‹ Sur les Scincidঠfossiles. II — Formes subfossiles de l'à®le MauriceChapitre 3 sur 3 · II. — Thyms Bojeri (Desjardins 1831) foss · texte numérisé non relu

II. — Thyms Bojeri (Desjardins 1831) foss

J’ai séparé dans la collection Carié, des restes d’un petit Saurien représenté par 3 pariétaux, 14 capsules occipito-otiques,‘4 sacrums, 3 demi-bassins gauches et 3 droits, 1 humérus gauche et 1 droit.

Les caractères de tous les os, comme on peut le voir sur la figure 2, indiquent avec certitude un Scincidé, Plus précisément, leur morphologie de détail s’accorde bien avec celle des pièces homo-

logues de l’actuel Thyrus Bojeri, cantonné dans l’Ile Maurice et File Ronde. J’ai pu faire une comparaison sérieuse grâce à l’obligeance de M. Angel, du Laboratoire d’Herpétologie, qui a bien voulu me confier un exemplaire de la forme actuelle pour en pré-, parer le squelette. Sacrum, bassin et humérus sont pratiquement identiques chez le fossile et la pièce de comparaison. La capsule occipito-otique est également tout à fait semblable, mais la suture entre basisphénoïde et basioccipital, encore visible dans le squelette préparé, est totalement effacée dans la pièce fossile. Le pariétal, dans les deux pièces comparées, montre la même morphologie des processus pariétales, caractérisés par leur forme aplatie et élargie presque jusqu’à l’extrémité ; cependant, chez le fossile, le corps du pariétal est plus élargi en avant, le foramen pariétale est plus postérieur et les processus pariétales sont plus divergents.

Les quelques différences mentionnées doivent s’expliquer par le degré de développement. En effet, le fossile est un peu plus grand que le s'quelette de comparaison ; mais celui-ci appartient à un exemplaire n’ayant pas atteint son maximum de taille.

On peut donc admettre que la forme fossile se rattache à l’espèce Thyrus Bojeri (Desjardins).

Le genre Thyrus Gray 1845, inclus par G.-A. Boulenger 1877 dans le genre Scelotes s. L, a été repris par Hewitt 1929 et par G.-F. de Witte 1943, pour la seule espèce Th. Bojeri. Il est considéré par les derniers auteurs comme le chef de file d’un des quatre phylums apparentés au genre Scelotes, et qui auraient évolué séparément vers des formes apodes. Celui qui nous intéresse occuperait uniquement la région malgache.

La rencontre de' Th. Bojeri à l’état subfossile n’a rien de sur; prenant. Elle mérite cependant d’être soulignée, car il est toujours intéressant, dans une faune insulaire, de faire le départ entre les espèces autochtones et les formes introduites.

k Conclusions.

La contribution qu’apporte la Paléontologie à l’histoire des Scincidés est donc très décevante, puisque les seuls résultats positifs concernent la faune subactuelle de l’Ile Maurice.

L’absence de tout document tertiaire est très curieuse. Il faut évidemment agir avec grande prudence pour faire état d’un fait négatif en Paléontologie. Cependant il est peu probable que la famille ait été représentée dans l’Eocène et l’Oligocène de l’Amérique du Nord, dont les faunes assez riches ont été scrupuleusement étudiées par Ch.-W. Gilmore. L’existence du groupe est encore plus improbable en Europe, de l’Eocène au Miocène, car des gisements très fich.es en Vertébrés ne contiennent aucun membre de

la famille. Je serai moins affirmatif pour le Plioeène et le Pléistocène où les documents sont fort pauyres et peuvent laisser quel- . que espoir de nouvelles découvertes.

Est-ee-à dire que la famille est d’origine récente ? Certainement non. Les caractères bien tranehés, la richesse en espèces et le cosmopolitisme remarquable des Scincidés indiquent une ancienneté certaine. Mais il me paraît probable que l’histoire de la famille s’est déroulée principalement dans l’Hémisphère Sud, (tandis que par exemple les Anguidés se sont toujours maintenus au Nord). - La répartition géographique aetuelle -parle d’ailleurs dans le mêmç sens en montrant une extraordinaire riehesse en jBeineidés dans les régions africaine, indo-malaise et australienne. C’est dans les faunes tertiaires de ees mêmes régions que devraient être recherchés les Scincidés fossiles.

Il apparaît au contraire que la famille n’a gagné la région paléârtique que réeemment, tout au plus depuis le Pliocène. Eneore ne s’y est-elle introduite que discrètement, sans s’étendre loin vers le Nord.

Laboratoires de Paléontologie et d* Anatomie comparée du Muséum .

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