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L'article proximal du pédoncule autennidaire (portion visible) n’a guère (pie la moilié de la longueur des oplitalmopodes. L’article médian, de longueur variable avec l’âge des spécimens, est égal au précédeul chez les adultes, ou même légèrement plus long. L’article distal a chez les adultes un tiers environ de la longueur du médian.
Le scaphocérite atteint légèrement plus loin que la moilié de l'article an lennulaire médian. Le pédoncule anlennaire ne dépasse que très légèrement celui des antennules.
Les maxillipèdes externes, comme chez A. dolichognatha.
Je rapporte au d de cette espèce nue grande pince détachée ayant appartenu à un spécimen de petite taille. Longueur totale, 5 millimètres; longueur de la paume, 9 millim. 25 ; largeur maxima, 2 millimètres. Les doigts joignent exactement, comme chez A. dolichognatha, mais le carpe est fortement élargi eu avant et son bord distal est trilobé. Les bords inférieurs n’offrent aucune saillie. Le méropodite, fortement renflé, est environ deux fois aussi long que le carpe, et ses bords ne continuent pas ceux de l’iscliiopodite , renflé l\ son extrémité distale.
Petite piuce comme chez A. dolichognatha .
Sur la 2 e paire, les segments du carpe 3 el 5 sont égaux, le segment 4 un peu plus petit.
11 n’y a aucune différence sensible entre le c? et la 9 en ce qui regarde la forme du bord frontal et des pédoncules anlennaires el antenuulaires. Le front anteunulaire externe a seulement, chez les adultes, i 3 articles à la hampe au lieu de 12 , comme chez , 1 . dolichognatha.
La principale différence sexuelle porte sur la grande piuce de la i rc paire, elle est tout à fait comparable à celle que l’on remarque dans l’espèce précédente. Mais la grande pince est plus coiu te et plus renflée chez A. Gavdincri, comme le montrent les mesures suivantes :
SP. N° 1. SP. Pi° 2 .
milfimclres. imllimiHres.
Longueur totale 5.7 4.5
Longueur de la paume * . . . . h . o 3.25
Largeur maxima de la pince 3.35 2.6
Le rapport de la longueur à la largeur est toujours plus petit que 2, alors qu’il atteint 2.9 chez A. dolichognatha.
Le carpe est court, trilobé', très élargi dislalement, avec une forte pointe triangulaire sur son bord inférieur (du côté de la pointe du doigt mobile). Le méropodite est court el fortement renflé eu sou milieu, le rapport de sa longueur et de sa largeur étant de 1.08 à 1 .5 ( 1 .6 à 2 chez 1 . dolichognalha). L’ischiopodite est fortement renflé disbdement, alors qu’il continue directement le méropodite chez A. dolichognatha.
Minikoi Atoll: h sp. 9 mutilés, avec des œufs, 2 grandes pinces détachées; 1 sp. d (?) mutilé.
Madliu Vahri Atoll : sji. d , \ jeune cl i adulte mutile; sp. 9 sans
leur grande pince.
Goulu Atoll : i sp. 9 sans sa grande pince.
Hulule Atoll: i pince détachée de c? (?).
Ces spécimens font partie d'une collection très étendue de Crustacés, recueillie aux Maldives par MM. J. Stanley Gardiner et lîorradaile. qui ont bien voulu me conlier l'élude des Alphcidœ,
Je rapporte également à celle espèce un exemplaire mutilé provenant de Kingsmill Islam! (collections de PU. S. National Muséum) que j’ai eu entre les mains. Le dessin que j'en ai gardé se rapporte 1res bien a A.Gardineri quant la forme du bord frontal et des antennes. Toutes les pattes manquaient.
Les collections du Muséum renferment aussi trois exemplaires >o rapportant à cette espèce, et que j’avais jusque-là hésité à séparer de A. dolichoffnatha . Deux d'entre eux proviennent de Mascale (MM. Maindron): j'ai rapporté le troisième de Djibouti.
L’un des exemplaires de Mascatc, très adulte, porte sur le coté droit un volumineux Dopyrien. Le fouet anleimulnire avec la articles a la hampe, les sympodites îles plénpodes très élargis dislaleinenl , contigus sur la ligne médiane, indiquent qu'il s’agit d'un d\ l’examen des glandes génitales et de leurs conduits vecteurs confirme absolument ce fait. Or, la grande pince, par sa forme cl ses dimensions, est absolument celle de J. Gtmliwvi 9, y compris les caractères du carpe et du méropudite. La saillie triangulaire du carpe, à l'un de scs bords inférieurs, est seulement un peu moins accentuée que chez les spécimens typiques.
('elle remarquable anomalie est sans doute un fait de castration parasitaire, bien que celle-ci n'amène pas d'ordinaire de modifications aussi profondes. Il faut on rapprocher la présence, sur les pléopodes, des soies destinées à la fixation des <eufs. Ces soies, disposées en doux groupes, très longues chez la 9. ne sont jamais absentes totalement chez le d\ mais elles présentent dans le spécimen d en question une longueur plus grande (pie de coutume et sensiblement intermédiaire entre les deux étals extrêmes de leur développement.
Le deuxième spécimen provenant de Mascate est un antre d très adulte, pourvu de sa grande pince. Le bord frontal c*( mutilé. Les pédoncules antennulaires sont très semblables à ceux de A. dolichogmtlia . surtout par la longueur de l’article médian, presque quatre fois aussi long que l'article distal. Mais les caractères du scaphorérite et du pédoncule anlennaire sont ceux de A. Gat'dineri .
La grande pince de la i r * paire dillere nettement de A.doliclinfpiatha. Par la longueur des doigts, l'épaisseur do carpe et du méropodite, elle est tout à fait semblable a relie décrite antérieurement { Hulule Vtoll). Mlle offre de plus une légère saillie sur l’un des bords inférieurs du carpe, tout à fait absente riiez .1. dolichojpnitlui.
L’exemplaire que j’ai recueilli à Djibouti est une jeune 9 portant des œufs. 11 présente une anomalie en ce que sur la grande pince, qui est présente, les doigts joignent exactement et sont allougés comme chez le c?. Comme la saillie du bord inférieur du carpe et le renflement distal de Fiscliiopodite sont egalement peu marqués, il est vraisemblable que la véritable forme de la pince se serait dessinée à travers les mues suivantes du spécimen, et qu’il s’agit d’un retard dans la croissance provoqué par les premières pontes.
A. Gardineri , recueillie à Mascate et à Djibouti en compagnie de A. dolichognatha , est jusqu’ici seule présente aux Maldives. Elle parait aussi avoir une distribution plus étendue (Kingsmill Island), mais la faune des atolls et des récifs du Pacifique n’a pas été recueillie assez complètement pour que l’on puisse fixer les limites d’extension de ces deux espèces, alors que le genre se rencontre dans la zone intertropicale tout entière.
A. Talismani n. sp.
Le céphalothorax est très comprimé. L’échancrure du bord frontal présente un véritable lobe médian triangulaire, dont la pointe obtuse atteinl presque le niveau des bords de l’échancrure. Les ophlalmopodes sont, par suite, plus complètement abrités; ils n’égalent plus en longueur que la moitié de l’article antennidaire basal (portion visible). L’article médian est égal au précédent, ou légèrement plus court, et à deux fois l’article distal.
Le pédoncule antennairc est au plus égal à celui des anlennules: le scaphocérite dépasse un peu le tiers proximal de l’article médian.
Les maxillipèdes externes, comme chez A. dolichognatha.
Sur la 2 ° paire, les segments du carpe 3, 4,5 (exlr. distale) sont sensiblement égaux. Le segment î égale une fois et demie chacun d'eux: le segment 2 , deux fois environ.
Le lelson est plus élargi à son extrémité que chez A . dolichognatha , les épines internes de son bord postérieur ont disparu sur les spécimens.
Sur l’un d’eux, la petite pince est présente. Elle est peu caractéristique et rappelle celle des espèces précédentes.
Je ne connais la grande pince que par un appendice, isolé qui accompagne le meme spécimen eL lui appartient probablement. Elle est assez semblable à celle de 4. dolichognatha <3 , mais les doigts sont dentés et légèrement béants; la paume est aussi plus courte et l’insertion du carpe se fait vers le milieu delà hauteur de la pince, au lieu de son tiers supérieur, comme dans l’espèce citée. Le carpe est court, beaucoup plus élargi distalemenl que chez les 9 et à fortiori chez les c? de A. dolichognatha. ■
Le méropodite est as£ez fortement renflé en son milieu: sa longueur égale un peu plus de deux fois sa largeur maxima. L’iscliiopodite est légèrement élargi à son extrémité distale.
K\p. fl 11 Talisman, dragage io4. Puerlo-Grande (Açores). profondeur, •10 mètres; (collection du Muséum de Paris).
9 sj ). 9, mutilés.
A. rugosa n. sp.
L’espèce est très \oisinc de 1. Evirmauin Fia ( Iilum ^ dont les types m’ont été très obligeamment communiqués. Comme dans cette espèce, le bord frontal est large, faiblement écb ancré, et présente sur la ligne médiane une très légère saillie triangulaire.
L’article anlennulaire médian, chez les 9 des deux espèces, présente, près de son extrémité distale, du côté interne, un bouquet de 4-5 soies très longues et fortes, qui manquent chez les cf. Les pédoncules anlennaires sont pins courts chez J. rugosa; ils ne dépassent pas en longueur ceux des an Icn nules.
La grande pince «le la t rc paire est surtout caractéristique de la nouvelle espèce. Les trois spécimens mutilés qui le représentent sont probablement tous des 9, mais le fait n'csl certain que pour deux d'entre eux: les deux grandes pinces détachées qui les accompagnent leur appartiennent probablement.
Ces appendices sont assez semblables à ceux que M. Halhhun attribue aux d d’d. Evevmanni , cl (pii, en réalité, sont vraisemblablement ceux des 9 de celle cspèce (l) . Mais, chez 1. vu g osa , la grande pince est plus courte et plus trapue, la paume étant sensiblement carrée :
Longueur totale de la pince 4 m, "5
longueur de la pamne ü 5
Largeur maxima *j 5
La pince est aussi plus ornée; les deux bonis inférieur et supérieur sont fortement rugueux el , sur la face externe, près du boni inférieur, on remarque un groupe de 5-4 bourrelets obliques, faisant une forte saillie. Le doigt mobile es! courbé en quart de cercle el un large intervalle le sépare du doigt fixe. Chacun ne porte qu’une forte fient à la base et uni* autre un peu a\anl la pointe. Le doigt mobile porte, en son milieu, un curieux pinceau de longues soies llexildes.
Le carpe est court, très élargi dislalement, avec nue conslriction transversale el une forte protubérance inféro-in terne. La petite pince, présente sur Fun îles spécimens (une 9), est plus massixe que chez A.tlolicliognatlta et J. (i ard incri.
La 9 r paire cl le tcL^Hi , comme chez /I . Erermamii. Le lelson, toutefois, ne présente pas la longue soif» médiane el dorsale de cette dernière espèce.
Albatros, Sla. ^yijij, 8* h f \ i latitude .N fini, 7 fl*og longitude 0. (baie fit*
W Los m Tarières sexuels sont, riiez l«*< lu/oum/o, d'appréciation souvent très délicate, .b» l«’s examinerai , principalement chez I. f/o/iWio/pmf/w . flans mie révision ilu genre que je compte publier i n cessai n me ni , avec îles fi j pires nombreuses.
Panama); 3o brasses, fond de boue verte, chalut. Trois spécimens dont deux 9 , mutilés.
(A. Evermanni a été recueillie à Porto-Rico.)
Examen ciîitique de quelques especes d'Holothubides abyssales . par M. Réjiy Perrier ,
CHARGÉ DE COURS A LA FACULTE DES SCIENCES DE l’ÜNIYERSITÉ DE PARIS,
La délimitation des espèces, qui constitue, toujours un travail très délicat, présente des difficultés particulières quand on îfa à sa disposition qu’un petit nombre d’individus ou meme un seul. On est alors, en effet, exposé à confondre de simples différences individuelles avec des variations plus constantes et plus importantes qui nécessiteraient l’établissement de coupures spécifiques. C’est un cas qui se présente avec une fréquence toute particulière dans les études sur la faune abyssale. Fieaucoup d’espèces de grands fonds, basées sur un seul individu, parfois mal conservé, ne peuvent être considérées que comme provisoires, et plusieurs sont probablement appelées à disparaître au fur et à mesure qu’un plus grand nombre d’individus pourra être étudié. C’est un pareil travail de simplification qui est le but de la présente note.
ï. Dans le volume XIV des Challenger s Reports, Théel a établi, sur un individu provenant de la cote américaine du Pacifique, une espèce qu’il a appelée Ankijroderma Danielsscni. Cette espèce a été revue par Ludwig, et sa description complétée par l’examen de plusieurs individus provenant des mêmes régions (Mcm. of Mus. of Compar. Zoology, t. XVII). Kœbler a rapporté è la même espèce deux individus dragués dans l’Atlantique, et moimême ai étudie, dans la collection du Talisman, plusieurs exemplaires qui m’ont paru identiques à celui de Théel.
D’autre part, Ludwig, il y a quelques années ( Zciisehr. f. wissent sch. zooL, vol. LI), a attiré l’attention sur une espèce autrefois décrite par Risso sous le nom de Molpadia musculus; celte espèce était assez mal connue, et Théel ne 1 indique qu’avec doute dans son énumération , fort complète, des Holothuries connues lors delà publication de son mémoire; Ludwig a redonné une description précise de l’espèce: il a montré qu’elle devait se rattacher au genre. Ankijroderma et porter le nom d 'Ank. musculus. Il a, en outre, cru pouvoir admettre que deux espèces précédemment décrites par Petit, Ank. Perrieri et Ank. hispamcum, se rattachaient à cette espèce. J’avais, de mon côté, étudié ccs deux derniers types et les avais rattachés, sans connaître le travail de Ludwig, à Ank. Danielsscni. Celte divergence n’a aucune importance, car je crois pouvoir montrer aujourd’hui que Ank. mus eulus et Ank. Danielsscni ne sont qu’une seule et même espèce.
Si, en effet, on compare les descriptions que Ludwig lui-même a données