ACADÉMIE DES SCIENCES
Colonne
verticale
explorée
si allons.
en mètres.
par le filet.
Espèces caj)tiu'Ces.
Oplophorus Grimaldii n. sp.
Acanlhephyra purpureri A. M .-Edwards.
Ilymenodora parra n. sp.
Cariryphus acutus n. >p.
Periclunenes sp.
Ilymenodora parva n. sp.
Coricyphus ingibbosus n. >p.
Acanlhephyra purparca A. M. -Edwards.
Acanth* {Systellaspis) debilis A. Al.-Ed\Aards
Jusqu’à présent, les Accuilhephyra, les Opiophorus. les Uymenodorciy les Pandalus, avaient été capturés à Taicle de nasses ou de clialuts, par des profondeurs pouvant dépasser 5 ooo*", mais toujours sur le fond. Le nouvel engin, en recueillant ces espèces à 2000"* au moins au-dessus de fonds semblables, établit de la façon la plus saisissante Ténorme distribution verticale que possèdent ces Crustacés. On voit aussi, par la présence simultanée, dans les ca()tures, de ces espèces et (ranimanx de surface tels que les Oodepus et les Caricyphiis, que le fdet à grande ouverUire remplit parfaitement le but cherché.
Les résultats obtenus sont aussi des plus remarquables au point de vue des espèces nouvelles recueillies.
Hymenodora parva n. sj). est re|)résentée par deux exemplaires un peu différents, de petite taille, rappelant d’assez prés l’es[)èce dn Challenger IL rostrata Sp.Bate, mais s’en éloignant par la deriliculation plus serrée du rostre, le troisième pléosomite gibbeux etnn peu épineux en arrière.
\J Oplophorus Griinaldii n, sp. est un magnifique Crustacé, facile à distinguer des autres espèces du genre par la forme du scaphocérite dont la pointe porte un prolongement interne récurrent. On ne trouve d’antre exemple de cette disposition que chez un Lopliogastridé, Ceralolepis hamata G. -O. Sars, et l’on peut remarcpier aussi que les épines du bord externe (lu scaphocérite, chez les ne se retrouvent également que
dans cette famille de Scliizopodes (à part les Thalassocaris (pii sont très probablement des larves d’Oplophorcs). De meme (jue les Acanthephyra , les Oplopliores portent des organes lumineux à la base des uropodes, des pléopodes, sur les pédoncules oculaires et, en plus, sur divers |)oints de la caraj^ace et des membres; le plus étendu de ces organes, en forme de bande transversale, occupe la base de la cinquième paire de pattes tbora-
SÉANCE DU 17 AVRIL 1905. Ul 5
ciques. Les Hyrnenodora parva paraissent également porter de ces organes lumineux, au moins sur les ophtalmopodes.
Le Pàndale de nouvelle espèce est remarquable par son rostre démesuré (trois fois le céphalothorax), très grêle et épineux, par le troisième pléosomite pourvu d’une épine médiane très étroite et par les pattes thoraciques relativement courtes. Celles de la première paire ne portent pas trace de pince didactyle. Cette dernière disposition étant de beaucoup la plus générale chez les Pandalidés, comme Caullerv et, depuis. Caïman, Borradaile Pont fait remarquer, il me paraît nécessaire de réunir dans le sous-genre Stylopandahis les espèces tient la première paire se termine par une épine axiale.
C’est sur le Pandalus (^Slylopandalus) Richardi que j’ai constaté pour la première fois les phnnères en formes d'écailles caractéristiques de tous les Pandalidés (sauf peut-être de Pandaüna brevirostris Rathke, parmi les espèces que j’ai pu étudier). Depuis, j’ai retrouvé les mêmes phanères chez les Acanlhcphyra purpureuktl piilchra, ce qui augmente encore l’intérêt que présente ce singulier revêtement.
Le genre Caricyphus Sp. Bâte a été fondé pour quelques formes, visiblement immatures, et du plus haut intérêt. D’après la formule branchiale et les apjîendices buccaux, il s’agit d’Hippolytidés voisins des genres Hippolyte^ Tozeurna, Caridion, dont le carpe de la deuxième paire est pauciarticulé. Ces Crevettes sont remarquables par la persistance, non seulement des exopodites t]ioraci(|ues, mais de plusieurs autres caractères primitifs, dont le plus singulier est la division en deux articles très distincts de l’endopodite sur les maxilles de la première paire, comme chez les Pénéides. Peut-être la forme définili\ e des organes se dessine-l-elle brusquement en quelques mues, après une existence embryonnaire très longue (Car. bigibbosus a ])lus de 3o*“”^ du rostre au lelsoii, taille que n’atteignent pas beaucoup d’adultes dans les genres comparables); peut-être s’agit-il aussi d’IIippolytidés devenant adultes sans perdre ces curieux caractères primitifs, parallèlement à leurs congénères qui suivent le mode ordinaire, beaucoup plus abrégé, de développement.
l^e genre Oodepus Sp. Bâte, fondé aussi sur des formes larvaires, me paraît bien se rapporter, comme l’a dit Salv. Lo Bianco, à des larves de Thalassinidés, et ne peut plus être conservé parmi les Eucyphotes.