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Sur les baobabs de Madagascar

et partagé à son sommet aigu en deux dents assez profondes. Ses ovules en constituent le caractère le plus remarquable. Dans chacune des deux loges ovariennes, il y a un placenta ellipsoïde, comprimé de dedans en dehors, qui s’attache vers sa base au bas de la cloison interloculaire, et qui monte librement dans sa loge. Sur chacun de ses bords, il porte un ovule descendant, incomplètement anatrope, attaché par son bord ventral. Et de plus, son sommet porte un troisième ovule, plus court, ascendant, comme enchâssé dans le bord du placenta. Peut-être cet ovule n’arrive-t-il pas à son entier développement ; il est moins volumineux que les deux autres.

Nous ne connaissons pas encore le fruit du S. madagascariensis. L’échantillon que nous venons de décrire vient de Masonjana, sur la côte occidentale de l’île.

A propos de Santal malgache, rappelons ce que ditFlacourt, dans son Histoire de la grande isle Madagascar (p. 137), au sujet de YHumbertia qui, comme nous l’avons dit, est une Solanacée : « Endrachendrach , c’est l'arbre dont le bois est jaune et sent comme le Santal oitrin. C’est le plus dur bois qu’il y aye, incorruptible, qui estant foüy en terre, ne se corrompra non plus que le marbre. Ce mot-là signifie perpétuel et sans fin. »

M. H. Bâillon. — Sur les Baobabs de Madagascar . — Outre YAdansonia madagascariensis H. Bn, que nous avons figuré dans notre Atlas de la flore de Madagascar (pl. 79 A et 79 B), et VA. digilata , introduit dans l’île et aux Comores, il y a d’autres espèces de ce genre encore fort incomplètement connues et sur lesquelles nous ne pouvons, vu l’état très impartait de nos matériaux, donner que quelques renseignements utiles. Ces espèces seront de la sorte recommandées à toute l’attention des explorateurs de la grande île.

Le Za est extrêmement distinct par son fruit de VA. madagascariensis qui estle Reiné-ala, Ce fi uit rappelle beaucoup par sa forme générale celui de certains Luffa. 11 a un pédoncule épais et trapu, long de quatre cent, et large de deux. Son péricarpe cylindro-conique, à axe un peu sinueux, est sur notre échantillon long de vingt-trois eenlim. et large

au plus de sept. Son grand axe est un peu sinueux. Sa surface, d’un brun foncé, est couverte d’un duvet extrêmement court. Profondément il est rougeâtre et il renferme une pulpe qui, comme dans toutes les espèces connues, enveloppe étroitement les graines. Celles-ci sont courtement réniformes, mais non mûres sur notre échantillon. La pulpe est peu abondante, farineuse et acidulé.

M. Grandidier qui a vu le Za au pays Mahafaly, dans le sud-ouest de l’île, se rappelle que c’est un arbre d’environ vingt mètres, plus touffu et plus rameux que le Reiné-ala, aussi gros que lui, à base du tronc renflée. Les quelques feuilles que nouspossédons,rapprochéesau sommetd’un jeune rameau, sont assez longuement pétiolées (6-8 cent.), digitées, à 5^ 6 folioles longuement pétiolulées (2-3 cent ), lancéolées, acuminées, presque glabres. Leurs nervures secondaires sont nombreuses,inégales, fort peu obliques. La fleur très imparfaite que nous possédons, et qu'on dit rougeâtre, devait être supportée par un épais pédoncule, dont la cicatrice a environ un cent, de diamètre. Son calice, incomplet, est coriace, tapissé intérieurement de nombreux poils blancs, couchés en long. Les pétales sont linéaires, longs de plus d’un demidécimètre. Le tube de l’androcée est cylindrique et long de plus d’un demi-décimètre. La portion libre des filets est plus longue encore. Mais nous n’y voyons plus d’anthères. Nous nommerons cette espèce Adansonia Za. Au Ménabé, son écorce servait, il y a plusieurs années, à faire des cordages ; elle est aujourd’hui bien moins usitée.

Le Fony est une autre espèce qui se trouve à la baie de Saint-Augustin, mais qu’on suppose, en outre, croître sur toute rétendue de la côte occidentale de l’île. C’est, dit-on, un arbre très élevé et très élancé, dont les fleurs sont rouges. On le croit bien distinct de VA. madagascariensis , et nous le nommerons, provisoirement, A. Fony. Nous avons sous les yeux ses jeunes feuilles, également composées-digitées et à folioles lancéolées. Mais celles-ci sont sessiles sur le pétiole commun, d’un vert terne, pâle et un peu glauque, et elles sont très nettement dentées-serrées. Leur côte est très visible, et leurs nervures secondaires le sont très peu. Sur

notre échantillon elles ne dépassent pas 8 cent, de long. Le fruit, ellipsoïde, a environ un décimètre de long et est un peu moins large. Son péricarpe est mince, fragile, tout chargé d’un épais tomentum velouté, d’un brun un peu verdâtre. Les graines portent des traces de la pulpe qui les englobait. Elles sont tout à fait réniformes, longues de 1 à 1 1/2 cent., brunes à la surface, avec un embryon fortement plissé, comme celui des autres Baobabs.

' iM. H. Bâillon, — Liste des 'plantes de Madagascar (suite de la page 811).

Croton L.

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