NOUVELLES OBSERVATIONS DE TÉRATOLOGIE PHANÊROGAMIQÜE
par M. Edouard IIECKEL.
I. Dans ces dernières années, le marché de Marseille a été particulièrement riche en Cédrats monstrueux provenant d’Espagne et des îles Baléares, à ce point que pendant longtemps la monstruosité par dialyse carpellaire devint dominante à l’exclusion de La forme normale. Cette anomalie est du reste fréquente dans les Aurantiacées. Dans le cas particulier au Cédrat, elle présentait la variation morphologique particulière qui consiste en une dialyse imparfaite des carpelles, laissant subsister une jonction manifeste entre les carpelles à leur partie inférieure. D’autre part, les carpelles ainsi disjoints s'étant développés inégalement en forme de cornes allongées et pointues, il en résulte une apparence bizarre de digitation fantastique. Cette monstruosité est, parait-il, très commune au Toukin, ainsi que me l’écrit M. Cabasse, pharmacien de la marine à Hanoï, où ils seraient, de la part des indigènes, l'objet d’une vénération spéciale sous le nom de main de Houddah , de même que les Orientaux ont appelé PalmaChristi les feuilles digitiformes du Ricin. Le plus souvent on les trouve en effet divisées en cinq doigts comme la main, d’où leur est venue la dénomination superstitieuse que les Annamites leur donnent. On retrouve ces formes bizarres dans l’architecture annamite, comme on trouvait les feuilles d’Acanthe dans l’archi ter tare