Pédiculidés
La présence de ces parasites chez les souris cancéreuses est signalée par BoRRer.
2, Œstridés (Gasttophiles).
Gastrophilus equi. Les relations qui semblent exister entre le cancer du cul de sac gauche de l'estomac du cheval et les lésions qu'y provoquent les larves d'æstres sont sinon troublantes, du moins, fort curieuses.
Ces larves ont, en effet, pour siège habituel de fixation la muqueuse du cul de sac gauche, à la surface de laquelle elles peuvent exister en colonies denses de plusieurs centaines, provoquant ainsi une incontestable 1rritation. Chaque larve, en s'implantant dans la muqueuse, y détermine la production de petites ulcérations arrondies, cupuliformes, peu profondes, allant jusqu'au chorion muqueux. En même temps, la muqueuse malpighienne irritée, devient blanc porcelaine, opaque, consistante. Son aspect, caractéristique, est, ulcérations exceptées, celui d'une immense plaque de leucoplasie.
L'élude microscopique ‘des ulcérations gastriques. faite par Guyor (221), WenNBERG (222), et surtout par G. Perir et R. GERMAN (194), est des plus intéressantes. Elle révèle : 1° au niveau de l'ulcération, la destruction de l’épithélium stratifié pavimenteux et de la couche papillaire du chorion ; 2° au voisinage de la perte de substance, une réaction inflammatoire mtense de la muqueuse se traduisant par une multiplication excessive des cellules qui la constituent. Ces dernières lésions sont en tous points comparables aux plaques de leucoplasie. si bien décrites, en médecine humaine, par SERGENT et GaucnEr (114), notamment.
De la face profonde de l'épithélium gastrique épaissi. partent des bourgons papillaires plus où moins volumineux, el ramifiés comme ceux d'un épithélioma malpi-
ghien à son début. L'analogie est d'autant plus remarquable que l'on peut constater dans ces bourgeons épithéliaux la présence de globes épidermiques.
Or, chose curieuse, le cancer du cul de sac gauche de l'estomac du cheval (épithélioma pavimenteux\ est, dans la région parisienne, relativement fréquent. « Y a-11 vraiement une relation de cause à effet entre le cancer de l'estomac du cheval et l'irritation, en quelque sorte précancéreuse, engendrée par les larves d'æœstres. C'est fort possible » (G. Perir). La leucoplasie gastrique connituerait alors un état précancéreux.
Tel n'est pas, du reste, l'avis du Professeur V. Barr. de l'Ecole de Lyon (27) : « la rareté du cancer &e l’estsmac du cheval en regard de la fréquence relative de là leucoplasie parasitaire sont deux faits qui s'accordent mal ».
En tous cas, même sl n'y avait aucun rapport entre ces deux lésions, il demeurerait ce qu'ont souligné G. Perir et R. GERMAN, à savoir que lorsqu'on étudie un ulcère situé à la limite des deux culs de sac, normalement séparés par une ligne sinueuse marquant l'interrupton brusque de la muqueuse œæsophagienne, on peut observer la prolifération des glandes à pepsine voisines qui viennent insinuer leurs culs de sac néoformés conlre la paroi de l'ulcère, en-dessous de l'épithélium stratifié qui le borde. C’est là une formalion adénomaleuse, manifestement d'origine inflammaloire.
Si l’on étudie d'ailleurs, toujours à la limite des deux muqueuses stomacales, les papillomes résultant de la cicatrisation des ulcères, après le départ normal des larves (de mai en septembre), on note qu'ils reposent sur une longue nappe adénomateuse résultant du bour-
geonnement excessif des glandes gastriques voisines, irritées de longue date par la présence des parasites. Les culs de sac glandulaires ainsi formés dissocient profondément la muscularis mucosæ et on les voit même s'insinuer superficiellement jusque dans les papilles les plus volumineuses de ces petites tumeurs.
Il ressort de cet exposé que les théories coccidienne, sarcosporidienne, myxosporidienne et blastomvycétienne n'offrent guère qu'un intérêt historique. Quant au rôle de certains macroparasites animaux, on ne saurait le nier, à priori.
Si, dans plusieurs cas (douves des ruminants, ankylostomes du cheval, filaires du rat, dispharagus du pigeon), leur situation dans une tumeur ou à ses côtés ne semble qu'une coïncidence, il serait peut-être téméraire de juger toujours de même la présence des acariens, cvslicerques, strongles et spiroptères. L'influence de cysticercus fasciolaris et de spiroplera neoplastica, en particulier, est indéniable puisque l'expérimentation arrive à reproduire systématiquement le cancer du rat par son infestation. D'autre part, les travaux de G. Perir et R. GERMaAN mettent indiscutablement en relief les rapports unissant l'adénome gastrique aux lésions engendrées par les spiroptères et les larves de gastrophiles.
Maintenant pourquoi certains parasites seuls causentils des tumeurs, quand nous trouvons, souventes fois, par exemple, dans les bronches du pore et du mouton, loule de strongles qui ne coexistent presque jamais avec les néoplasmes ? Comment agissent ces parasites ? Ce sont là questions que n'ont encore pu résoudre les obser-
valeurs.