Sur plusieurs Acanthacées à fleurs involucrées
la province de Oaxaca, à une altitude de 1000 mètres ; il indique les fleurs comme blanchâtres.
M. H. Bâillon. — La 'préfloraison de la corolle des Dichondrées. — Ce caractère, auquel on attache de l’importance chez les Convolvulacées, est décrit d’une façon variable et ne se constate pas facilement sur les plantes sèches. On dit la corolleplicata v. induplicata. Dansle Falkia repensées pièces sont unies dans les deux tiers au moins de leur hauteur ; elles sont valvaires-rédupliquées. Bans les Dichondra, les lobes plus profonds sont généralement valvaires et légèrement indupliqués. Mais souvent aussi ils se recouvrent dans une étroite étendue et deviennent soit faiblement imbriqués, soit légèrement tordus.
M. H. Bâillon. — Sur plusieurs Acanthacées à fleurs involucrées. — Le genre que nous nommons Zygoruellia semble appartenir par ses fleurs aux Thunbergiées et rappelle beaucoup le genre Pseudocalyx, mais peut-être par ses graines se rangera-t-il parmi les Ruelliées. Tout ce que nous savons, c’est que les deux ovules de chacune de ses loges sont ascendants et s’attachent presque par le milieu de leur bord intérieur. Quant à la fleur, elle est enfermée dans un sac d’abord clos que forment deux bractéoles valvaires Ces bractéoles sont losangiques, un peu insymétriques, unies par leur bord dans leur portion inférieure. Le pied de la fleur est un peu épais ; il porte un calice gamosépale, imbriqué, è cinq divisions lancéolées, chargées de poils capités. La corolle est irrégulière, finalement gibbeuse et subbilabiée, jaune peut-être, parcourue par des nervures d’un pourpre violacé. Ses cinq lobes sont tordus, et elle porte un androcée didyname, dont les quatre anthères, peu inégales, ont des loges introrses, nautiques., divergentes inférieurement. L’ovaire, entouré d’un disque cupuliforme, est surmonté d’un style arqué et capité. Chacune des deux loges ovariennes contient deux ovules presque collatéraux et ascendants. C’est Richard qui a trouvé cette plante dans les bois, à la Baie de Rigny (n. 238). Elle est glabre, dichotome, à feuilles opposées, ovales-aiguës, acu-
rainées, presque sessiles. L’inflorescence, terminant un rameau entre deux feuilles qui la cachent d’abord à peu près complètement, est une fausse-ombelle dont l’axe commun, court et assez épais, porte plusieurs (6-8) bractées décussées; et dans l’aisselle de celles-ci il y a quelques fleurs en cymes, superposées, les deux bractéoles involucrales occupant le sommet d’un pédicelle grêle et plus court que les feuilles. Nous donnons à l’espèce le nom de Z. Richardi.
UÆtheilema rupestris Ness est pour nous le type d’un genre voisin du précédent et que nous nommerons Theileamea. C’est, comme l’on sait, une plante très polymorphe, abondante dans nos herbiers. Elle a été récoltée à Madagascar, sous ses diverses formes, par Richard (n. 183), Bernier (n. 103,2 e env.), Pervillé (n. 316, 781), Hildebrandt(n,3377). La plupart l’ont trouvée à Nosibé, sous les grands arbres, dans les terrains humides, ou dans d’autres localités du N.-O. de Madagascar. Les indigènes la nomment Tsipotec-hala. Les fleurs sont aussi disposées en une sorte d’ombelle terminale, dont les rayons, assez longs, sont aplatis. En haut, ils portent deux bractées membraneuses, orbiculaires, cordées à la base, et en écartant ces deux bractées, on peut trouver entre elles une fleur solitaire, d’abord complètement cachée. Mais souvent aussi, il y a dans l’aisselle des bractées orbiculaires, un axe secondaire qui se termine par une fleur, soit fertile, soit arrêtée en voie de développement. D’autres fleurs peuvent naître encore sur le côté des pédicelles secondaires, et dans ce cas, les deux bractées enveloppent une cyme plus ou moins compliquée. Le calice est gamosépale, à cinq lobes lancéolés. La corolle est campanulée, tordue, le bord droit des lobes recouvrant; mais vers l’âge adulte, elle est à deux lèvres, la supérieure bilobée. Les étamines sont légèrement didynames, et leurs anthères ont deux loges aigües et divergentes en bas. L’ovaire est accompagné d’un disque cupuliforme; il est construit comme celui du Zygoruellia, et le style capité s’enroule dans le bouton, de telle façon que la convexité de sa courbure regarde le dos de la fleur. Le fruit est une capsule large et courte, stipitée, déhiscente comme celle des Acanthacées en général, et les graines
sont orbiculaires, bordées. L’embryon est charnu, à radicule courte et inférieure. Ses cotylédons sont orbiculaires, aplatis, minces, sans trace d’albumen. La graine est supportée par un rétinacle arqué et aigu. Malgré ses ressemblances florales avec les Thunbergia, la plante doit donc se placer dans la série des Ruelliées, et c’est un lien de plus entre cette dernière et celle des Thunbergiées qui pourrait paraître d’abord si nettement délimitée. Ajoutons à cela que l’axe florifère, audessus des grandes bractées orbiculaires dont l’aisselle peut porter des fleurs, se prolonge assez souvent un peu et porte là deux petites bractées alternes avec les grandes et dont l’aisselle peut elle-même devenir fertile. On rencontre donc dans les inflorescences divers degrés de complication, lesquels se retrouvent aussi dans un des types suivants,dont on peut dire qu’il relie également les Justiciées aux Thunbergiées.
Notre genre Stylarthropus, de la série des Ruelliées et voisin, croyons-nous, des Whitfieldia, est encore un de ceux dont chaque fleur est entourée de deux bractées qui enveloppent totalement le jeune bouton. Mais ces bractées sont membraneuses, un peu colorées comme le calice qui est tout à fait pétaloïde, imbriqué ; et elles cessent d’assez bonne heure de pouvoir contenir la corolle qui se dégage, tubuleusesubinfundibuliforme, plus colorée que le calice et striée longitudinalement de pourpre foncé. Son limbe est presque régulier, tordu, et les quatre étamines incluses qu’elle porte ont des anthères à deux loges égales, parallèles, indépendantes et mutiques. Il arrive ça et là qu’une de ces deux loges avorte. L’ovaire est entouré d’un disque cupuliforme, et surmonté d’un style grêle dont la base et le sommet offrent des particularités remarquables. Au sommet tronqué se trouvent deux petits lobes stigmatifères qui sont des prolongements des cloisons, comme dans un si grand nombre d’Ericacées, et qui sont entourés par le rebord circulaire de l’orifice du style tubuleux. A la base de celui-ci se trouve une articulation qui répond au sommet de l’ovaire, et d’un côté de cette articulation le style se dilate au-dessus d’elle en un talon ou éperon plus ou moins proéminent. Ce sont des plantes frutescentes, glabres, hautes de quelques mètres, des bois du Congo; à
feuilles lancéolées, courtement pétiolées ; les nervures secondaires peu nombreuses, distantes et arquées. Les fleurs, disposées en grappes de cymes assez lâches, occupent le sommet des rameaux et l’aisselle des feuilles supérieures. La plus belle espèce est le 5. Brazzei, trouvé par M. J. de Brazza (n. 165) dans les bois d’Osika. Ses feuilles, acuminées aux deux extrémités, atteignent sous les inflorescences plus de deux décimètres de longueur.Les deux autres ont été récoltées par M. Thollon. Le 5. Tholloni(n. 210), des environs de Brazzaville, a les feuilles plus courtement acuminées et les inflorescences plus denses, avec les corolles plus larges relativement à leur longueur et très fortement striées de pourpre. Le S . termiflora (n. 209), des mêmes localités, a les stries de la corolle très ténues. Son tube est plus grêle, et ses feuilles sont longuement atténuées à la base. Toutes ces plantes ont deux ovules ascendants dans chaque loge, un pied atténué sous l’ovaire, et plus bas un disque circulaire plus ou moins proéminent.
Nous connaissons quelques points de l’organisation du Perillema cuspidatum, grâce aux renseignements donnés par M. Bureau à Bentham; mais il y a bien d’autres faits à noter sur cette plante des plus intéressantes. Les deux ovules de chaque loge ovariennes sont fortement comprimés et ascendants. Le style est très dilaté à son sommet. Un gros disque circulaire entoure la base du gynécée. L’andocée se compose d’un staminode subulé et de quatre étamines fertiles à anthère biloculaire etintrorse. Des cinq lobes de la corolle, deux sont latéraux et extérieurs dans la préfloraison. Le lobe postérieur est double, plus ou moins échancré, et il recouvre l’antérieur dans le bouton. Le calice gamosépale a cinq divisions imbriquées et pubescentes. Il est lui-même enveloppé d’un involucremembraneux à quatre dents aiguës ; et en dehors de cette involucre, le pédoncule de l’inflorescence porte deux bractées latérales. Or le pédoncule se termine par tout le groupe que nous venons de décrire ci-dessus ; et, de plus, un peu plus bas, il porte deux jeunes groupes latéraux semblables k celui qui est terminal. L’inflorescence totale est donc bien plus compliquée qu’on ne l’avait cru jusqu’ici, et elle rappelle beaucoup, par conséquent, celle du Theileamea.
M. H. Bâillon. — Sur le Pambotano. — Le médicament de ce nom, à l’ordre du jour en thérapeutique, est le Calliandra Houstonï Benth., Mimosée du Mexique. Elle a été récoltée dans ce pays par Hahn, Bourgeau, etc., à la Vera- Cruz, à Jalapa, à Orizaba, etc. Ph. Miller, jardinier à Chelsea de la compagnie des apothicaires de Londres, l’a bien figurée dès la fin du siècle dernier. Lhéritier l’a vue cultivée à Kew où elle fleurissait ; et comme, au commencement de ce siècle, elle prospérait en pleine terre à Valence en Espagne, elle pourra, si son utilité est démontrée, être élevée à l’air libre dans la région méditerranéenne et notamment en Algérie. Elle est souvent confondue avec le C. grandiflora, du même pays, qui est vraisemblablement plus commun, qui n’en est peut-être qu’une variété et qui, ayant toutes ses parties gorgées de tannin, sera, comme le C. Houstonï, un puissant astringent. Le C. grandiflora est YInga sericea de Martens et Galeotti (in Bull. Ac. roy. Brux ., X, n. 9), c’est-à-dire 17. anomala II. B. K. Ses folioles, plus nombreuses celles du C. Houstonï, sont plus petites, plus obstuses et sans mucron arqué au sommet.
M. H. Bâillon. — Les quatre divisions stylaires du Cleonia. — L’existence de ces quatre divisions pourrait faire croire à une constitution tétramère du gynécée. Cependant celui-ci n’est formé que de deux carpelles, antérieur et postérieur, comme dans les autres Labiées. Chaque carpelle se partage en deux demi-loges. Le style jeune n’a que deux branches, à peu près égales et répondant aux carpelles. Ce n’est que lard qu’il se produit de chaque côté un petit lobe complémentaire dans le sinus de séparation des deux branches primordiales. Les quatre divisions stylaires sont donc alternes avec les logettes de l’ovaire qui sont situées deux en arrière et deux en avant. Ces deux dernièies ne se touchent pas en avant et sont là séparées par une saillie de la base du style.
Le Secrétaire :
Mdssat.
Imprimerie Paul Bqusrez, Tours. — Spécialité de publications périodiques.