L'ATTRACTION DIFFÉRENTIELLE DE LA MATIERE ET LA CHALEUR SOLAIRE
Snpplémtat à Sur les Tremblements de terre, par F. de Saintignon
Il ressort de notre théorie que l'attraction différentielle de la matière est la force unique à laquelle il faut rattacher la cause première du mouvement dans les fluides.
Si Ton considère en particulier un élément pris dans la masse d'un fluide, on -constate que ses molécules, ne pouvant être sollicitées de toutes parts par des forces attractives égales, se pressent différemment et se mettent en mouvement. Lorsque la cause d'attraction différentielle persiste dans la direction prise, les molécules en mouvement subissent une pression continue qui leur donne une allure accélérée. Ainsi s'expliquerait le mouvement désordonné des molécules des gaz. On conçoit en effet qu'une molécule ne puisse trouver en elle-même la cause de son propre mouvement et que si elle a traversé rapidement le fluide auquel elle appartient, c'est qu'elle a dû y subir une certaine poussée continue; cette poussée ne peut elle-même s'expliquer que par une différence entre les pressions exercées sur les deux côtés opposés de la molécule. En remontant de l'effet à la cause, on peut, rien que par le mouvement des molécules dans les gaz, démontrer la nécessité de pressions et par suite d'attractions différentielles, et parvenir ainsi par une autre voie à notre principe général d'attraction différentielle.
Un exemple frappant de cette attraction doit exister près des côtes, au bord de la mer. Alors que le pendule lui-même est dévié de la verticale, quel mouvement ne doit-on pas supposer dans l'at-
mosphère ! Les côtes, exerçant en effet une attraction différentielle sur le fluide, y. déterminent un mouvement moléculaire qui part de la mer pour se diriger vers la montagne, c'est-à-dire dans le sens de la croissance des forces. Ce mouvement maximum le jour, à cause de la chaleur qui facilite la séparation des molécules et diminue le frottement, se combine avec celui des astres pour donner le spectacle de la brise, laquelle souffle le soir vers la mer et le matin vers les côtes.
Un astre trouve donc en lui-même la force capable de mettre en mouvement les molécules du fluide qu'il retient à sa surface : c'est la force de l'attraction différentielle.
Mais cette attraction peut être troublée, soit par l'action permanente de la force centrifuge, soit par l'action périodique des astres extérieurs. Dans ce dernier cas on a sur terre le phénomène des marées, dû à l'action semi-diurne du soleil et de la lune.
La chaleur du soleil ne serait donc que le résultat du mouvement incessant et extraordinaire des molécules inégalement sollicitées : i° par le soleil lui-même; a° par les planètes et leurs satellites; 3° par la force centrifuge. La force centrifuge provenant elle-même de l'attraction différentielle des astres extérieurs; on peut dire que la chaleur du soleil est due à F attraction différentielle de la matière.
Le mouvement des molécules, ou la chaleur. d'un astre fluide, augmente comme la masse et par suite comme le cube du rayon de la sphère. D'un autre côté, la chaleur perdue par le rayonnement varie comme la surface de la sphère, c'est-à-dire comme le carré du rayon. La sphère fluide peut donc atteindre des dimensions toiles que la chaleur résultant du mouvement moléculaire compense- la chaleur perdue par le rayonnement.
Cest ce qui a lieu sans doute pour le soleil qui peut trouver dans sa masse de quoi entretenir indéfiniment sa chaleur, laquelle d'ailleurs est accentuée et rendue variable par l'action des planètes.
Nancy, imprimerie Berger-Levrault et O.