‹ Sur les résultats de la section et de la galvanisation du nerf grand sympathique au couChapitre 3 sur 3 · D'EFFETS SEMBLABLES A CEUX DE LA SECTION · texte numérisé non relu

D'EFFETS SEMBLABLES A CEUX DE LA SECTION

DU

IRF «BASD SYMPATHIQUE.

Dans le mémoire que j'ai lu lundi dernier à l'Académie (1), j'ai rapporté tous les phénomènes découverts par moi ou par d'autres physiologistes, après la section ou la galvanisation du nerf grand sympathique au cou, et j'ai annoncé que les résultats alors obtenus ne dépendaient pas de propriétés spéciales à ce nerf. Je viens aujourd'hui faire voir cpi'un simple afflux de sang à la tête, occasionné par une cause tout autre que la section de ce nerf, y est suivie des mômes effets.

Après la section du nerf grand sympathique, au-dessus du ganglion cervical supérieur, la portion périphérique de ce nerf (ainsi qu'il arrive pour tous les nerfs) perd ses propriétés vitales. Les effets durables qu'on observe après cette opération sont donc les conséquences de la paralysie ou cessation d'action de ce nerf. Cette paralysie existant, il est tout simple que les vaisseaux

||) Voir le mémoire précédent.

sanguins que le nerf animait soient paralysés, et conséciuejnnieiil qu'ils se dilatent. Leur dilatation ouvrant une plus large voie au sang, celui-ci y circule en plus grande abondance, et par suite on observe, dans les parties alors abreuvées de suc nourricier, une augmentation notable de vitalité. C'est par la môme raison que , dan? les expériences que je vais rapporter, un afflux de sang, dù à une cause purement pbysique, est suivi des mêmes elTels.

Si l'on prend un animal (surtout un lapin) par les deux membres postérieurs et qu'on le tienne suspendu , la tête en bas , on observe une série de phénomènes presque identiques à ceux qui suivent la section du grand sympathique au cou.

1" La pupille se resserre presque autant qu'après la section de ce nerf ou même qu'après l'ablation du ganglion cervical supérieur.Leresserrement s'opère d'abord très-vite, après le commencement delà suspension; et après deux ou; trois minutes, il s'augmente très-lentement et atteint son maximum vers la huitième minute. Dans cpielques cas, je l'ai trouvé, à ce moment, aussi considérable, sinon plus, qu'après l'ablation du ganglion cervical supérieur/chez les lapins. Si cette ablation a été faite avant la suspension , la pupille déjà resserrée se resserre encore davantage lorsqu'on suspend l'animal, et elle arrive à un degré excessif détroltess.e. .l'ai trouvé qu'après l'arrachement du nerf facial, chez les; lapins, la puplUe se resserre un peu, et j'ai vu que si, dans cette condition, l'animal est tenu la tète en bas, le resserrement delà pupille devient très-considérable.

Si l'on fait contracter les vaisseaux de la conjonctive et de l'Iris par l'application de la belladone (1) , que le grand sympathique soit coupé ou non , la pupille se dilate, mais plus vite cependant dans ce dernier cas fine dans l'autre. Si, après que cette dilatation s'est opérée, on tient l'animal snspcn-

(1) J'ai trouvé que l'atropine, en outre de l actlou particulière (iu"clle a sus le: système nerveux, agit comme un excitant sur les .vaisseaux sanguins : elle les fait se contracter par places. Irrégulièrement, mais énergiquemenl. Ains)„. après avoir arraché les poils de l'oreille sur un lapin, ai l'on en lave une pctile.partie avec une dissolution alcoolique d'atropine, on trouve que les vaisseaux, dans quelques points , se contractent et se vident entièrement. Celle contraction dure très-long temps. La conlracllllté est extrême dans les vaisseaux de l'oreille chez le lapin : on les voit se conlractei- d'une manière ma. nifestepour peu qu'on les ait comprimes un peu fortement. Celle exiiérienco; réussit très-bien, môme sur les grosses veines de l'oreille. CeUes-ci sont phi& contractiles que les veines de la main chez l'homme, où cependant, amsi qu l'a montré le docteur fiubler, des contractions ponvenl otrc produites par un excitation mécanique.

du, la tète en lias, dans les deux cas, la pupille ne se resserre pas d'une manière manifeste.

2° Les muscles droit interne, droit inférieur et oblique i&érieur se contractent, et le globe oculaire est tiré en dedans et en bas. De plus, par l'action de l'oblique inférieur, il roule autour de son axe médian (du centre de la cornée au centre de la rétine). Quelquefois la troisième paupière fait saillie jusque sur la cornée, par suite de la rétraction du globe oculaire. Les paupières se ferment à demi ou aux trois quarts, ordinairement un peu plus qu'après la section du grand sympathique. Les muscles des lèvres et des narines sont aussi contractés ; quelquefois ils sont le siège de tremblements plus ou moins forts.

3° Un larmoiement manifeste existe, comme après la section du sympathique.

4° Les vaisseaux sanguins (les artères comme les veines ) se dilatent notablement.

5° La température des narines, de- la bouche et surtout des oreilles s'augmente notablement. Dans un cas j'ai vu, après dix minutes de suspension , la température de l'oreille d'un lapin s'élever de 26° 1/2 à 37"centig., l'air ambiant étant à 9° centig. Sur un autre lapin, chez lequel le ganglion cervical supérieur, du côté droit, avait été extii"pé, j'avais trouvé, avant de suspendre l'animal, 35" centig. dans l'oreille droite et 27° dans l'oreille gauche ; après dix ou douze minutes de suspension, je trouvai 38° dans l'oreille droite et 33" dans l'oreiUe gauche. Cinq minutes plus tard, cette dernière oreille avait gagné 2° 1/2, l'autre était stationnaire. Dans une autre expérience, sur un lapin très-vigoureux, sur lecpiel j'avais arraché le nerf facial du côté droit, l'oreille paralysée était à 34° centig., et l'oreille saine à 30° seulement. Après dix minutes de suspension, l'oreUle paralysée était à 38» 1/2, et l'oreille saine à 36°. L'air ambiant était à 14» centig., et la température de l'animal, prise dans le rectum, était à 39° 1/2.

En général, la suspension est suivie, en huit ou dix minutes , d'une augmentation de température aussi grande que celle qui suit l'ablation du ganglion cervical supérieur.

6° La sensibilité de la face et des oreilles s'augmente manifestement. 11 parait en être de même de la sensibilité de la rétine et de la sensibilité auditive. Cependant l'état d'émotion de l'animal, pendant la suspension et aussitôt après, ne me permet pas de décider positivement s'il en est ainsi à l'égard de la sensibilité auditive; mais quant à la rétine, il paraît certain qu'elle devient plus sensible, car, si on tne l'animal, on voit que les mouvements de l'iris, consécutifs à l'excitation de cette membrane nerveuse, par une vive lumière, durent plus longtemps qu'à l'ordinaire.

7° Si l'on asphyxie deux animaux aussi semblables que possible l'un à

l'autre, l'un d'eux ayaut été tenu suspeudu pendant un quart d'heure, l'autre n'ayant point été suspendu, on trouve que les mouvements volontaires, respiratoires, convulsifs et réflexes cessent plus tard chez le premier que chez le second. Tl en est de même quant à la durée des propriétés vitales de l'iris, des muscles et des nerfs moteurs de la tète ; maiis c'est surtout l'irritabilité musculaire qui dure notablement plus chez l'animal qui a été suspendu. J'ai TU dans un cas cette propriété vitale durer une heure de pliis après la mort chez un lapin qui avait été suspendu vin^ minutes que chez un autre qui n'avait point été suspendu.

8" La rigidité cadavérique se montre plus tard et dure jjlus longtemps dans les muscles de la tête chez les animaux tués après avoir été suspendus de dix àvingtminutes quechez les animaux tués sans avoirété suspendus. De phi8, la putréfaction, comme la rigidité, survient aussi plus tard et paraît être plus lente à s'achever.

Ces résultats d'un simple afflux de sang à la tête, produit par une cause purement physique, ressemblent tellement à ceux qu'on observe après la section du grand sympathique au cou , que je crois pouvoir conclure que les effeâs de cette section sur l'iris et sur la température de la tête ne dépendent pas des causes qu'on leur a assignées. Ces effets, de même que les autres (1), paraissent' dépendre directement ou indirectement de la quantité de sang qui oircule dans la tête. Dansun autre mémoire, je doonerai de nouvelles preuves à fBppui cette icondusion.

tl) n faut probablement en excepter la contraction du muscle oblique inféienr, qui paraît dépendre d'une autre cause.

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