CHENE
Quelquefois, mais très rarement, ils présentent la base P, et encore plus rarement les faces M. Nous n’avons pu mesurer ces diverses modifications : dans le cas où le cristal est net, leur petitesse empêche toute mesure; quand elles sont plus apparentes et que le cristal présente un volume appréciable, 1l est, en général, formé de petits octaèdres accolés.
Chauffé à 200°, le tungstoborate d'ammonium dégage de l’ammoniaque ; 1l se forme des sels non encore étudiés.
Pour analyser ce sel, nous l’avons calciné au rouge sombre : après dessiccation, le résidu, traité par l'acide fluorhydrique et calciné après grillage, nous a donné l’anhydride tungstique. Une pesée, avant le traitement par l'acide fluorhydrique, nous a donné le poids total de l’anhydride tungstique et de l’anhydride borique.
Enfin nous avons dosé l’ammoniaque en disullant un
(*) Moyenne de huit mesures.
poids connu du sel avec de la potasse caustique, recuerilant le produit de la distillation dans un volume connu d’une liqueur titrée et déterminant l’abaissement du titre.
Toutes ces opérations nécessitent quelques précautions ; le sel fond au-dessus de 100° etlaisse dégager son eau de combinaison avee un fort bouillonnement accompagné de projections : aussi doit-on toujours procéder à cette opération dans un creuset fermé.
En calcinant le sel avec précaution au rouge sombre, on ne perd pas une proportion notable d’acide borique, mais on obtient une matière verdâtre, ce qui indique une réduction fort avancée de l’anhydride tungstique. On évite cette réduction en imbibant le sel desséché de quelques gouttes d'acide azotique et calcinant ensuite : l'acide azotique ne favorise pas notablement le départ de l’anhydride borique.
Quand nous avons obtenu pour la première fois ce tungstoborate d’ammonium, nous avons méconnu sa véritable nature : il présente la plus grande ressemblance avec un sel octaédrique, très efflorescent, que décrit M. de Marignac à la fin de son Mémoire sur les silicotung- States 0)
On verra plus loin que le tungstoborate dibarytique présente absolument la même forme cristalline que le métatungstate de baryum et est probablement isomorphe avec ce sel. De même, nous avons vu précédemment que le tungstoborate monosodique estisomorpheavec l’acide tungstoborique. M. de Marignac, dans son Mémoire sur les siicotungstates, signale l’isomorphisme parfait des sels acides de baryte et de chaux avec l’acide silicotungstique rhomboédrique (?).
Ces composés renferment tous la même quantité d’eau
(*) Annales de Chimie et de Physique, 5° série, t. I, pe50: (?) Zbid., 4° série, t. IUT, p. 38.
ACIDES BOROTUNGSTIQUES. 37
de cristallisation : on pourrait croire, dit-il, à un exemple d'isomorphisme entre l’eau, la baryte et la chaux.
Il lui semble cependant que cette analogie de formes doit être expliquée par une autre cause, à laquelle on doit attribuer plusieurs faits remarquables qu'il décrit dans son Mémoire, par exemple l'identité absolue de formes du silicotungstate bisodique et du sel monosodique : c'est que deux composés renfermant un élément ou un groupe d'éléments communs, qui en forment de beaucoup la plus grande partie en poids, peuvent être isomorphes, quand bien même les éléments par lesquels ils diffèrent, n’ont pas une constitution atomique semblable : on peut citer comme un exemple remarquable de ce principe, l’isomorphisme, constaté par M. Scheibler (*), de la plupart des métatungstates, bien qu’ils renferment des proportions variables d’eau de cristallisation. Nous aurions donc rencontré dans notre travail un nouvel exemple de cette variété d’isomorphisme, que l’on pourrait appeler tsomorphisme de masse, car il n'implique pas identité de constitution, mais bien identité de composition centésimale où composition centésimale très voisine. On voit combien, dans une étude sur le tungstène, l’on risque de se tromper grossièrement si on se laisse guider par des considérations * de forme cristalline ou d'apparence extérieure.
Matière. TuO°. Ag à r00°. Perte par calcination. 127042 2729300 00270 0,2189 D) TUE eat ON » Aq+ AzH*O =0,3705 JR HO » 0,242 »
À. » » » Aq-+ AzH*O = 0,585
Dosage de l’ammoniaque.
2,9164 du sel ont été distillés avec de la potasse causuique. Le produit de la distillation a été recueilli dans
(‘) Journal für praktische Chemie, t. LXXIII, p. 27.
une solution titrée d'acide chlorhydrique (100%), renfermant 0%,0335 d'acide chlorhydrique par centimètre cube. L’abaissement du titre a été déterminé à l’aide d’une liqueur titrée potassique renfermant 4f',7 de potasse par 100%. On a ainsi vu qu'il y avait eu 45% de la solution titrée chlorhydrique saturés par l’ammoniaque, ce qui correspond à AZH*O — of',1118, d’où, en centièmes :
Trouvé.
, Calculé. mer CA Corps dosé. PRES 11e 2; OO PEE "re 2088 80,32 80 ,00 80,49 D AZ TE OPEEES 100 3,84 3,82 »
HÉOES EE 90 3,46 4,02 »
PA E tee 2 9,69 9,98 10,31 DDASS RESTE 70 2,69 2,18 »
Total rt" 2600 100,00 100 ,00 »
Perte totale par calcination :
Calculé. Trouvé.
Au Tableau d'analyse de ce sel, Aq indique l’eau chassée à 100°. Nous trouvons un excès d’eau : ceci est facile à prévoir; le sel a été simplement séparé rapidement de son eau mère par simple expression entre des feuilles de papier de soie, la substance analysée contenait un petit excès d'humidité : en essayant de dessécher le sel, on se serait exposé à analyser un produit effleuri.
Le sel octaédrique efflorescent de M. de Marignac a pour composition (trouvée), d’après une de ses analyses que nous prenons au hasard :