‹ Sur Quelques Médications Nouvelles Dans Le Traitement De La Tuberculose PulmonaireChapitre 9 sur 18 · MONS · texte numérisé non relu

MONS

- OBSERVATION IV (résumée)

(Hôpital de Saint-Genis-Laval, service de M. le Docteur PIÉRY)

P.. Glaudius; 21 ans.

Entré le 17 juillet 1919.

Sorti le 15 mai 1920.

Bacillose pulmonaire fibro-caséeuse. Poussée évolutive caséeuse du sommet droit.

Entre le 17 juillet 1919, venant de Marseille, où il à déjà été hospitalisé la même année pour « bronchite chronique avec induration du sommet droit ».

A l'entrée : Se plaint de points douloureux dans l'hémithorax droit. Toux fréquente. Expectoration minime. A perdu 9 kil. en trois semaines.

Au sommet droit, submatité. Vibrations augmentées. Râles crépitants en avant. Foyer de traquements et râles humides en arrière.

Le 9 août 1919 : Au niveau de la région scissurale, toux spéloncique avec craquements et petits gargouillements.

Le 30 août : Râles un peu plus sees au sommet droit. Expectoration muco-purulente assez abondante. Sueurs nocturnes. Température oscillant entre 37° et 88°:

Le 20 septembre : On commence une série de dix injections

intraveineuses de 5 centimètres cubes de solution de manga-

nate calcico-potassique. Légère élévation de la température, qui a dépassé 38° de temps à autre.

Du 20 au 30 septembre, le malade a gagné 700 gr. et dit reprendre de l'appétit. Expectoration non modifiée. A l'auscultation, mêmes signes, mais plus secs.

Le 16 octobre : Au sommet droit, les signes d’auscultation ont notablement diminué. On ne perçoit plus de bruits cavitaires au niveau de la scissure. Persistance de quelques sous-crépitants secs en avant comme en arrière.

Expectoration muco-purulente diminuée de quantité, Température ne dépassant pas 37°5.

Le 13 novembre 1919 : L'amélioration continue. Le malade

a gagné 3 kilos en un mois. Mèmes signes d'’auscultation, mais râles et craquements sont moins nombreux et plus secs. Toutefois la toux est toujours spéloncique au niveau de la région scissurale.

Le 14 mai 1920 : Depuis mars, la température est élevée et à grandes oscillations (entre 37° et 39°). Douleurs abdominales, avec diarrhée.

Poumon droit : Signes spélonciques -en partie masqués par une pluie de râles sous-crépitants et sibilants disséminés dans toute l'étendue du poumon. "MO à

Poumon gauche : Toux un peu éclatante au sommet avec ràles sibilants.

Dyspnée. Tachycardie. Pouls : 160.

Le 15 mai 1920 : Dans la nuit, hémoptysie abondante. Mort.

OBSERVATION V (résumée) (Hôpital de Saint-Genis-Laval, service de M. le Docteur PrÉRY) B... Jean, 22 ans.

Entré le 1% novembre 1920.

Ancienne pleurésie séro-fibrineuse de la base droite. Persistance d'un petit épanchement ou de pachypleurite avec congestion pulmonaire subjacente. Bruits pseudo-cavitaires dans la région scissurale droite.

Grippe en 1918. Traité en mars, puis en mai 1920 pour bronchite. Le 4 juillet est hospitalisé pour pleurésie gauche. Au cours de sa convalescence, est réhospitalisé pour pleurésie droite, le 13 octobre 1920.

Entre à l'Hôpital de St-Genis-Laval le 1* novembre 1920. Paraît assez bien constitué, bien qu'ayant maigri de 10 kilos depuis mars. Dyspnée. Points de côté. Sueurs nocturnes.

Poumon droit : En arrière, au sommet, légère submatité. A ia base, matité absolue avec résistance au doigt. Les vibrations y sont abolies. À lauscullation, au sommet, inspiration rude et expiration soufflante. Quelques râles inspiratoires, Au niveau de la scissure, près de son origine, petit foyer de râles souscrépitants. À ja base, obscurité respiratoire. |

Poumon gauche : Au sommet, submatité plus prononcée qu'à äroite. À la base, matité avec résistance au doigt remontant jusqu'au tiers supérieur.

A lauscultation, au sommet, l'expiration est prolongée, Après la toux, on trouve des sous-crépitants avec quelques craquements discrets. A l'extrême base, obseurité respiratoire, Dans la moitié du poumon, quelques sous-crépitants.

Expectoration peu abondante; crachats visqueux, adhérents avec quelques filets de sang.

Le 20 novembre : La fempérature est à 38° depuis l'entrée et même depuis quelques jours atteint 38°2 et 3895.

Au niveau de la région scissurale droite, respiration soufflante de timbre parfois cavitaire avec toux éclatante et quelques râles éclatants de timbre cavitaire également.

Le 6 décembre : Le malade a eu quatre injections de 5 centimètres cubes de solution de manganate calcico-potassique qu’on a dû suspendre par suite de douleurs au niveau du point d’injections. La température, qui était à 38°2, 38°5, est montée à 39°, 39°2 en coïncidence avec les injections. La cessation de ces dernières ne paraît pas avoir fait cesser cette ascension. Le poids, qui était à 64 kil. 100 le 20 novembre, atteint 64 kil. ie 1° décembre.

Poumon droit : Dans la région scissurale et, juxtavertébrale, il persiste toujours une respiration un peu soufflante avec râles éclatants. A la base, obscurité respiratoire, mais avec conservation des vibrations vocales et simple submatité.

Pâleur assez marquée.

OBSERVATION VI (résumée) (Hôpital de Saint-Genis-Laval, service de M. le Docteur PIÉRY)

T...t Raymond, 22 ans.

Entré le 20 octobre 1920.

Bacillose pulmonaire commune Poussée évolutive du sommet gauche Amaigrissement et anémie notable

Rien à signaler dans les antécédents.

Det Joe En août 1920, commence à tousser; pas de dyspnée, peu

d'amaigrissement, pas de sueurs nocturnes, pas d’expectoration. Continue son service, qu'il interrompt le 15 octobre.

A l'entrée, sujet amaigri. Poids : 46 kil. au lieu de 56 kil. Etat général altéré.

Poumon droit : Au sommet, inspiration un peu rude, expiration prolongée et soufflante. A l'extrême sommet, en faisant tousser le malade, on perçoit de façon inconstante quelques bruissements inspiratoires. L’exploration des scissures est négative. La respiration est normale dans toute la hauteur du poumon.

Poumon gauche : En avant, expiration légèrement soufflante; sous la clavicule, foyer de râles sous-crépitants inspiratoires, entremêlés de craquements. Toux éclatante.

Expectoration à peu près nulle. Examen bactériologique, positif, N'a jamais eu d’hémoptysie. Température atteignant 37°5.

Le 20 novembre : On commence une série de dix injections intraveineuses de solution de manganate calcico-potassique. Aucune douleur. On note une élévation de température de quelques dixièmes. Oscillations entre 87° et 38°2. Après chaque injection, le malade a nettement un clocher de 4 à 5 dixièmes.

Après les troisième et quatrième injections, le malade se plaint le soir d’avoir des vomissements,

Le 4 décembre : Les vomissements, qui avaient eu lieu le 27 et le 29 novembre, n'ont pas reparu, mais les deux dernières injections ont été un peu douloureuses, avec un peu d'œdème, malgré les précautions prises.

Les signes stéthoscopiques ne sont pas modifrés. La température persiste à 37°8. Même expectoration. Appétit diminué au dire du malade depuis le début des injections. L'état général n'est pas modifié.

Décoloration des tissus. Souffle jugulaire notable à gauche.

Si nous analysons chacune de ces observations, nous constatons que dans toutes on note à un moment donné une amélioration de l’état général, une augmentation du

LT RE Pr poids et de l'appétit, un abaissement de la température (sauf chez les malades des observations V et VI).

L'observation I concerne un malade atteint de lésions peu accentuées et paraissant robuste et bien constitué. Chez lui, nous remarquons, après le traitement, une augmentation de poids assez sensible (2 kilos en un mois), ainsi que le retour progressif des forces. Mais il est à noter que le malade était à la fin d’une période évolutive.

Une autre observation (observation Il) est relative à un cas plus sérieux. La même amélioration est constatée à la suite du traitement. Les lésions pulmonaires sont en voie de sclérose, mais remarquons toutefois qu'entre le jour de son entrée à l'hôpital et celui du début des injections, le malade avait vu sa température descendre de 38°5 à 38° sans aucune intervention thérapeutique. Peut-être le traitement a-t-il été institué à la période de déclin d’une poussée évolutive et l’amélioration auraitelle été aussi nette sans l’aide d'aucune médication.

Chez le troisième malade (observation IT), l’abaissement de la température est plus net, mais les lésions du sommet gauche persistent sans modifications. Donc ici, pas de tendance à la sclérose, mais action antithermique évidente. |

L'observation IV est particulièrement intéressante. Elle nous montre un malade sévèrement atteint, qui, à la suite du traitement, semble revenir définitivement à la santé. Brusquement le tableau s’assombrit et l’histoire si bien commencée se termine par une hémoptysie foudroyante. Le traitement a donc très sensiblement amélioré le malade, mais d'une manière toute momentanée,

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