CHAPITRE IV
RECHERCHES EXPERIMENTALES
Des recherches expérimentales concernant l’action de la santonine ont été poursuivies par Biz et d’autres auteurs. Elles sont bien résumées par ZUNZ dans son important article sur les antihelmintiques :
ACTION SUR LE SYSTÈME NERVEUX CENTRAL. — Chez la grenouille, il y a d’abord paralysie; l’animal ne parvient plus à se retourner lorsqu'on le place sur le dos. Puis surviennent des convulsions avec extension extrême des membres postérieurs, tout à fait analogues à celles provoquées par la strychnine et ne se produisant, comme celles-ci, que sous linfluence d’excitations extérieures. L'origine des convulsions est la moelle allongée, car elles se montrent encore après extirpation de tout le cerveau jusqu'aux tubercules quadrijumeaux et cessent dès qu’on sectionne le névraxe à l’union de la moelle épinière et de la moelle allongée. Chez la grenouille, la santonine amène les convulsions à doses 50 fois moindres que l’acide santonique.
Chez les animaux à sang chaud : lapin, chat, chien, on observe d’abord des secousses musculaires au museau, aux paupières, aux oreilles. Ces secousses s'étendent peu à peu jusqu'aux membres postérieurs et à la queue. On peut ensuite provoquer par voie réflexe des convulsions toniques puis cloniques avec opisthotonos. Elles surviennent plus vite chez le la-
AP5D ee
pin après l’injection de santominate sodique que de santonine, tandis que chez la souris, la santonine a à peu près le même pouvoir convulsivant que l’acide santonique.
Le chien reste couché sur le côté entre les convulsions. Celles-ci peuvent se poursuivre pendant plusieurs heures sous l’influence de doses toxiques de santonine et d’acide santonique.
Chez les mammifères, l’origine des convulsions est surtout l’écorce cérébrale. Elles ne se produisent plus après enlèvement de l’écorche cérébrale jusqu'aux couches optiques. Chez le lapin on ne voit plus alors que des secousses irrégulières toniques et cloniques, survenant tardivement. Si l’on enlève l’écorce cérébrale d’un seul côté, on n’observe de ce côté que de faibles secousses atypiques et les accès convulsifs se limitent au côté opposé. On a démontré, dit ZUNZ, que la santonine accroît l’excitabilité électrique de l’écorce cérébrale chez le lapin. Mais même après section entre le mésocéphale et la moelle allongée les secousses irrégulières cloniques et toniques persistent. La santonine excite donc aussi dans une cerfaine mesure la moelle allongée et la moelle épinière.
ACTION SUR LA RESPIRATION. — La santonine et l’acide santonique font diminuer l’amplitude et la fréquence respiratoires. Chez la grenouille, l'arrêt respiratoire survient avant les premières convulsions intenses.
Chez le lapin, le nombre des mouvements est déjà réduit au tiers lors des premières secousses de la tête.
Chez les mammifères, la mort survient par défaillance respiratoire. É
ACTION SUR LE CŒUR. — Chez la grenouille, le cœur se ralentit dans le stade ultime de l’intoxication.
réat:-crdtté