I. — LES EPIDEMIES
La présence de véritables épidémies de cancer chez les salmonidés, le bœuf, la poule, la souris n'y a, du reste, pas peu contribué.
A. Bovidés.
C'est en 1782 que CnaBerT, pour la première fois, signala, en Bretagne, une véritable épizootie de sarcome de l'œil des bovidés. L'affection, développée aux dépens de la caroncule lacrymale (Léo Loëg) (118), devait causer plus tard de véritables ravages dans les grands elevages de l'Amérique. Des mesures prophylactiques ayant suffi à enrayer son extension, il semble bien que l'on n'ait eu affaire qu'à une pseudo-tumeur infectieuse.
B. Poissons.
1) Salmonides. Fausse tumeur également, cet épithélioma contagieux du corps thyroide des salmonidés qui, au
début de ce siècle et surtout en 1903 et 1904 causa les plus grands ravages parmi les truites artificiellement écloses et les poissons des grands lacs nord-américains, et créa une véritable panique parmi les consommateurs. D'après Gizrutu, 7 % des truiles saumonées périrent dans les piscines de la Auckland Society Hatchery. Boxer vit plus de 3000 cas dans un autre élevage en quatre mois.
Murray, PLEuN, Pick, JaApBouray étudièrent alors le cancer des piscicullures. Une Commission d'Hygiène dirigée par GayLorp, CLOWES et Harwey, supprima le fléau par un traitement au sublimé et à l'iode.
Basnrorp (119) qui avait beaucoup étudié ces hypertrophies de la thyroïde, répéta plusieurs fois qu'elles ne devaient pas être considérées comme des cancers épidémiques, et rassura les consommateurs (120) en disant que l'affection n'était pas transmissible à l'homme, alors même que le poisson serait mangé cru.
Les recherches minutieuses de Davi MARNE (127) en 1909 et 1910, devaient confirmer les affirmations de BasHFoRp et préciser la pathogénie du goître en le rattachant à un trouble de la nutrition. « Le goître des poissons n'est ni infectieux, ni contagieux. La surpopulation des bassins et la suralimentation au moyen de foie et de cœur de porc constituent les facteurs étiologiques principaux. On a pu porter un remède immédiat au mal en nourrissant les truites avec du poisson de mer. »
2) Poissons divers. L'allure épidémique des pseudotumeurs, de siège variable, rencontrées chez les poissons les plus divers, s'explique tout aussi bien. Elle relève de l'infestation parasitaire (nématodes, cestodes) et de l'infection (mycoses, bactéries) (BasnroRp) (1221.