II. — TUBE DIGESTIF
Tout cela est bien différent de la pathologie humaine où le cancer du tube digestif, notamment celui de Festomac, tient le premier rang (Roussy et WoLr).
À. — Langue, Pharynx, Œsophage.
Chez les animaux, les tumeurs du tube digestif sont au contraire, assez rares. En particulier, les cancers primilifs de la langue, du pharynx, de l'æsophage proprement dit, constituent par leur rareté de véritables joyaux. La littérature possède seulement deux cas indiscutabies d'épithéliome de la langue : ceux de Mac Fapyeax et de PrLüc, observés, le premier sur une chaite âgée de 12 ans, le deuxième sur une vieille vache. Ce que l'on voit d'ordinaire, c'est l'envahissement de la langue par un épithéliome de la mâchoire ou du pharynx.
Il existe quatre observations de sarcomes. Elles se rapportent au cheval (Meppcenursr) (64) et aux chiens (BeLer (65), G. Perir et R. German (66), V. Bac et Cu. LomBar»). Les deux dernières sont superposables.
Le sarcome de PETIT et GERMAIN recueilli sur un bull-dog de Ÿ ans, s'était développé aux dépens du tissu conjonctif de la partie médiane de la langue, au niveau de la base de cet organe.
Dans le cas qu'avec le Professeur V. BALL nous observâmes,
sur un chien âgé de 15 ans, la tumeur (sarcome globo-cellulaire), née sur la moitié gauche de la langue, au niveau du tiers moyen, s'étendait en nappe sur les faces latérales du pharynx.
B. - Estomac.
Le cancer de l'estomac est exceptionnel chez tous les animaux. Il n'est bien connu que chez les équidés, mais c'est au niveau du cul de sac gauche de cet organe, tapissé, non pas par la muqueuse gastrique, mais par un prolongement de la muqueuse œsophagienne . Ce n'est donc pas un épithélioma glandulaire, mais un épithéloma pavimenteux, plutôt œsophagien que stomacal.”
L'épithéliome du cul de sac droit est une rareté {STURM (67), V. Barr). BaAINBRIDGE a tenté d’expliquer cette très grande rareté du cancer de l'estomac, chez le chien notamment, « par la stabilité relative de l'organe, qui, au point de vue embryogénique, se développe plus tôt ».
€. — Intestin.
Au niveau de l'intestin, seule exception, les tumeurs ne sont pas rares. On trouve plutôt des sarcomes que des épithéliomas. Leur siège est indistinct. Les tumeurs peuvent être multiples et en nappe, comme nous l'avons observé sur le gros intestin sarcomateux d'un mulet.
* D'une manière générale, la facilité avec laquelle l'épithélium pavimenteux réagit sous les influences excito-prolifératrices les plus diverses mérite d’autant plus d'être soulignée que l’épithélium cylindrique ou glandulaire reste le plus souvent intègre. Ainsi en est-il notamment, au niveau de l’estomac, — comme nous le verrons plus loin — dans le cancer spiroptérien de Fibiger (voir page 126) et l'épithélioma par le goudron de Ménétrier et Derville (voir page 104).
D. — Lèvres.
L'épithéliome ou cancroïde des lèvres, qui siège d'ordinaire à la lèvre inférieure, est frès rare chez les animaux. Chez le chat notamment, on trouve assez souvent un ulcère labial d'origine microbienne, secondaire à un papillome (V. Bazz et A. Tapernoux) (68), avec lequel on a fréquemment confondu l’épithéliome de la lèvre.
E. - Mâchoires.
Enfin, sur les mâchoires, on observe des sarcomes et des épithéliomas, ceux-ci, nés aux dépens de l'épithélium gingival le plus souvent, et pouvant être térébrants. Chez les bovidés, ce cancer des mâchoires, assez rare, ne doit pas être confondu avec les lésions d'ostéite actinomycosique.
Quant à l'épithélioma parælentaire (69), il est connu chez le chien (2 cas : V. Bai), le chat (2 cas : LIÉNaAux). la vache (2 cas : FoccEr, Cu. LoMBAR»), le cheval (2 cas : GG PErrr).