A BRUXELLES
De l’Imprimerie de Weissenbrüch père, rue du Musée, n°. loSy
En se décidant à publier les Annales générales des Sciences physiques , les rédacteurs ont pensé que cet ouvrage pouvait devenir, non-seulement un moyen de propager les connaissances humaines , mais encore, pour eux, l’occasion d’offrir un tribut de gratitude aux savans qui contribuèrent le plus aux progrès de ces connaissances. Dans l’intention où ils sont de faire toujours paraître , sous les auspices des savans du premier ordre, chacun de leur volume, M. Alexandre de Humboldt a reçu l’hommage de la première livraison, M. Van Swinden de la seconde, M. le lieutenant-général Carnot de la troisième , M. Bancks de la quatrième, M. Zéa de la cinquième, M. de Lacépède de la sixième. Chaque livraison (ou volume) composée de trois cahiers , sera désormais précédée du portrait du savant auquel en sera offerte la dédicace.
Les savans qui, pendant le cours d’une année, enverraient aux Annales six articles où seraient jointes des planches, ou dix sans ligures, recevront-, pour l’année suivante, les . Annales gratuitement et sans frais.
Les auteurs d’articles qui , non contens de les voir insérés dans les Annales , désireraient qu’on en tirât a part un certain nombre, voudront bien en prévenir l’éditeur , qui se conformera à leurs désirs.
Les Annales paraissent par cahiers de huit feuilles , mêmes format et caractère que ceux qui ont paru jusqu’ici, le dernier jour de chaque mois ; ces cahiers seront disposés de manière que, réunis par trimestre, ils formeront un volume ou livraison de 4°° pages s 11011 compris les planches et tables.
Chaque cahier contiendra , de rigueur , quatre planches , représentant des appareils ou instrumens propres aux sciences, des cartes ou vues nécessaires à l’intelligence des mémoires , ou des figures coloriées de plantes , animaux ,
substances minérales, etc Ces planches, qui ne seront
jamais en moindre nombre que douze par volume, pourront être accumulées dans un numéro aux dépens d’un
Par G. S. RAFINESQUE, professeur de botanique et d'histoire naturelle à V université de Lexington en Kentucky .
Des erreurs accréditées par des savans- illustres , admises tacitement comme des vérités démontrées par la foule des copistes et des esprits superficiels qui se Contentent de croire sur parole , sont bien difficiles à détruire ; néanmoins il est du devoir de ceux qui ont vérifié et constaté les faits réels qui les détruisent*, de chercher à les divulguer et à éclairer le domaine des sciences.
Il semble , au premier coup d’œil , que c’est un paradoxe que d’admettre des animaux polistomes ou munis de plusieurs bouches, et encore plus des animaux porostomes ou sans bouches apparentes , leurs pores en tenant lieu ? comme dans les plantes ; cependant rien n’est plus vrai que l’existence d’un grand nombre de ces êtres, parmi les Polypes , les Polypiers , les Méduses , etc.
Les polypiers ont été, pendant long-temps, le jouet des systèmes ; on les a tantôt considérés comme des pierres , tantôt comme des plantes; mais les découvertes de Trembîey , Donati , Ellis, etc. les fixèrent parmi les animaux, et l’on supposa qu’ils étaient construits par des polypes , ce qui était aussi vrai que de dire que les fenêtres construisent nos maisons. L’ingénieuse raillerie de Eernardin de St, Pierre, dans ses dialogues d’un voyageur, aurait dû éclairer sur l’absurdité dé cette fausse vue : car d’après lui les plantes seraient aussi des polypiers.
Mais Cavolini a prouvé depuis assez long-temps que les Polypiers , les Alcyons , etc. formaient des corps individuels , tout comme un arbre ou un cacte ; qu’ils sont pourvus de plusieurs orifices ou bouches de diverses formes, propres à suppléer au défaut de locomobilité , etc. Cependant presque tous les naturalistes ont négligé ses vues sur ce fécond, sujet.
'Maintenant, Von trouve encore dans tous les ouvrages modernes d’histoire naturelle, l’idée absurde des polypes constructeurs ; l’on a tout au plus appliqué à quelques-uns d’entr’eux une nouvelle théorie , déduite de quelques faits particuliers , et qui est celle de l’agrégation ou consolidation de plusieurs individus ayant une prétendue existence commune, ce qui après tout n’est que la vérité déguisée sous de faux ternies.
C’est ce que nous voyons dans les savans ouvrages de MM. Cuvier , La mark , Lamouroux, etc. , et c’est ce que l’on répète dans tous tes dictionnaires, encyclopédies, élémens , etc. 11 est plus facile de copier des erreurs , que de rechercher la vérité, et quand elle est découverte, elle a souvent bien de la peine à percer les nuages de l’ignorance ou des préjugés scientifiques.
J’ai habité plus de vingt ans les bords de la Méditerranée en Provence , en Italie et en Sicile : j’ai observé par moi-même , j’ai étudié avec attention tous les animaux marins , et les résultats de mes travaux m’ont convaincu que la théorie de Cavolini est la seule vraie , la seule admissible , et la seule qui démontre et explique les nombreux phénomènes que nous offrent les polypiers , etc.
Conduit par la voie de l’analogie et de l’évidence, j’ai reconnu que les animaux qui n’offrent aucun orifice extérieur , mais qui cependant agissent , se meuvent et croissent, doivent absorber leur nourriture sous une forme fluide ou gazeuse par des pores ; et comme ces pores remplacent chez eux les bouches multiples et compliquées des polypiers , j’ai nommé ces animaux porostomes , et j’en ai formé la dernière classe animale , puisque c’est celle qui se rapproche le plus des plantes.
Les animaux polistomiques n’existent réellement que dans la neuvième ou avant-dernière classe animale; ( Poly~ pia ) les Polypes. L’on ne trouve dans les classes supérieures des mollusques et des vers ( Apalosia et Helmisia ) que quelques apparences d’agrégation dans les Serpules , les
Ànatifes , maïs surtout les Salpaires , qui forment îe chaînon conduisant des mollusques aux polypes.
J’avais énoncé, dès 1814? mes découvertes à cet égard, dans le Journal Encyclopédique de Sicile , et je les avais détaillées dans mon Analyse de la Nature , publiée en i8i5 , mais succinctement et synoptiquement , de manière qu’elles ont échappé à l’attention des compilateurs, qui ne savent extraire des vérités que des ouvrages diffus, où le sujet est noyé dans les détails accessoires.
Je vais maintenant passer en revue les animaux qui offrent des bouches multiples, polypiformes ou poriformes , et j’espère, que ceux qui ont assez de bonne foi pour préférer la vérité pure et simple, à l’erreur couverte d’un voile brillant, voudront bien méditer les pensées que je leur pourrai suggérer et reconnaître l’évidence des faits.
Dans l’ordre HelminÙiia ou des vers parasites , presque tous les genres des familles Asthrenia ou Jenias, Fasciolaria ou Fasciolaires, Physelmia ou Hydatiens , et Scolexia ou Ascaridiens, ont plusieurs bouches évidentes, auxquelles l’on a donné le nom de suçoirs , parce qu’ils en ont souvent la forme. Cela est admis par les naturalistes, et tout orifice externe qui admet la nourriture est une bouche.
Le second ordre de Polypes , Fistulidia , n’offre que des genres monostomes; mais le suivant, Radiaria, aune famille entière polystomique : je l’ai nommée Polytremia ; le type en a été le genr e Rhizostoma de M. Cuvier, où il a reconnu lui-même une multitude d’orifices ou bouches. J’ai réuni à cette famille toutes les Méduses qui ont plusieurs orifices, tels que les genres Cephea , Aurélia , Cassiopea , Ocyroe , Obelia , Eplyra , Euryales , etc. , de Peron et Lesueur, outre plusieurs que j’ai découverts moi-même.
Le quatrième ordre parmi les Polypes , Monostomia , est caractérisé par une ouverture unique ; mais le cinquième ou dernier , Polystomia , l’est au contraire par la multiplicité des orifices. Cet ordre esttrèsnombreux , car il
renferme tous les Polypiers mois, flexibles ou même pierreux. Je l’ai divisé en 5 familles et 12 sous-familles.
La première , Anaxia , offre des corps souvent fixes sans axe corné ni osseux; les uns sont ramifiés, tels que le genre Zoantha Lam. et mon genre Blophastoma , qui contient les vorticelles polistomes , tandis que les autres ont un corps simple,* tels sont les genres Sinoicum de Phipps , Pyrosoma , (corps flottant ) Per. et mes nouveaux genres Psadiroma , Polactoma , Chledripole , etc. Le genre Botryllus ^ devra peut-êjre y être réuni.
La famille Axarchia , a un axe interne corné ou osseux, et le corps communément flottant , simple dans les genres Veretilla Lam. , Funiculina Lam., etc. , formant la sousfamille Veretillia , et rameux dans la sous-famille Encinia , contenant les genres Pennatula Lam. Encrinus Lam. Pentacrinus. ïtaf. Pentrema Raf. , etc. H n’y a aucun genre qui offre plus évidemment l’organisation polystomique que le Pennatula , dont le corps flottant et mobile *a un axe interne solide recouvert par une cbair épaisse , où. sont parsemées les ouvertures nutrifères.
J’ai nomi’hé Dermopsia , la troisième famille contenant les Polypiers fixés à une axe pierreux recouvert par une peau corticiforme. La sous-famille Arthropsia a l’axe articulé; son type est le genre Isidia , tandis que les genres Corallium , Gorgoniay Antipathes , etc. , forment le type de la deuxième sousfamille, où Paxe n’est pas articulé, ici l’écorce animale et polystomique est encore très-évidente, les bouclies sont munies de tentacules souvent floriformes, que l’on a depuis prises pour des polypes individuels quoiqu’elles ne jouissent pas d’une existence individuelle ; elles ont seulement des mouvemens particuliers et indépendans, comme nos bras et nos jambes.
Les polypiers à corps pierreux sans peau corticiforme constituent la quatrième famille Lithopsia. C’est ici seulement que Ton pourrait mettre en doute l’existence polystomique j mais ce doute n’est qu’apparent ? car lorsqu’on examine ces
les fait sécher à Pair ou à la fumée , et ensuite on les trans« porte enfilés par un bout , avec un cordon. Leur grosseur varie depuis six pouces de long jusqu’à deux pieds, et en géne'ral ils ne sont guères au-dessous d’un pied , ce qui est la grosseur du Muge lui-même, Les laites des mâles sont aussi salées quelquefois , quoiqu’on préfère les manger fraiches. On les prépare comme les œufs , dont ils ne diffèrent que par leur mollesse et leur blancheur. On les nomme en italien Bottarga bianca ou hattume. Chaque partie du Thon se sale à part en Sicile , etc. et obtient un nom particulier 5 le ventre que l’on nomme Sura ou Ventresea en italien , est la partie la plus estimée après la Boutarque. On ne néglige pas même la peau, les os, ni les intestins de ce poisson si utile ; tout se sale , se mange et trouve son prix.
:%r)|î?ü.vrf;>> ?mo.
fjfëïï .].•> yÿfcaïïh
‘^■O'/A'li.i (Ùiï f r! ) . .
■'Jy'dW.tyi’t ;jU'l
iïvv 'U iïü'i ''<m
: v-‘ ' ï.tî i' * Hii? H . tcp
îÿïhhtto
^ ’ : •• .ivou'^i: Tmf • M :: • -,i 4- • < ,
'.pn ü:yiôm% ,Ui~v,y
:■ Ai -jt--'ii
nhw.lti -nrr -l i y-xi 'uni *
ÏV’uU J'y-< Uivf U'HÜ'.Vf ol. :
*• V*<|« V;5 il) i >.R, Ut ri il Ui', |- fùi ■
.■ ■ : ■ - ■■■ ’■' . -:l - 'l j>;.:Vï ï «■■ ; -