CONCENTRATION PAR LITRE
SOLUBILITÉ DANS L’EAU DE SÉRUM FRAIS POHC2 AO: 2 0 UN 200 mg./litre 211 mg.
Palmitate de calcium ........ 30 mg./litre er Stéarate erCAICIUMAE TE EE 40 mg./litre 250 mg. (Oléate de calcium) .......... 400 mg./litre à 300 mg.
On observe, en effet, que l’addition d’un sel libre, tel que phosphate, savon ou sel'de calcium, est capable de troubler le sérum.
Quelles hypothèses pouvons-nous envisager pour expliquer la précipitation spontanée des constituants du sérum ?
Les anciennes hypothèses bâties sur l’existence dans le précipité d’acides phosphatidiques (dont l’origine était problématique), se trouvent aujourd’hui sans fondement. Il ne s’agit pas d’acides phosphatidiques, mais seulement d'acides gras et on sait que le sérum en contient une certaine quantité.
Nous pouvons envisager, en première hypothèse, que ces sels de calcium préex:stants précipitent par simple variation de conditions physiques. L’instabilité des solutions colloïdales [DUCLAUX (23), ROCASOLANO (46)], provoquerait l’ouverture de liaisons, libérant des ions précipitables, dénaturant les protéines, etc. La précipitation des protéines et de cénapses lipidoprotéiniques peut ainsi trouver une explication satisfaisante. La conservation de protéines in vitro en solution donne d’ailleurs lieu à une légère dénaturation progressive et à une insolubilisation partielle. On a suggéré que l’étalement à l’interface eau-air pourvait être responsable d’une telle transformation irréversible, La précipitation des savons de calcium et des sels minéraux trouverait donc sa cause dans la dénaturation de cénapses et serait due, soit à une libération de sels précipitables, soit à un entraînement dans une précipitation simultanée avec les DER soit à tout autre changement dans les conditions physiques du-milieu. . ;
cf es SIN — 27 —
L’instabilité colloïdale serait donc seule à l’origine du vieillissement du sérum et de la précipitation (*).
D’autres hypothèses sont cependant vraisemblables, au moins en ce qui PAnCeTue le précipité de savons et de sels minéraux.
Le sérum nous apparaît comme à peu près saturé en ces sels de calcium peu solubles : ceci explique le dépôt si aisé de ces constituants dans tous les processus de calcification in vivo : :, ceci explique aussi qu’un accroissement en l’un des constituants puisse in vitro provoquer la précipitation. Il est possible qu’un tel accroissement au sein du sérum soit à l’origine du précipité spontané des sérums vieillis.
Nous avons montré que le vieillissement s’accompagnait de l’hydrolyse de composés phosrhorés organiques : esters hydrosolubles et, dans une moindre mesure, phospholipides. Il apparaît ainsi des ions phosphates supplémentaires capables de précipiter avec le calcium : la concentration en phosphate de calcium s’élève de 211 mg environ à 276 mg/litre (dépassant largement le seuil de solubilité égal à 200 mg/litre).
Cette explication, valable pour les phosphates, peut l’être aussi pour les savons : l’hydrolyse de phospholipides fait apparaître des anions gras capables de précipiter avec le calcium. Il n’est même pas indispensable que le taux des, savons augmente : le simple remplacement d'acides gras non saturés (dont les sels de calcium sont assez solubles) par des acides gras saturés peut rendre compte de la précipitation. Ce remplacement peut se faire, par exemp'e, par échange d’acides gras.
L'apparition de constituants précipitables tels que phosphates ou acides gras est susceptible de relever de deux mécanismes : soit une hydrolyse diastasique, soit une simple décomposition due à l'instabilité des combinaisons (instabi!'ité des polyphosphates, échange d’acides gras). L'hypothèse d’une réaction diastasique trouve des arguments dans la découverte de phosphatases, de lécithase, de cholestérolestérase dans le plasma. Ces diastases ont pour effet hydrolyser les esters phosphoriques (49) et les phospholipides, libérant des ions phosphates et des acides gras et, d'autre part, de synthétiser des esters dé cho'estérol à partir des acides gras ainsi libérés et du cholestérol libre [E. LE BRETON et J. PANTALÉON (34)]. L’apparition transitoire d’acides gras libres peut suffire à expliquer la précipitation des savons de calcium, par substitution d'acides gras saturés aux acides gras non saturés libres préexistants.
+ Ti faut, cependant, noter que le chauffage préalable du sérum à 56°-58° détruit la lécithase décrite par E. LE BRETON et J. PANTALÉON. Or, ce traitement, loin d'empêcher la précipitation paraît même l’accélérer. L'action du
(*) J. DESBORDES (68) propose une hypothèse fondée sur les modifications du rapalbumine port = pour expliquer la précipitation de cholestérol dans les liquides d’épan- ‘ :globuline É chement vieillis.
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chauffage est, en réalité, multiple, provoquant des modifications dans la structure macro-moléculaire des protéines et des cénapses et il ne faudrait pas conclure trop hâtivement que les réactions diastasiques n’ont aucun rôle dans les phénomènes observés.
Maïs étant donné que le sérum n’est pas placé dans les conditions optima d'action de ces diastases, on peut imaginer la possibilité d’une évolution spontanée lente où l'intégrité des systèmes diastasiques ne serait pas nécessaire.
Le rôle du calcium dans la précipitation est certain : les expériences de G. BERTRAND nous ont appris que l'élimination des ions Ca* + par de l’oxalate prévenait la précipitation ultérieure des constituants du sérum au cours du vieillissement.
Ce rôle du calcium peut être une activation du système diastasique, le calcium étant envisagé comme une codiastase. Mais son rôle est aussi celui d’un acteur participant à la réaction de précipitation, puisqu'il représente le cation précipitable. On comprend que son élimination soit suffisante pour empêcher toute précipitation.
Ces remarques peuvent permettre de proposer une autre hypothèse :
On connaît le rôle de l’acide citrique dans la neutralisation des ions calcium : il suffit d'ajouter un peu de citrate à une solution de sels de calcium pour l’empêcher de précipiter par ses réactifs habituels. Si nous répétons une expérience analogue à celle d’'ADLER en présence de citrate, la précipitation ne se produit plus (66).
” Nous avons constaté que l’adjonction de citrate à du sérum normal empêche celui-ci de se troubler par addition de phosphates. Nous avons vérifié aussi que le citrate inhibe la précipitation des savons de calcium. De plus, l’addition de citrate au sérum vieilli contenant le précipité en suspension, permet de dissoudre la majeure partie du précipité, ne laissant insoluble que la partie amorphe protéinique dénaturée.
Le sérum contient normalement une petite quantité de citrate (15 à 40 mg par litre) (8). Il est possible que la présence de ce sel soit responsable de la solubilisation des constituants du sérum. Sa disparition pourrait rendre compte de la précipitation des sels de calcium. En fait, le taux des citrates (*) dans les sérums vieillis est relativement faible (inférieur à 15 mg par litre).
En conclusion, parmi toutes les hypothèses que nous avons envisagées, nous n’en rejetons aucune. Elles peuvent toutes, à des titres divers, participer à l’explication des phénomènes observés : la dénaturation ou les transformations de protéines, les modifications des liaisons au sein des cénapses,, l’apparition de phosphates libres à partir de composés organiques, la présence de diastases dans le sérum et le rôle des sels de calcium sont des faits qui concourent tous au résultat complexe qu’est le vieillissement du sérum.
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(@®) Dosé, après transformation, en pentabromacétone, par colorimètrie du bromure en présence d’AuCL (65).
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LES DÉGÉNÉRESCENCES LIPIDOCALCIQUES
Soulignons les analogies existant entre le vieillissement du sérum et les processus physiologiques ou pathologiques de calcification et de dégénérescence.
Les hypothèses actuelles sur la formation de la substance osseuse font appel aux mêmes réactions : décomposition enzymatique d’esters phosphoriques, libération d'ions dans un milieu saturé.
L’adipocire, processus de dégénérescence des cadavres en milieu aqueux, nous donne aussi un exemple d’apparition fermentaire de sels de calcium d'acides gras saturés imprégnant tous les tissus.
Parmi les multiples formes d’artériosclérose, les infiltrations athéromateuses jouent un rôle important (26) ; et, depuis le début de ce siècle, on a cherché à en expliquer la nature et l’origine. Il ressort des travaux d'ASCHOFF (3), de KLOTZ (29), de WINDAUS (60), de WELLS (59), de SCHOENHEIMER (51), de WEINHOUSE et HIRSCH (51), de PAGE (44), etc., que cette infiltration est chimiquement constituée d’esters de cholestérol, de savons, d’autres lipides en moindre quantité et de sels de calcium. Si, dans les athéromes jeunes la présence de savons de calcium a été niée (BALDAUF) (5), leur existence dans les athéromes calcifiés ne fait pas de dout.e D'ailleurs, on peut mettre sur le même plan les esters de cholestérol et les savons de calcium et, selon les crganismes, il est possible que leur tendance à précipiter soit différente : le sang des herbivores contient normalement beaucoup moins de cholestérol que celui des carnivores et des omnivores. Ceci explique la facilité avec laquelle on provoque des athéroscléroses chez le lapin par lingestion de cholestérol, alors que le chién reste rebelle (ANITSCHKOW (2), BLOOR (12), PAGE (43).
L’artériosclérose de l’homme est surtout à base d’esters de cholestérol et le
vieillissement de certains liquides humains (épanchements pleuraux ou ascitiques) s’accompagne d’une insolubilisation de cholestérol (68) ; au contraire, l’artériosclérose est rare chez les herbivores et le précipité formé au cours du
vieillissement de leur sérum contient surtout des savons de calcium.
Il existe normalement dans le plasma des carnivores des substances (comme les sels biliaïires) capables de maintenir en solution le cholestérol. Nous avons noté parallèlement que la présence de citrates pouvait maintenir en solution le calcium.
Cet équilibre entre cholestérol et calcium vis-à-vis des acides gras peut nous expliquer les divergences constatées entre les infiltrations athéromateuses.
Nous croyons donc une analogie possible (analogie de structure chimique et analogie dans le mécanisme de leur apparition) entre le précipité qui se forme dans le sérum et les infiltrations lipidocalciques des dégénérescences
athéromateuses.
A part certains facteurs indubitables de prédisposition locale des vaisseaux, l’origine de l’infiltration nous paraît devoir être cherchée dans l'aptitude de certains constituants sanguins à se déposer. On sait que l’hyperlipidémie et l'augmentation du taux des acides gras peuvent être des facteurs d’artérios-
SO ie
clérose. Mais il nous semble que d’autres facteurs, comme la diminution du taux des citrates, des pyrophosphates (66), ou de celui des substances dissolvant le cholestérol peuvent aussi concourir au même résultat.
Nous croyons enfin, (comme le fait HUEPER) (27), que l’addition au plasma (par ingestion ou mieux par injection) de ces substances dissolvantes est capable de prévenir cette infiltration. HUEPER a montré l’influence de déterzents synthétiques, dont on connaît l’aptitude à dissoudre le cholestérol, sur l’apparition de l’artériosclérose expérimentale du lapin.
Le problème de la constitution du dépôt, qui se forme au cours du vieillissement des ampoules de sérum, nous conduit ainsi jusqu'aux horizons d’une thérapeutique préventive des athéromes. Et l’on pressent tout l'intérêt que pourrait avoir la poursuite de ces travaux en vue de déterminer la nature des substances les mieux adaptées à cette prévention (citrates, sels biliaires, détergents anioniques ou cationiques.….), la meilleure voie d'introduction ainsi que les doses et les formes optimales de cette médication.
(Institut Pasteur de Paris, Service du Professeur M. MACHEBŒUF).
DE Vert
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