NOCTURNE
La nuit est l'océan qui convient à ma barque. La nuit est l'île morte où. se blottit mon cœur, Et, sur le rouet d'or de la nuit, une Parque File pour mes printemps le linceul du bonheur.
O nuit, j'aime ta grâce et j'aime tes tendresses. Ta douceur, ton silence et ta sérénité. N'as-tu point un sanglot pour toutes nos détresses. Ne sais-tu pas bercer l'être désenchanté ?
Je veux m'envelopper, tout entier, de ton ombre, Mes yeux sont fatigués du soleil éternel. Il me faut un tombeau pour mes doutes sans nombre Enterre-les, ô nuit, dans ton sein maternel.
Et m 'étant évadé des geôles de la Vie, Roi de la solitude et bouffon du Bonheur, Ayant perdu l'orgueil, ayant perdu l'envie. Je pourrai te nourrir d'étoiles, ô mon cœur.
Et je saurai subir, de nouveau, la torture La torture d'aimer et de haïr l'amour.
Puisque tu m'es fidèle, ô nuit suave et pure, Et que jamais, pour moi, ton ciel ne sera sourd.
A Nina Pack