que le phosphore du précipité correspond à 0,5 ug/cm°).
Nous observons une nette augmentation des phosphates minéraux. Cette modification étant nécessairement liée à une diminution des autres formes du phosphore, nous avons recherché les teneurs en phosphore lipidique et en phosphore hydrosoluble hydrolysable.
ET. — Phosphates hydrolysables ou organiques.
Sur le défécat trichloracétique, la minéralisation par les acides sulfurique et nitrique permet le dosage de tout le phosphore hydrosoluble (phosphore minéral + phosphore organique) :
Sérum ÉPAIS 7. 4 De Sn 45 ug/cm SéTUM ICE NS 49 ug/em
L’augmentation est ici moins nette : le vieillissement s’est accompagné d’une hydrolyse des esters phosphoriques hydrosolubles.
P. des esters hydrosolubles du sérum frais ...... 5.0 NUS EDS
P. des esters hydrosolubles du sérum vieilli .............. 2 ug/cm°
Le phosphore lipidique a également diminué légèrement. Dans le même échantillon de sérum que précédemment, nous avons trouvé :
P. lipidique du sérum frais ............ 380 ug/cm° P. lipidique du sérum vieilli ............ 25 ug/cm°
Les phospholipides ont donc pu subir une hydrolyse partielle, maïs nettement moins importante que celle des esters hydrosolubies.
Quelle est la nature de ces esters hydrosolubles ? Il est possible que Îles dérivés phosphorylés du métabolisme glucidique en fassent partie (hexosephosphates, phosphoglycérates, glycérophosphates, etc.). Mais il est également possible qu’ on y trouve des composés polyphosphoriques (diphosphates, tri-
SRE
phosphates et esters di ou triphosphoriques dont on connaît l'instabilité in vitro ; cette instabilité serait peut-être capable d'expliquer à elle seule les modifications observées.
Cependant, en essayant de titrer ces dernières formes de phosphates par une hydrolyse simple (au lieu d’une minéralisation totale), nous n’avons pas réussi à les mettre en évidence en quantité notable.
J Ayant déféqué du sérum frais et du sérum vieilli par un égal volume d'acide trichloracétique, nous avons traité 1 cm° de filtrat directement par les réactifs pour doser les orthophosphates libres. D’autre part, nous avons effectué une hydrolyse de 1 em° de filtrat au bain-marie à l’ébullition durant 10 minutes en présence de 0,3 cm’ d’acide sulfurique et 5 cm° d’eau. Enfin, nous avons minéralisé 1 em° de filtrat par le mélange sulfonitrique. Les résultats du dosage colorimétrique de phosphore ont été les suivants :
EXPRIMÉS PAR CM° DE SÉRUM SÉRUM FRAIS SÉRUM VIEILLI P. des orthophosphates .......... 86 ug 53 ug P. des phosphates hydrolysables. .. 38ug 53 ug P. des phosphates minéralisables.. 44 pg 55 ug
Ces résultats nous montrent qu’une hydrolyse de 10 minutes à 100° est insuffisante pour libérer cette fraction phosphorique du sérum frais : il n’apparaît ainsi que 2 ug sur 8 ug.
En résumé, nous avons constaté l’apparition dans le sérum vieilli d’ions phosphates minéraux provenant de l’hydrolyse de composés organiques.
Interprétation
Avant de chercher la cause de la précipitation, il est utile de retrouver l’origine dans le sérum des constituants du précipité.
A part les traces de silicates et de borates qui proviennent sans doute d’une attaque du verre neutre des ampoules, tous les éléments du précipité existent normalement dans le sérum : calcium, phosphates, carbonates, savons (24), protéines, lipides. Aussi, est-il suggestif de récapituler en un tableau les teneurs normales du sérum frais en ces divers constituants ainsi que celles du précipité étudié :
RS ED EG PE CR RP TP EP GS ESS EE SÉRUM FRAIS PRÉCIPITÉ (92 mg) EN MG. EN MOL. OU AT. G EN MG. EN MOL. OÙ AT. G