C. Pathogénie
La signature de l'inflammalion est donc extrêmement nelle ! Au surplus, en des points variés (de 5 à 10), on trouve au sein de la trame des amas assez denses de lymphocytes. Il n'est pas rare d’ailleurs d'observer dans la prostate hypertrophiée l'envahissement de la trame et des acini par<les leucocytes polynucléaires, la desquamalion massive de l'épithélium acineux, la suppuration de la prostate.
Ainsi l'anatomie pathologique fournit de précieux arguments à la thèse clinique qui attribue l'hypertrophie prostatique à une infection chronique d’origine urétrale ou vésicale.
Maintenant, comme le soutient Crecranowski (190), les lésions inflammatoires du stroma sont-elles primitives, et les phénomènes adénomateux, secondaires ? Ou bien faut-il voir là ({héorie de la néoplasie) une coexistence de 2 processus totalement différents ? C'est un problème difficile à résoudre.
L'existence possible de la seule prostatite et, d'autre part, l'association constante de l’adénome avec les lésions inflammatoires sembleraient bien indiquer que, le plus souvent, l'adénome s’est greffé sur une prostatile. L'intérêt d'une telle étude est, dès lors, d'autant plus grand que, l'adénome prostatique peut subir linvolution cancéreuse. Et dans ce cas le tissu glandulaire pour devenir épithéliomateux pourrait passer par les 2 phases : inflammaloire d’abord, adénomateuse ensuite.
Observations. N° I. La description anatomique typique ci-
dessus a été faite d’après la prostate d’un chien loup bâtard, âgé de 13 ans. La glande avait quadruplé de volume. La ves-
sie (8 mm. d'épaisseur) et les reins présentaient des lésions d'inflammation chronique. Par ailleurs, nous notâmes en en dehors de la dilatation générale du cœur, la présence d’un goître kystique bilatéral.
N° II. (Microphoto n° I.) Chien loup âgé de 4 ans. La prostate pèse 72 grammes. Comme autres lésions, le sujet, cachectique, présentait une vessie à colonnes (1 cm. 5 d'épaisseur) et un séminome du testicule gauche, généralisé aux ganglions inguinaux superficiels, pelviens, sous-lombaires, de l'entrée de la poitrine ainsi qu’à la capsule surrénale gauche.
N° III. Chien fauve, 10 ans. Au niveau du pubis droit, un chondro-sarcome volumineux comprime l’urètre, en arrière de la prostate. Aussi y a-t-il rétention urinaire : le globe vésical s’avance jusqu'à 8 centimètres de l’appendice xyphoïde. L’urine, hémorragique, a une odeur æammoniacale. La vessie présente des lésions de cystite végétante hémorragique. Mal de Bright : reins irréguliers, atrophiés, en congestion passive avec des arborisations veineuses sous-capsulaires. Hydronéphrose avec hématurie. Dilatation des uretères.
Sur le cœur, en dilatation générale, les valvules tricuspide et miîtrale étaient chroniquement enflammées. Vers la pointe, ei sur sa face droite, le péricarde présentait un petit foyer d’inflammation aiguë séro-fibrineuse. Congestion passive des poumons et du cœur.
N° IV. Vieux chien. Prostatite et cystite purulentes. Végétations du fourreau. Trachéite.