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On remarque, dans toutes les expériences exécutées sur le pin maritime, à des températures comprises entre 0 et 15 degrés, que le volume de l'oxygène absorbé est toujours supérieur à celui de l'acide carbonique émis. Cette différence est encore plus sensible lorsque l’on opère sur les agaves ; on voit qu’une feuille d’agave
1. P.-P. Dehérain : Sur l’évaporation de l’eau et la décomposilion de l'acide carbonique par les feuilles des végétaux. Comptes rendus, 1869, t. LXIX, p. 381, et Ann. de chimie et de physique, 1869, t. XX, p. 298.
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americana, qui à 0° ne dégage pas des quantités appréciables d’acide carbonique, fournit à la température de 11°, en 90 heures, 32%, 96 d'acide carbonique et prend 48%, 81 d'oxygène. Mais, chose curieuse, la différence entre les deux volumes de gaz n’est plus la même lorsque la température s'élève. Ainsi à 40°, pour la même feuille d’agave, les quantités d'acide carbonique et d'oxygène sont presque égales. Si nous divisons le volume de l’acide carbonique par celui de l'oxygène, l’expérience n° 8, faite à 11°, nous fournit le rapport 0,66 ; à 40°, ce rapport n’est plus que 0,88. Nous reviendrons plus loin sur ce fait intéressant.
La différence de ces rapports nous a donc amenés à penser que ce sujet méritait de nouvelles recherches, et nous avons entrepris le travail actuel.
Nous avons divisé notre mémoire en deux séries d’expériences. Dans la première, nous avons tenu à vérifier si cette action de la chaleur obscure sur la production de l’acide carbonique par les végétaux maintenus à l'obscurité n’était pas particulière aux feuilles, mais s’étendait également aux autres organes tels que les bourgeons et les rameaux, et si, pour une même température, elle ne dépendait point aussi de la saison.
Dans la seconde partie, la plus importante selon nous, nous avons étudié les variations du rapport de l’acide carbonique émis à l’oxygène absorbé, dans différents organes (feuilles, bourgeons, rameaux, pétales) à des températures différentes.
ACIDE CARBONIQUE ÉMIS PAR LES BOURGEONS ET LES RAMEAUX. Description de l'appareil.
Les rameaux ou les bourgeons mis en expérience ont été placés dans une de ces éprouveltes portant une tubulure inférieure qui sont employées dans les laboratoires pour dessécher les gaz; cette éprouvette était maintenue dans un grand cylindre en verre renfermant de l’eau dont on faisait varier la température au moyen d’un courant de vapeur à 100°. La tubulure inférieure communiquait par un tuberecourbé à angle droit avec une éprouvette remplie depierre ponce imbibée d’acide sulfurique bouilli'. À la suite de cette
1. 11 faut avoir soin, lorsqu'on se sert d’une semblable éprouvette à dessécher, que
les bouchons de liège ne soient pas touchés par l’acide sulfurique. Dans ce dernier cas, le liège se carbonise, et, même à la température ordinaire, le charbon produit ré-
éprouvette se trouvait un tube à boules contenant une solution de potasse caustique, puis deux tubes en U remplis 1 un de DOS concassée en petits fragments, l’autre de pierre ponce imbibée d’acide sulfurique.
La conduite des expériences était d’une grande simplicité. Prenons pour exemple l’expérience n° 30 du tableau IT.
Nous avons commencé par emplir d’eau à 22° le manchon contenant l’éprouvette qui devait renfermer les rameaux, afin d’avoir, pendant toute la durée del’expérience, une température à peu près constante.
Nous avons placé ensuite dans l'appareil un rameau de marronnier portant deux bourgeons terminaux dont le poids total était de 21 grammes. Et pour que l'obscurité fût bien complète, nous avons enveloppé le manchon d’un morceau de serge noire d’une double épaisseur. À la partie supérieure étaient ménagées trois petites ouvertures pour laisser passer les deux tubes de l’éprouvette et la tige d’un thermomètre. De la vapeur amenée d’un ballon voisin rendait à l'appareil la chaleur qu’il perdait par rayonnement, et, de temps en temps on mélangeait par le barbottement d’un courant d’air les différentes couches d’eau, de facon à avoir dans tout le manchon une température bien uniforme.
On faisait traverser l'appareil par un courant d’air dépouillé d’acide carbonique, puis, lorsqu'on jugeait que l’éprouvette ne contenait plus traces de gaz acide carbonique, on fermait au moyen de deux pinces de Mobhr les tubes en caoutchouc qui se trouvaient aux extrémités de l’éprouvette contenant les rameaux.
On pesait le tube à boules contenant la solution de potasse et les deux tubes en U et on les plaçait à la suite de l’éprouvette :
Poids des tubes avant l'expérience :
MuDé A DOUTE ere ee ES 57.634 Tube DOrASSe Le tete ete ee TU 69.577 Tube à acide sulfurique... .... OA ADR On 76.375
Nous notions l'heure et la température ; l'expérience commençait. Lorsqu'elle était terminée, on ouvrait les pinces de Mohr et
duit l’acide sulfurique et donne de petites quantités d’acide sulfureux, On sait quelle action délétère ce gaz exerce sur la vie végétale. Même avec des bouchons de caouthouc cet inconvénient peut se produire au bout d’un certain temps.