I. — COCCIDIES
La théorie coccidienne du cancer naquit, en 1888, des constatations de Neisser qui considérait les globes cor-
nés du molluseum contagiosum comme élant des coccidies. Mais elle ne prit guère consistance qu'à la suite de la constatation que certaines coccidies produisent des lumeurs épithéliales.
Coccidium euniculi. C'est ainsi que la coccidie oviforme du lapin (Coccidium cuniculi), qui vit dans les cellules épithéliales des canaux biliaires, produit souvent une prolifération de l'épithélium de ces canaux aboutissant à la formation de l’'adénome où papillome villeux des canaux hépatiques. Sur une coupe, ces canaux apparaissent sous forme de cavités, dont la paroi est hérissée de végélations papillomateuses très découpées, arborisées d'une manière remarquable, constituées par une charpente conjonclive que lapisse ur épithélium cylindrique. Dans les cellules épithéliales, comme dans la lumière, on trouve des coccidiès, à des stades divers.
Coccidium Faurei. De même dans l'intestin du mouton, Coccidium Faurei peut déterminer la formation d'adénomes (Nocard) (202).
La connaissance de ces faits devait avoir un si grand retentissement, que DartEz, WickamM, MarassEez el AL- BARRAN, Bosc (203), entre autres, incriminant les sporczoaires d'être les agents du cancer, les recherchaient systématiquement dans les coupes el les x découvraient. Mais les travaux de Fagre-DomEerGuE, BoRRErzL (204), Dupray el CazN montrèrent que les prélendues coccidies n'étaient que des figures pseudo-coccidiennes correspondant à une évolution anormale de la sphère attractive ou d'autres parlies constituantes de la cellule, à des dégénérescences où inclusions cellulaires (Farmer, Moo- RE et WALkER (205), GReExoUGIr (206).
Ce qui ne veut pas dire, du reste, que l’on ne puisse trouver de coccidie vivante chez les cancéreux. Magix (207) a signalé leur existence, au niveau du rein d’une souris lraitée par le goudron pour la production du cancer expérimental.
Mais ce qui est sûr, c'est qu'une coccidie n'a jamais élé vue dans une tumeur. Le serait-elle qu’il faudrait encore pouvoir la cultiver et reproduire, par son inoculation expérimentale, une tumeur semblable à celle qui la contenait. Il est probable que l’adénome villeux coccidien ne constitue qu'une prolifération inflammatoire ! Et mèême en admettant qu'il soit une véritable tumeur développée d'emblée ou sur un terrain enflammé nul n'a le droit, à la suite de ce cas, de généraliser le rôle des
coccidies.
I1. — SARCOSPORIDIES
SABRAZÉS, MARCHAL et MURATET (208) observent un cheval de pur sang anglais cachectique, âgé de 4 ans, présentant un volumineux fibro-sarcome développé aux dépens des plans musculaires profonds de la poitrine et déformant les parois de la cage thoracique. La région des canons, membre antérieur droit excepté, est également déformée par des tumeurs fibro-sarcomateuses, sans qu'il existe entre les diverses localisations néoplasiques de lien visible sous forme de cordon ou de chaîne ganglionnaire.
Dans le voisinage de la région musculaire thoracique, infiltrée par la tumeur, se trouvent de nombreux foyers de sarcosporidies. Il n'y en avait pas dans les tumeurs.
Toutefois, et tout en reconnaissant la fréquence ex-
trème de sarcosporidies chez le cheval, SABRAZÈS, MarcHaL et MuraTer se demandent « si la présence de ces parasites dans le voisinage ne doit pas être envisagée comme un irritant chronique, incitateur de néoplasies, au même litre que les irritants traumatiques, physico-
chimiques, biologiques, microbiens... »