‹ Sur les causes du cancerChapitre 53 sur 114 · ANIMAUX DOMESTIQUES · texte numérisé non relu

ANIMAUX DOMESTIQUES

Au reste, si l'hérédité du cancer était réelle, elle s'observerait assez facilement chez les animaux, dont la vie est plus courte que celle de l’homme, encore qu'il ne soit pas toujours aisé de suivre à travers leur cescendance, les familles animales. Or, les observations en sont extrêmement rares.

A) Carnivores. LeBLanC (56) à vu se développer un cancer chez plusieurs descendants d'une chienne cancéreuse.

Cabior (46) signale que d'une chienne à cancer mam-

maire sont nées, entre autres, deux chiennes qui firent du cancer mammaire, l'une à 4, l’autre à 5 ans.

BissauGE (46) relate 4 cas semblables, toujours dans l'espèce canine.

B) Equidés. Chez les équidés, les mélanomes sont, il est vrai, souvent héréditaires. Gomer (140), notamment, a vu des chevaux et des juments transmettre la mélanose à leurs poulains.

Mais mélanome ne signifie pas toujours tumeur en pathologie comparée. À côté des tumeurs mélaniques, se distinguent, en thèse classique, les hypertrophies pigmentaires. Et de nombreux cas de mélanose ne relèvent que de cette dernière lésion !

Dussent-ils tous, du reste, appartenir au groupe des sarcomes, comme l'a conclu le D' V. Barx (57) après une remarquable étude, qu'il y aurait lieu de se demander si l’on n'a pas plutôt affaire à une hérédité de robe (la mélanose se développant le plus souvent sur les animaux à robe claire) qu'à une hérédité cancéreuse proprement dile.

C'est là toute la bibliographie en faveur de la notion d'hérédité du cancer.

Remarques générales

L'influence héréditaire n'apparaît donc incontestable que dans un petit nombre de cas. Encore serait-il intéressant de savoir si l'apparition du cancer, dans ces

cas-là, ne lient pas plutôt à l'exposition des descendants aux mêmes causes qui cancérisérent les géniteurs qu'à une hérédité cancéreuse.

De fait, si l’on entend par hérédité, en matière de cancer, que les descendants de cancéreux seront cancéreux, il semble bien qu'il n'y ait pas d'hérédité. Paul et Maurice Guérin (141) ont pu suivre jusqu'à la quatrième génération la descendance d'un cobaye atteint d'un splénome avec métastase hépatique. IIS n'ont observé aucun cas de cancer sur ses quarante descendants.

Ce qui pourrait être transmis, ce n'est pas le cancer lui-même, mais la prédisposilion à le contracter. L'animal issu de cancéreux, ne naît pas cancéreux, mais plus facilement, peut être cancérisable. Ainsi comprise, rien n'est plus rationnel que d'admettre, en ce domaine, comme pour tant de maladies autres, une influence héréditaire (MÉNÉTRIER) (114).

Et c'est d’ailleurs à cette notion qu'aboutissait Lors (142), après ses expériences de croisement de souris cancéreuses: 11 y a plutôt hérédité de la tendance au cancer que du cancer. Cette prédisposition héréditaire expliquerail, d'après Basnrorp (49), la prépondérance de certaines formes de cancer suivant les différentes espèces. Elle explique, suivant Lyxcn (1926) (143), la fréquence des

tumeurs pulmonaires dans certains lots de souris.

Nous voici bien loin des conclusions de Miss SLYE !

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