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Sur les Gekkonidae fossiles

Les Gekkonidae s. I. (incl. Eublepharidae) constituent, avec la petite famille des Uroplatidae, un groupe naturel, bien individualisé, qui correspond a la section (Jes Gekkota (= Gekkotu Latreille, 1825).'*

Au point de vue ostéblogique, la section est remarquablement homogène. On pourrait, pour chaque,os, définir un style du groupe, mais une telle étude nécessiterait un cadre plus large que celui de la présente note.

Le crâne, notamment, a un aspect particulier et bien constant. Ses caractéristiques les plus marquantes sont la disparition de l’arc ppstorbital par réduction du jugal, celle de l’arc postfrontosquamosal par absence du squamosal, et enfin, en relation avec la réduction des ectoptérygoïdes, le grand écartement des ptérygoïdes entraînant une vaste lumière médiopalatine. Les pariétaux sont presque toujours pairs ; G.-A. Boulenger avait voulu voir dans leur fusion exceptionnelle un caractère propre aux Euhlépharidés. En fait, comme l’a montré G.-K. Noble L il existe des Eublépharidés (vertèbres procoeles) à pariétal pair (Lathrogecko xanthostigma Noble et Lepidoblepharis Barbouri Noble) et des Gekkonidés s. s. (yertèbres amphicœles) à pariétal impair (Phyllodactylus siamensis Boulenger). On verra plus loin que le nouveau genre proposé, Macrophelsuma, appartient à cette dernière catégorie. Par ailleurs, la fusion des nasaux en un os impair était considérée par G.-A. Boulenger et Ch.-L. Camp comme propre aux Uroplatidés : or j’ai pu observer que le caractère se retrouve chez Phelsuma, qui est un vrai Gekkonidé. *

La colonne vertébrale est très généralement de type amphicœle, et c’est la seule section des Sauriens qui ait. conservé cette disposition archaïque. Seuls les anciens Eublépharidés de Boulenger, auxquels il faudrait rattacher les genres Lathrogecko, Lepidoblepharis et Sphacrodactylus (cf. Noble, 1921), présentent des vertèbres procœles. Mais ccs vertèbres restent de type primitif, avec des centra étranglés au milieu et élargis aux extrémités, de petits condylcs et quelques intercentra persistants. Ce caractère permetil de séparer les Eublépharidés des Gekkonidés ? Il ne le semble pas. Pour G.-K. Noble, les Eublépharidés ont une origine poly-

1. G.-K. Noble, American Muséum N évitâtes, 1921, n° 4, New-York.

Bulletin du Muséum, 2 e série, t. XVIII, n° 2, 1946.

phylétique ; ils comprennent des séries indépendantes, dérivées de divers Gekkonidés par évolution parallèle de leur type vertébral.

Les Uroplatidés, par contre, sont bien caractérisés par la réduction de rintcrclavicule, par la clavicule grêle, non dilatéé proximalement et par les os des membres allongés ; tous ces caractères squelettiques s’accompagnent d’une grande réduction de la musculature du tronc. Ce sont cependant des animaux bien proches des Gekkonidés, qui n’ont pas dû se séparer depuis longtemps de la souche commune.

Alors que les Uroplatidés sont cantonnés à Madagascar et à Nossi-Bé, les Gekkonidés s. I. sont présents dans toutes les régions biogéographiques, y compris les domaines isolés (Hawaï, Polynésie, Nouvelle-Zélande, Australie, Madagascar, Mascareignes, S te -Hélène, Galapagos) et leur extension actuelle ne paraît limitée que par le climat qui doit être au moins tempéré chaud. Us sont surtout abondants dans les régions indo-malaise et australo-papoue. A côté de genres largement cosmopolites, comme Gymnodactylus et Hemidactylus, on trouve des formes endémiques dans chaque grande région biogéographique.

Tout indique une famille ancienne, qui dérive peut-être des Ardéosauridés jurassiques. Mais la paléontologie n’a pas encore pratiquement jeté de lumière sur l’histoire du groupe. Sans doute •ccttc lacune tient-elle à la petitesse et à la fragilité des os de ces animaux, difficiles à conserver et à récolter.

Pour tenter de mettre au point nos connaissances sur les Gekkonidés fossiles, je considérerai trois groupes successifs.

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