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Sur quelques nouvelles espèces d'Alpheidae

Les espèces dont je donne ici les diagnoses préliminaires proviennent presque toutes de la « Percy Sladen Trust Expédition » Celle-ci a exploré en i9o5,sur le «Sealark», la région de TOcéan Indien comprise entre Geylan et Madagascar, en particulier l’aichipel des Ghagos, et aussi l’espèce de croissant formé à l’est de Madagascar par les Seychelles, les bancs de Saya de Malha, de Nazareth, Maurice et la Réunion. Toute cette région, très peu connue, abonde en îlots et récifs madréporiques, ce qui revient à dire que les Alpheidæ y sont nombreux et variés.

Les 2/3 environ des espèces s’y rencontrent, que j’avais décrites dans la faune des Maldives et Laquedives. De plus, 18 espèces sont nouvelles, montrant quelle incroyable richesse de formt's possède cette famille d’Eucyphotes. Ges espèces se répartissent entre les genres Automate (i espèce) Alpheopsis (2 espèc('s) Synalpheus (5 espèces^ Alpheus (ro espèces). De plus il m’a paru nécessaire de séparer du genre Alpheus^ en raison de ses caractères insolites, non encore signalés, une forme très voisine d(' VA. rostratipes Pocock, peut-être même identique, bien que l’espèce de Pocock soit de Fernando-Noronha, sur la cote du Brésil

2 espèces nouvelles iV Athanas , 2 espèces de Synalpheus proviennent d’une très intéressante collection d’Alpheidæ australiens, que je dois à MM. W. H. Baker et Allan Mc. Gulloch. 2 autres espèces de. Synalpheus ont été rapportées de Djibouli ])ai- M. Gh. Gravier. Enfin, dans les matériaux de la mission Bonnier-Perez, j’ai trouvé, outre une forme nouvelle A Alpheus ^ des éléments intéressants pour l’étude du groupe « Paulsoni)) dans le genre Synalpheus. Un mémoire en cours d’impression sur les Synalphées américaines — dans lequel plus de /|0 formes nouvelles sont décrites — m’a obligé à revoir très mimUieusemenI les formes indo-pacifiques « Paulsoni », en raison de hmr ressemblance, poussée parlois jusqu’à l’identité, avec h\s nombnmses formes américaines du même groupe.

n. GOUTIERE

Genre Automate de Man.

A. Salomoni, n. sp.

L'espèce se distingue de toutes les autres par la forme du rostre triangulaire, termine en pointe aigïié, qui dépasse le bord frontal et atteint le tiers distal des ophtalmopodes. Le stylocérite (‘St un peu plus long que l’article antennulaire basal ; l’article médian est avec le précédent dans le rapport de i.5 environ. L’écaille du scaphocérite atteint l’extrémité de l’article antennulaire médian. Le carpocérite dépasse le pédoncule antennulaire de la moitié environ de l’article distal. Les maxillipèdes externes, les pcu’éiopodes des i"® et 2® paires sont absents. Les membres de la 4® paire sont un peu plus \olumineux que ceux de la 3® paire. Les uns et les autres présentent les proportions suivantes : carpe i, propodite o.85, méropodite 2. Ce dernier 4-6 fois plus long que large.

L’unique spécimen est une Ç ovée mesurant i;i.5 mm. Ghagos, Salomon Island. Perev Sladen Trust Expédition (P. S. T. E.)

Genre Athanas Leach.

A. Hassioelh n. sp. L’espèce rappelle de très près 1’^. dimorplius Orlmann et 1’^. Minikoensis H. G. Elle en diffère par les proportions différentes des pinces de la i’"* paire chez la Ç , seule connue. Le carpe, sensiblement égal au méropodite chez VA. dimorphus, et plus long que la pince (rapport 1.8), est ic* plus court que le méropodite et plus court que la pince (rapport 0.85). Le membre a la même forme cylindrique et grêle, ce qui distingue l’espèce de VA. Minikoensis^ où la pince est beaucoup plus robuste et le carpe court.

South Adélaïde coast, W. H. Baker, i sp. Ç mutilé.

A. Granti a. sp. L’espèce appartient à la section du genre Athanas où les pinces de la paire sont étendues en avant, avec un méropodite court. C’est le groupe nitescens^ qui s’oppose au groupe dimorphus dans lequel les pinces sont repliées sous le

lïiéropodite volumineux et engainant. L’espèce rappelle VA. Natfaroensis H. C. des Maldives, à laquelle elle ressemble par la forme et les proportions des pinces de la i""® paire, et aussi par l’épine infra-cornéeiine très courte, mais elle en diffère par l’absence de toute saillie supra-cornéenne, et surtout par le dactyle des pattes 3, 4> 5 bifide. C’est la première fois que ce caractère est constaté dans le genre Athanas^ et son importance est grande en ce que c’est un nouveau lien entre le groupe nitescens et les espèces Arete dorsalis Stimpson, Arete Indiens^ H. C. du genre Arete ^ qui en sont si manifestement dérivées.

South Adélaïde Coast, W. H. Baker, 2 d", 3 Ç .

Genre Alpheopsis IL G.

A. fissipesj n. sp.

L’espèce, au moins par la forme du bord frontal, appartient à la section du genre qui comprend VA. equalis H. C. Le rostre est court, à bords concaves ; il porte très près de sa pointe deux longues soies à peine divergentes. Peut-être le rostre si particulier des zoés de Betæus doit-il sa forme à de semblables soies, encore accolées dans le premier stade larvaire. Le bord frontal, à peine convexe, forme deux très faibles saillies sus-orbitaires obtuses. Des trois articles antennulaires, le basal est un peu plus long que le rostre, et aussi que les deux autres. Le stylocérite atteint l’extrémité de l’article médian. L’écaille du scaphocérite est un peu plus courte que le pédoncule aiitennulaire, son épine latérale un peu plus longue, au contraire, de même que le carpocérite.

Les maxillipèdes externes sont très caractéristiques par leur article basal, plus de deux fois aussi long que la somme des deux autres, et surtout 4 ^ois seulement aussi long que large, de façon à former avec son opposé un large écran devant les appendices buccaux. L’article distal est inerme à son extrémité.

Les pattes de la paire sont absentes.

Les membres de la 2 ® paire comme chez TA. equalis.

Les pattes des paires suivantes, très caractérisliques, ont h‘ dact)de bifide. La griffe ventrale est plus courl(* et plus forte que

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la dorsale. C’est jusqu’à présent la seule espèce du genre présentant ce caractère. Les proportions de la 3® paire sont : propodite 1.6. carpe i, méropodite i.36 (4*5 fois aussi long que large), ischiopodite o.8. Ce dernier porte une seule épine. Chez VA- equalis^ ces proportions deviennent respectivement : 1.^5, i , i.j5 (j fois aussi long que large, 0.9). * L’ischiopodite porle 2 épines.

L’unique spécimen de V A-fissipes est une Ç de 6.5 mm de longueur, portant 7 œufs seulement, de taille comparable à ceux de VA. equalis.

P. S. T. E. Providence, Station D4, 5o-^8 brasses.

A. idiocarpus. n. sp.

L’espèce diffère de la précédente par les points suivants :

Rostre dépourvu de soies à la pointe;

Angle pterygostomial terminé par une pointe triangulaire aigüe, faisant suite à un léger sinus concave ;

Bord de l’écaille antennaire fortement incurvé le long de l’épine externe, au lieu de rejoindre celle-ci presque normalement.

Carpocérite dépassant nettement l’antennule et l’épine du scapliocérite.

Maxillipèdes externes étroits, semblables à ceux de VA. equa- &, article basal près de 6 fois aussi long que large, triquètre, article distal armé d’épines h sa pointe.

Les pattes de la 1'® paire sont absentes.

Les pattes de la 2® paire distinguent cette espèce de toutes celles du genre, en ce que le carpe ne possède que 3 segments, dont le proximal répond bien, comme proportions, à la somme des trois premiers chez VA. equalis. Cette 2® paire est relativement plus courte et plus faible que chez les A. equalis et ftssipes.

Les proportions de la 3® paire sont : propodite î. 6, carpe i, méropodite i.65 (6.3 fois aussi long que large), ischiopodite 0.8. Ce dernier porte 2 épines. Comme chez VA. equalis^ le membre se termine par un dactyle simple et très grêle.

L’uropcde externe reproduit, près de la suture, la forme con-

cave de l'écaille du scaphocérite ; le bord libre de la suture porte 2 fortes épines, dont l’interne plus grande.

P. S. T. E. L’unique spécimen de VA, idiocarpus est un ^ de 7 mm, provenant, comme le précédent, de Providence, station D4 , 50-78 brasses.

Ces deux espèces constituent une augmentation de grande importance pour le genre Alpkeopsù. Jusqu’à présent, ses deux groupes, equalis à pinces lisses, et trispinosus à pinces sillonnées, paraissent assez faiblement reliés. Peut-être les formes cidessus décrites apporteraient-elles précisément le trait d’union cherché, si leurs pinces de la r® paire étaient connues.

Genre Sijnalpheiis Sp. Bâte.

S. oiiosus, n- sp.

L’espèce se distingue du S. paraneomeris H. G. par les points suivants :

Le carpocérite est seulement 3 fois aussi long que large (au lieu de 4 fois).

Le méropodite de la grande pince est un peu plus épais dans sa moitié proximale, et se termine par une pointe obtuse.

Le méropodite de la 3® paire est seulement 3.5 fois aussi long que large, au lieu de 4 fois chez le S. paraneomeris^ et le propodite porte 5 épines seulement, au lieu de 8 . Cette partie du membre est également plus massive.

Le telson est plus large à son extrémité, le rapport de ses bases étant i.5 au lieu de i.85.

P. S, T. E. Coetivy, un bel exemplaire o ,

S, merosptmger, n. sp.

L’espèc? se distingue du S. neomeris de Man par les points suivants :

Les épines latérales du bord frontal sont plus larges. Leur bord externe n’est pas concave près de la pointe, leur bord interne moins concave également que chez le S. neomeris.

Les antennules ont leur pédoncule 4«o fois plus long que

H» GOUTIÈRE

large, au lieu de 5 fois, et rarlicie basal n’est pas plus long que le médian. Il en résulte que le stylocérite atteint le milieu de ce dernier article, au lieu de dépasser à peine l’article basal, comme chez le S. ncomcris.

L’écaille du scaphocérite est seulement un peu plus courte que l’antennule, et son épine latérale aussi longue que le carpocérite. Chez le S, neomeris^ Fécaille atteint seulement l’extrémité de l’article antennulaire médian.

Le carpocérite est 4*4 tbis aussi long que large, au lieu de 4 fois chez le S. neomeris.

L’unique spécimen typique, très mutilé, ne possède que ses pattes de la 4*^ paire, dont le méropodite porte 3 courtes épines. Très semblables en ce point à celles du S, neomeris^ elles en diffèrent par le dactyle caractéristique : la griff(' ventrale est ici à peine plus forte que la dorsale ; ses deux bords sont régulièrement courbés, comme dans les espèces du groupe Paulsoni, La griffe ventrale est brusquement coudée et à bords droits chez le S, neomeris^ et la griffe dorsale ])eaucoup plus grêle.

P. S. T. E. Amirauté E. 25, 20-44 brasses. Une Ç ovée.

S, trionyXj n. sp.

L’espèce est très voisine du S, fossor Paulson, dont elh' se distingue par les points suivants :

Les intervalles sont plus larges entre le rostre et les épines latérales, celles-ci étant, par suite, plus div(Tgentes.

L'écaille du scaphocérite atteint au moins la moitié de rarlicie antermulaire distal, et l’épine latérale dépasse toujours le carpocérite, qui t^st 5 fois environ aussi long que large. Chez le S. fossor, l’écaille antennaire atteint rarement l’extrémité de l’article antennulaire médian, l’épine latérale est toujours plus courte que le carpocérite, et celui-ci est 6 fois plus long’ que large.

La grande pince est épineuse chez le S. trionyæ à son bord palmaire antérieur, et le bord supéro-externe du méropodite se termine également par une forte épine. L’un et l’autre sont inermes chez le S, fossor, surtout la paume de la grande pince.

La petite pince du S. trionyæ a pour proportions : doigts i, longueur totale 2.4, hauteur 0.8. Le méropodite. dont le bord

SUR QUELQUES NOUVELLES ESPECES d’aLPHEÎDÆ

supéro-externe se termine en pointe aigi'ie, est 2.1 h 2.0 fois plus long que large. Il est toujours plus épais que la paume. Chez le S. fossor les proportions de la petite pince sont : doigts 1, longueur totale 2 . 85 , hauteur 1.2, le membre étant plus trapu. Par contre, le méropodite grêle est 2.7 fois aussi long que large, et n’a que 0.6 de la hauteur de la paume.

Le premier segment du carpe est plus long (jue la somme d('s 4 aulres chez le S, trionyæ, plus court chez le S. fossor.

L(‘S proportions de la 3 ° paire sont chez le S. trionyx : propodite 2.35, carpe i, méropodite 2.6, celui-ci 4-4 f<^is aussi long que large. Chez le S. fossor, ccs proportions sont : propodite 1.9 environ, carpe 1, m(h*opodite 2.4, celui-ci 3.55 fois aussi long que large.

Enfin, le dactyle est de forme nettement diflerente. Chez le S. fossor, la griffe ventrale surnuméraii-e a ses deux côtés presque perpendiculaires, la griffe dorsale est ti ès accessoire par i*appor( à la ventrale, et le groupe de ces 2 griffes est séparé du reste du dactyle par une faible dépression dorsale. Chez le S. trionyx, la surnumérain' ventrale est aigüe, dirigée (m avant; la dorsale est presque aussi longue que la griffe' principale, et le dactyle no montre' aucune concavité dorsale,

P. S. T. E,, Saya ele Malha,;C. 10, 26 fins., 2 ex. e:T et Ç .

— C. 19, 29 fins., I (W.

S. lophodactylus, n. sp.

Cette nouvelle espèce se distingue du S. hiunyuiculatus Stj». pai* les points suivants :

Le pédoncule antemnulaire est [ilus court, l’article basal ne‘ dépassant guère le rostre, et seiih'ment 4 aussi long (pie* large. Le stvlocérite ne dépasse pas rarticle basal.

L’écaille antennaire atteint l’extrémité de l’article antenmilair<‘ médian, et son ('pine latérale ne le dépasse que de ia moitié ('nviron de rarticle antennulaire distal.

La hasicérite est complètement iiierme en d<'ssus, (bétail qui différencie Immédiatement les deux espèces. L<' ('arpocéiit<‘ dépasse notablement ranteniuih', mais il (‘St S('idemiMil \ (ois

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aussi long que large, ayant subi le même raccourcissement que les autres appendices céphaliques.

La grande pince est absente sur le type.

La petite pince a pour proportions : doigts i , longueur totale hauteur 0.88. Son méropodite est 3.3 fois aussi long que large. Le doigt mobile porte une brosse de soies sériées sur la moitié distale. Elles sont moins serrées et moins abondantes (|ue dans le groupe lœvimanus^ mais n’en indiquent pas moins l’étroite parenté qui relie les deux groupes d’espèces. Chez le S. biunguiculatus ^ la petite pince est plus épaisse, et le doigt mobden’a que des traces insignifiantes de la brosse de soies sériées.

Les pattes de la 3 ® paire ont pour proportions : propodite 1.9, carpe i, méropodite 2.43. Ce dernier, très grêle, est 4-5 fois aussi long que large. Le dactyle est celui du S. hiunguiculatus ,

P. S. T. E., Lagon de Diego, i seul specimen $.

S. Sladeni, n. sp.

Cette espèce, l’une des plus remarquables recueillies par l’expédition, est jusqu’à présent la seule du groupe lœvimanus qui soit présente dans la région indo-pacifique, à l’exception peutêtre du S. lœmmanus Haddoni H. Coutière. Ce groupe est caractérisé, comme je l’ai montré, par la présence constante sur le doigt mobile de la petite pince d’une brosse de longues soies raides disposées en séries transversales, et occupant les 2/3 de l’article. Tout en présentant de façon très nette ce caractère, la nouvelle espèce se place bien à part dans le groupe lœvhnanus .

Le bord frontal présente en avant des yeux une avancée considérable, si bien que la pointe du stylocérite est au niveau de celle du rostre, et que l’épine latérale du basioérite u’atteint pas tout à lait les épines latérales du bord frontal.

Le scaphocérite est sensiblement aussi long que l’antennule, et son écaille atteint l’extrémité de l’article antennulaire médian, caractères insolites dans le groupe, ainsi que la faible épine inférieure du basicérite.

Le carpocérite est volumineux, 4-7 fois aussi long que large, plus long que les antennules

Les Ibuels des maxillipèdes externes sont très asymétriques en longueur et surtout en volume. J'ignore si cette disposition est fortuite ou constante.

La grande pince a pour proportions : doigts i, longueur totale 3.12, hauteur 0.84. Le doigt mobile dépasse un peu le doigt fixe. La paume est cylindrique, et sa grande longueur est également un caractère Insolite.

Par contre, la petite pince ressemble beaucoup à celle du S. Iongicarpiis Herrick, par sa forme, ses proportions, sa brosse de soies sériées.

La 2® paire est grêle, la 3® paire également. Les proportions de cette dernière sont : propodite 2, carpe i, méropodite 2.i5, ce dernier article 5.4 fois aussi long que large. La griffe est celle de toutes les espèees læmmanus.

Le telson a pour proportions : largeur distale i, largeur proxL male 2.^, hauteur 3 environ.

Pour l’avancée du bord frontal, la lorme de la grande pince, la gracilité des pattes suivantes, la forme dn telson, cette espèce rappelle les espèces du groupe comutularum^ jusqu’à présent aussi exclusives à l’Indo-pacifique que le groupe lœmmanusX aux côtes américaines.

P. S. T. E., Cargados Carajos,B2, 3o brasses, i seul ex. 6 ,

S, Bakeri, n. sp. L’espèce est voisine dii S. triunguiculatus Paulson. Elle en diffère par les points suivants : Le rostre, i.5 Ibis plus long que les épines latérales, atteint, le milieu de l’article antennulaire médian. Le carpocérite ne dépasse guère l’antennule, il est un peu plus court q^ue l’épine latérale du seaphocérite, et 3.6 fois seulement plus long que large, au lieu de 4.3 fois chez le S, triunguiculatus.

La grande pince a pour proportions : doigts i, longueur totale 3.5, hauteur i .4. Ce dernier rapport est de r.3 chez le S. triunguiculatus ; en outre la paume est inerme en avant chez le S. Bakeri^ et le méropodite moins fortement épineux aussi. 11 en est de même du méropodite de la petite pince.

La 3® paire a pour proportions : carpe i, propodite 1.9, méropodite 2.4 (ce dernier article 3.5 fois aussi long que larg('). Ces

H. COUTIÈRE

proportions deviennent i, 1.9, 2.2 chez le S. triunguiculatus, oh le méropodite est 3.2 fois aussi long que large. En outre, la griffe surnuméraire ventrale mesure à peine i/4 de la griffe principale. au lieu de lui être presque égale.

Les angles postérieurs du telson sont plus aigus, les épines de la face supérieure plus longues que chez le S. triunguiculatus. Par contre, Tépine basale de Turopode et Tépine suluralc de sa rame externe sont plus courtes.

South-Adélaïde, M. W. H. Baker, 2 ex. d" et Ç .

S. physocheles, n. sp. L’espèce est très voisine également du jS. triunguicidatus Paulson. Le bord frontal et les appendices céphaliques sont semblables, sauf le carpocérite encore plus grêle (rapport 5 ).

La grande pince est très fortement rentlée et distingue l’espèce de toutes les autres. Ses proportions sont ; doigts i, longueur totale 5 . 33 , hauteur 2.2^ les doigts étant très courts.

La petite pince a pour proportions : doigts i, longueur totale 3 , hauteur i.i, sensiblement comme le S. triimguiculatus, dont les doigts sont toutefois un peu plus longs.

Les proportions de la 3 ® paire sont : carpe 1, propodite 2.48, méropodite 2.6 ; ce dernier 4 fois aussi long que large. Le membre est donc notablement plus grêle que chez le S. triunguiculatus^ mais la griffe a exactement la même forme.

Les angles postérieurs du telson sont moins épineux que chez 1 (^ S. triiinguiculatus.

Djibouti, Ch. Gravier, i sp. ç .

Le groupe Paiilsoni^ dans l’Océan Indien, comprend des formes montrant 3 directions évolutives distinctes : les unes {S, hastilicrassus , acanthitelsonis H. G.), chez lesquelles le carpocérite est allongé et ovoïde; les autres {S. Hululensis H. G., S, tumido-maus Paulson), oh le même arlicle est allongé et grêle ; enfin, les formes oh l’article est court, qui me paraissent être les plus primitives, etdontletype est le S, Paulsoni Nobili.

Gette dernière espèce, du golfe Persique et de la mer Rouge, me paraît posséder plusieurs formes très affines :

SUR QUELQUES NOUVELLES ESPECES d’aLPHEIDÆ

S, Paulsoni Rames warensîs J

— — Kurracheensis > Océan Indien

— — limmaris j

— — Senegambiensis Atlantique

aS\ Mushaensis, de la Mer Rouge.

S, Mac-Cullochi^ australien.

S, Latastei^ australien et chilien.

S, Latastei tenuispina, brésilien.

Le S. Latastei, la seule forme du groupe, "qui ait gardé une aussi large distribution, indique probablement la voie par laquelle s'est faite la dispersion des espèces Paulsoni^ très répandues en Amérique et extrêmement voisines de leurs congénères de l’Océan Indien.

Toutes ces formes ont le carpocérite moins de 4 f<^is aussi long que large. Cette dernière proportion est celle du S. Hululensis H. C. Ce nouveau nom doit remplacer celui de S, tumidomaniis Paulson, que j’avais attribué à des specimens des Maldives. L’espèce de Paulson, qui paraît propre à la mer Rouge, a les angles postérieurs du telson épineux, et ses œufs donnent des mysis. Elle a également le carpocérite grêle.

Voici comment peuvent se distinguer les formes précitées :

S, Paulsoni Nobili : Rapport du carpocérite 2.87 à 3.i, épine latérale du basicérite un peu plus courte que la portion distale de l’article, épine latérale du scaphocérite dépassant toujours le carpocéritc, bord palmaire antérieur inerme.

Djibouti (Ch. Gravier), Golfe Persique (Mission Bonnier- Pérez).

S. Paulsoni Piameswarensis n. subsp. Mêmes caractères du basi et du scaphocérite, mais le carpocérite est plus grêle (raj)port 3.2 à 3.5) et le bord antérieur de la paume sc prolonge en une épine droite, conique.

Rev. Henderson, Rameswaran.

S. Paulsoni liminaris n. subsp. Le basicérite est à peu près <lcpourvu d’épine supérieure. Le rapport du carpocérite est au

H. COUTIERE

moins égal à 3.5 et peut atteindre 4 ; le bord antérieur palmaire est épineux. ^

Djibouti (Ch. Gravier), Golfe Persique (Bonnier et Ferez).

S. Hululensis H. C. L'épine supérieure du basicérile est large ét courte, toujours plus longue que large toutefois. L'épine latérale est plus longue que la portion basale de Torgane (i.5 fois environ). L’épine du scaphocérite ne dépasse pas le carpocérite, dont le rapport va de 3.8 à Le bord antérieur palmaire est inerme. Les angles postérieurs du telson sont droits.

La forme lirrdnaris précédente est certainement aussi voisine du S, Hululensis que du S. Paulsoni.

Maldives (J. St. Gardiner).

S. Paulsoni Senegambiensis n. subsp.

Le carpocérite a pour rapport 3. 7 comme dans la îovmeliminaris ; le basi et le scaphocérite comme chez les S, Paulsoni typiques. Le méropoditè de la petite pince est inerme ; (la grande pince manque sur les 3 exemplaires).

Cap Vert (Talisman).

S, Mushaensis n. sp. Cette espèce est aussi à la limite des^ formes à carpocérite court (rapport 3.6). Le carpocérite dépasse rantennule de toute la longueur de l’article distal. Le scaphocérite, au contraire, dépasse à peine l’antennule par son épine latérale, et son écaille, large, est nettement plus courte. Le stylocérite ne dépasse pas Tépino latérale du basicérite.

Les proportions de la grande pince sont : doigts i, longueur totale 4*2, hauteur 1.6, les doigts étant courts. Le bord antérieur palmaire se termine par une faible saillie aplatie, comme tranchante. Le méropôdite est épineux à son bord supéro-externe. La petite pince a pour proportions : doigts i, longueur totale 3. 12, hauteur i.

Le telson a ses angles postérieurs droits, sauf une très légère saillie épineuse (i/4 de Tépine externe).

L'espèce la plus voisine est certainement le S. Lochingtoni H. C. de la Bassè Californie. Elle en diffère par le stylocérite, le

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scapliocérite, Tépine supérieure du basicérite plus courts, alors que le carpocérite est au contraire plus long et plus grêle.

Iles Musha,Cb. Gravier.

S. Paulsoni Kurracheensis n. subsp. Cette forme diffèi e des specimens typiques par la robustesse plus grande de toutes ses parties. Les épines frontales sont moins aigiies, l’épine latérale du basicérite encore plus courte et plus forte (les 3/5 de la portion basale de l’article). Le pédoncule antennulairc est 4 fois plus long que large, au lieu de 4*4 fois. Le carpocérite a pour rappori 3 .;i 5. Le méropodite de la 3® paire est 3.3 fois plus long que larg(‘ ( Ç), 3.() fois ( d) au lieu de 3.6 et 3.8 lois chez le S, Paulsoni. Le bord palmaire de la grande pince est épineux.

Kurrachee (U. S. N. Mus. 2 sp.).

S, Mac-Cullochi n. sp. L’espèce se distingue au premier abord du S. Paulsoni par ses œufs volumineux donnant des larvt's mysis. Elle rappelle la forme précédente par la robustesse des appendices céphaliques, mais l’épine supérieure du basicérite est presque nulle, l’épine latérale nettement plus longue que la portion basale de l’article grêle, un peu convexe en dehors à la pointe. Le carpocérite a pour rapport 2.9 à 3.i, et le bord palmaire antérieiir de la grande pince est inerme, ces deux caractères comme chez le S. Paulsoni. Le méropodite de la 3® paii e est par contre plus grêle (rapport 4-3 Ç , 4*3 cT).

L’espèce se distingue d’autre part facilement du S. tumidomanus Paiilson, dont les œufs donnent également des mysis, mais dont le carpocérite est beaucoup plus grêle, l’angle supérieur du basicérite et les angles du telson épineux.

Côte S. W. d’Australie (A. Mc. Gulloch, W. H. Baker).

S. Latastei H. G. Gette espèce marque le terme de la série des formes précédentes au point de vue de la robustesse des divers appendices. Le pédoncule antennulaire a pour rapport 3.85 seulement, celui du carpocérite descend jusqu’à 2.66 (d’ordinaire 2.;^). La grande pince est seulement 2.35-2.5 fois aussi longiK‘ que haute, au lieu de 2.8 fois environ chez le S. Paulsoni et les

H. GOUTIÈRE

io!\

formes voisines. De même, le méropodite de la 3° paire est seulement 3.12 fois aussi long que large. Les œufs donnent naissance à des zoés.

L’espèce se rencontre identique en Australie et au Chili; elle est représentée ëur là côte est américaine (Desterro) par une forme tenuispina^ dont , les appendices sont un peu plus grêles, les épines frontales et celles des appendices céphaliques plus aigues.

Genre Alpheus Fabr.

A. staphylinus n. sp.

L’espèce est très Jvoisine de VA. megacheles Hailstône de la Méditerranée et de l’ALlantique. Le rostre est 3 fois aussi long à peu près que les dents sus-orbitaires, il est plus court que l’article antennulaire basai. L’article médian est i.5 fois aussi long que chacun des 2 autres. Le pédonculaire antennulaire, la forte épine latérale du scaphocérite, le carpocérite sont sensible ment égaux.’'

La grande pince est très semblable à celle de VA, megacheles comme forme et proportions. La petite pince est plus grêle, la paume étant 2.43 fois aussi longue que large, au lieu de 2 fois, le doigt mobile n’est pas élargi, Inen qu’il s’agisse d’un o"’, les doigts sont légèrement plus courts que la paume.

La 2 ® paire est très allongée, la somme du carpe et de la pince mesure o.85 du céphalothorax, et la partie proximale du membre i.o5 de cette même longueur, ce qui distingue immédiatement l’espèce de VA, megacheles eX la rapproche de VA, Hailst07iei des Maldives.

La 3® paire mesure 1.2 du céphalothorax, alors qu’elle l’égale seulement chez VA, megacheles. Le méropodite est 5 fois aussi long que large, et le [>ropodite est 1.4 fois aussi long que la carpe, au lieu de 1.2 chez V A, megacheles,

P. S. T. E. L’unique specimen o^, long de 12 mm^ provient de Salomon Island (Chagos).

A, Malhaensis n. sp.

L’espèce se rapproche particulièrement de 1’^. Seurati H. G. dont elle se distingue par les points suivants :

Antennes et antennules un peu plus grêles et allongées, y compris l’épine latérale du basicérite.

Bord inférieur de la grande pince entièrement lisse, cpnstriction plus prolonde entre la paume et le doigt fixe, extrémité du doigt mobile moins massive.

Carpe de la 2® paire avec les 2 premiers segments presqueégaux, le premier légèrement plus long.

Méropodites de la 3 ® et l\ paires fortement épineux à l’apex inférieur distal, celui de la 3 ® paire 3 .^ fois plus long que large. Proportions du membre : carpe i, propodite i.25, méropodite 1,9 (au lieu de i, i. 45 , 2 chez X A,Seurati^ où le méropodite est seulement 3 fois aussi long que large, et le propodite également très épais.)

P. S. T., E., S. de Malha G 19, 29 brasses, i sp. Ç .

Amirauté E2, 29 brasses, i sp. d’.

A. Amirantei sp.

Cette espèce se rapproche plus de VA. paragracilis H. G. que d’aucune autre, mais elle en est facilement séparal)lo. •

Le rostre étroit se continue par une faible crête, un peu élargie derrière les voûtes orbitaires ; il est séparé de celles-ci, en avant, par deux très faibles sinus concaves du bord frontal, le reste du bord étant régulièrement convexe et inerme.

Le stylocérite est plus court que l’article antennulaire basal, ou a peine aussi long, le basicérite de l’antenne est à peu près inerme.

Le bord inférieur de la grande pince est droit, sans trace de constriction. Le bord supérieur porte au contraire une constriction transverse et un sillon longitudinal du côté inféro-interne. Du côté supéro-externe est un second sillon longitudinal très faible. Le méropodite porte une forte épine à son bord inférieur interne.

La petite pince diffère de celle de VA, paragracilis par sa taille relative moindre, les doigts égaux a la paume, le méropodite pourvu d’une forte épine.

H. GOUTIÈRE

Sur la 2' paire, le segment du carpe n’a guère que le tiers du second.

La 3® paire et la 4* ont le méropodite fortement épineux k son bord inférieur distal, le propodite est seulement un peu plus long que le carpe, l’iin et l’autre sont beaucoup plus faibles que le méropodite. Le dactyle est simple. C’est une forme du membre surtout fréquente dans le groupe crinitus.

P. S. T. E., Amirauté E. ii, 25-8o l)rasses, 2 speeimens d,

A. baculifer n. sp.

Je place ici cette très remarquable espèce. Elle représente un cas extrême d’allongement des pinces chez une forme qui, par la plupart de ses caractères, rentre dans le groupe obeso-manus. C’est le parallèle de VA. cylindricus Kingsley pour le groupe megacheles.

Le rostre, très court, dépasse k peine les voûtes orbitaires très saillantes, et se continue en arrière par une crête assez marquée. L’article antennulaire médian est i.a fois aussi long que chacun des deux autres, le stylocérite est plus court que l’article médian et ne fait qu’une faible saillie latérale. Le scaphocérite ne possède qu’une écaille rudimentaire, et son épine latérale ne dépasse pas le tiers distal de l’article antennulaire médian. Le carpocérile est k peine plus long que ce même article.

Les pattes de la i'® paire sont extrêmement caractéristiques. La grande pince a la paume cylindrique, 5.5 fois aussi longue que large. Elle est tronquée k l’extrémité ; le doigt mobile, en « porte k faux », sur plus de la moitié de sa longueur, est dirigé presque perpendiculairement k la paume. Il n’y a plus trace de sillons palmaires. Le méropodite est également très allongé.

La paume de la petite pince est de même forme, mais les doigts sont parallèles, égaux, et dans le prolongement du membre. Ses proportions sont : doigts i, longueur totale 4*34, hauteur o.55.

Lés pattes de la 2® paire sont très inégales, comme dans la plupart des espèces obeso-manus. La plus longue mesure 1.66 fois celle de la 3® paire, la plus petite i.33 fois. Le second segment du carpe est très légèrement plus long que le premier, la pince distale a les doigts très courts.

SUR QUELQUES NOUVELLES ESPECES d’aLPHEDÆ 20^

La 3* paire a pour proportions : carpe i, propodite i.o^, méropodite 1.46. Ce dernier est inerme, et 3.6 fois aussi long que large.

L’unique specimenest une Ç venant de muer dont les pleurons abdominaux sont très grands, comme il est de règle dans ce groupe d’espèces. Le telson et les uropodes sont dans le même cas ; la rame interne de ces derniers a son bord externe triangulaire, la suture de la rame externe porte 2 courtes épines.

P. S. T. E., Ile du Coin (Cliagos), une Ç de 20 mm.

A, Stanleyi n. sp.

Cette espèce se rapproche beaucoup de VA, ascensionis^ Orlmann, de VA. arc/ntectus, de Man, de VA, styliceps^ H. Coutière.

La forme du bord frontal est très semblable à celle de l’;4.. styliceps^ les voûtes orbitaires étant toutefois reportées plus en arrière encore. L’écaille du scaphocérite atteint le tiers distal de l’article antennulaire médian, tandis qu’en revanche l’épine latérale atteint à peine le milieu de l’article distal. Le carpocérite ne dépasse que très faiblement l’antennule.

La grande pince est celle de VA. ovaliceps H. Coutière, et se distingue par suite de celle des 3 espèces précitées. Le doigt mobile est toutefois beaucoup plus en <( porte à faux ». Les sillons palmaires sont à peu près nuis. Ses proportions sont : doigt mobile i, longueur totale 3.4, hauteur 1.4.

La petite pince a pour proportions : doigts i , longueur totale 2, hauteur 1 .^ 2 . Elle est, par suite, de forme banale, et bien distincte de celle de 1’^. styliceps. Les doigts sont béants, l’inlérieur très large ; leur bord inféro-externe excavé porte une rangée de fortes soies courtes et espacées, au nombre d’une dizaine.

Sur la 2® paire, le 2® segment du carpe est un peu plus court que le premier.

La 3® paire a pour proportions : propodite 1.4, carpe i, méropodite 2.25. Ce dernier, presque 5 fois aussi long que large, porle une forte épine à son angle inférieur distal. Il en est de même sur la 4® paire. Le dactyle est très court, sans trace de bifurcation.

Le telson a pour proportions : petite base 1, grande base 2,

H. GO UT 1ERE

hauteur 3. 27. Le bord de l’uropode interne porte une série de courtes épines.

Chez VA, architeetiis etVA, ascensio?2Ù, indépendamment des autres différences, les méropodites 3 et 4 sont inérmes.

P. S. T. E., Amirauté F21, 3 o brasses. \i unique sp. o de 18 mm.

A. Providencei n. sp.

Le difficile groupe crinitus, déjà si riche en espèces, a fourni encore ici plusieurs formes nouvelles, séparées des formes connues par de minimes différences.

Par la lorme du bord frontal et des appendices céphaliques, VA, Pr.ovidencei rappelle absolument VA. aculeipes H. Goutière. Ici, toutefois, le rostre fait à peine saillie en avant ; sa crête médiane est au contraire plus forte, et s’élargit plus rapidement derrière les voûtes orbitaires.

Par ses autres caractères, l’espèce se rapproche davantage de VA. paraculeipes H. Coiitière, sans être toutefois intermédiaire entre les deux formes précitées.

La grande pince, dont les proportions sont : doigts i, longueur totale 3 . 33 , hauteur i. 5 , a une forme régulièrement ovoïde ; ses doigts sont fortement infléchis en dedans. Le méropodite épineux est. 2. 2 fois plus long que large.

La petite pince (Ç) est très semblable à celle de V A. paraculeipes. Les doigts sont seulement plus longs, ses proportions étant: doigts i, longueur totale 2.18, hauteur 0.8.

Les deux premiers segments du carpe sont entre eux comme i et 1.95, rapport moindre que dans les deux espèces précitées.

Pour la 3 ® paire, les proportions sont : propodite i. 5 , carpe i, méropodite 2,3. Ce dernier 4 fois plus long que large. L’épine mérale est dans le prolongement du bord inférieur, étroite et très aigüe. Le bord inférieur interne est absolument nu, d’où une différence notable d’avec les A. aculeipes et paraculeipes.

Le bord externe du carpe porte une épine et 8-10 soies, mais celles-ci sont effilées,, molles, et bien différentes de celles de VA, paraculeipes. Le propodite n’a pas d’épine distale au bord supérieur. Le dactyle porte au bord ventral une saillie surnumé-

SUR QUELQUES NOUVELLES ESPECES d’aLHEIDÆ

raire très nette. L’ischiopodite n’a pas d’ëpine enfoncée. Le rnéropodite de la 4"* paire n’est pas épineux.

L’espèce est encore plus voisine de V A. alcijone de Man. Dans cette dernière forme, le scaphocérite a son bord externe concave, son épine latérale plus longue ; le méropodite de la petite pince est inerme ; le premier segment du carpe mesure seulement le tiers du second, et il est surtout plus petit que le Le méropodit(‘ de la 3 ® paire porte quelques spinules courbées en S, le dactyle n’est pas bifide ; le carpe de la 4® paire est semblable k celui de la 3 ®. Enfin, les œufs sont rares et volumineux, donnant vraiseml)lablement naissance a des larves mysis.

On peut considérer l’.d. alcyone et VA. Providencei comme deux formes pœcilogoniques, mais, ici comme dans la grande majorité des cas connus, il s’ajoute au caractère tiré du volume^ des œufs une série de menues différences montrant que les deux formes sont bien spécifiquement distinctes.

P. S. T. E., Providence D 4 , 50-78 brasses, i sp. Ç.

A, Adamastor n. sp.

Cette espèce est extrêmement voisine de VA. clypeatiis H. Goutière. Elle en diffère par les points suivants :

Le bord frontal présente une avancée convexe en deçà de chaque voûte orbitaire, mais, au lieu de se réunir en un rostre saillant, les voûtes sont séparées par un sinus médian, aussi largo que chacune d’elles. La crete mousse du rostre, qui paraît s’arrêter au bord de ce sinus, se continue en réalité un peu en avant et sur un plan inlérieur, en une pointe étroite et très courte.

Le basicërite porte une épine beaucoup plus faible que chez l’.l. clypeatus.

La grande pince a pour proportions : doigts i, longueur totale 3, hauteur 1.34- Elle est donc légèrement plus massive que chez VA. clypeatus^ où les doigts ont aussi 1/3 de la longueur totale, mais ou le second rapport est 1.23 seulement.

La petite pince présente des différences l)ien plus notables. Elle a pour proportions : doigts 1, longueur totah‘ 2.36, haulrur 0.76. Elle est donc 3 fois plus longue que haute, au lieu de 2.T> chez r.4. clypeatus 6 . Elle rappelle pai* suite les proportions de

H. COUTIÈRE

l’appendice chez la Ç de Tespèce précitée, mais le doigt mobile est ici notablement élargi. Il est vraisemblable que la différence sexuelle dans la forme de la petite pince, chez VA- Adamastor dont la Ç est inconnue, porte sur ce détail du doigt mobile, et qu’elle est par suite assez faible.

Le méropodite inerme est a peine plus court que la pince et presque 3 foî& aussi long que large. Ce dernier rapport égale 2 chez r^, clypeatiis d", le méropodite étant beaucoup plus court que la pince.

Sur la 2® paire, le 1®" segment du carpe égale i.G fois le second. Ils sont sensiblement égaux chez VA- clypeatus-

La 3® paire est très semblable comme proportions et forme à celle de VA - clypeatus, mais le méropodite est 4 fois aussi long que large, au lieu de 3.5 fois.

La forme du bord frontal et les proportions de la petite pince du d permettent aussi de distinguer aisément cette espèce de r^. pachychirus Stimpson.

P. S. T. E., Salomon (Ghagos), un unique specirnen cT.

A. Coetivensis n. sp.

L’espèce se rapproche beaucoup de VA, paracrinitus Miers et de la forme que j’ai décrite comme var. Benyalensis de cette dernière.

Les voûtes orbitaires sont ici atténuées en forme d’épines plates mesurant à peu près la moitié de l’article antennulaire médian. Le scaphocérite a son écaille plus large, son épine latérale moins grande que dans les deux formes précitées, et le carpocente est plus volumineux.

La grande et la petite pince sont tout à fait celles de V A- paracrinitus Benyalensis comme forme et proportions, la petite pince étant inerme sur le condyle articulaire externe du doigt mobile. Les méropodites sont inermes.

Sur la 2® paire, le premier segment du carpe est 1.7 fois aussi long que le 2®, sensiblement comme chez V A, paracrinitus.

Sur la 3® paire, très grêle, les proportions sont : propodite 1.45, carpe i, méropodite i.^, le membre étant encore plus allongé que chez VA. paracrinitus.

P. S. T. E.jCoetivy, i sp. o^.

Salomon, i sp. Ç avec sa petite pince seule présente.

A. dasycheles n, sp.

L'espèce se rapproche de VA, gracilipes Stimpson par la lorme du rostre. C^esl un(‘ large pointe triangulaire à bords légèrement concaves, r .5 fois aussi longue que large à la base. Il y a sur la ligne médiane une trace de l'épine gastrique. Les bords du rostre surplombent les sillons rostro-orbitaires comme chez VA. gracilipes., et les voûtes orbitaires présentent en avant une saillie obtuse, ne dépassant pas le l)ord frontal sinueux. La pointe du rostre n’atteint pas l’extrémité de l’article antennulaire basal, que le stvlocérite dépasse légèrement.

L'écaille du scaphocérite égale le pédoncule antennulaire, que son épine latérale dépasse des 3/4 environ de l’article distal. L’épine latérale du basicérite atteint en avant aussi loin que le rostre, le carpocérite ne dépasse pas l'extrémité de l’article antennulaire médian.

Les pinces de la paire sont cylindriques et entières, sans traces de sillons et de lobes. Elles possèdent un revetement assez dense de longues soies sur leur face inféro-externe. La plus grande a pour proportions : doigts i, longueur totale 3.2, hauteur 0.9.

La plus petite : doigts i, longueur totale 2 . 38 , hauteur o. 5 . Sur la 2® paire, le segment égale 1.2 lois le second. La 3 ’' paire a pour proportions : propodite 1.64, carpe i, méropodite 1.88. Ce dernier est 5 fois aussi long que large, l’ensemble du membre étant grêle, mais le méropodite porte une forte épine à son apex inférieur. Le carpe se termine également par une épine. Le dactyle est simple, 11 y a une épine enfoncée mobile sur l’ischiopodite,

P. S. T. E., Seychelles, F9, 3 ^ brasses, 2 sp. c" et Ç, le plus ffrand mesurant 22 mm.

A. Percyi n. sp.

Cette espèce se rapproche également de l'^l. gracilipes^ plus même que la précédente.

H. COUTIÈRE

Le rostre a la même forme lancéolée, à bords surplomblanl les sillons rostro-orbitaires. Mais les voûtes orbitaires sont régulièrement hémisphériques, sans lobe antérieur saillant, de sorte qu’entre elles, le rostre et le bord frontal, il n’existe pas la partie plane du sillon rostro-orbi taire brusquement élargi en avant que Ton remanjue chez VA. gracilipes.

Le roslre atteint, de même que le stylocérite, la longueur de l’article antennulaire basal.

L’écaille antennaire atteint au moins l’extrémité du pédoncule antenr^ulaire, qu’elle dépasse même nolablement chez les grands specimens. Son épine latérale et le carpocérile comme dans l’espèce précédente, et comme chez l’^L gracilipes.

Les pattes de la paire ne dilfèrent que très peu de celles de VA. gracilipes. La grande pince est entaillée d’un profond sillon transverse un peu avant l’articulation du doigt mobile ; la petite pince, « balæniceps )') chez les o^jcst munie d’une forte épine sur chacun des condyles articulaires du doigt mobile. Les bords supéro-externe et infero-externe du méropodite se terminent .chacun par une forte épine, sur les 2 pinces,.

Sur la 2® paire, les 2 premiers segments du carpe, presque égaux, sont entre eux comme i, i.i 5 . J’ai étudié des specimens j(mnes où le rapport était sensiblement inverse.

La 3 ® paire est très semblable à celb^ de l’espèce précédente comme forme et proportions,

P. S. T, E,, Cargados Carajos, 3 o brasses, 2 ex. d’ et Ç , le plus grand mesurant 4 o mm.

Amirauté E 1 1, 20-00 brasses, i petit sp. Ç ,

Coetivy, i petit sp. o".

A. Perezi n. sp.

L’espèce se rapproche de l’.i. pareiichirus H. C., mais le ïostre Forme entre les voûtes orbitaires une crête plus étroite, linéaire, a peine (dargie en arrière. Le pédoncule antennulaire est plus court, de même que le carpocérite égal au précédent, l’iin et l’autre dépassés par l’épine du scaphocérite. La grande pince a des proportions très semblables a celles de VA. pareuchirus,

mais le lobe palmaire est arrondi en arrière du sillon transverse supéro-externe, et la constriction du bord inférieur est par contre plus marquée. La petite pince est aussi très semblable comme forme et proportions, ainsi que la 2 “ paire. Mais le méropodite de la 3® paire est plus court (6 fois aussi long que large au Heu de ^ fois) et son bord inférieur porte près de Tcxtrémité distale une forte épine, peu saillante toutefois et dont Taxe est à peine différent de celui de l’article.

Golfe Persiquc (Mission 13onnier-Perez).

Alpheus sp ?

Meialpheus, n. gén. ?

Il s’agit ici d’une forme très remarquable, peut-être identique à VA. rostratipes Pocock, ce que je ne saurais décider en l’absence du type. Cette identité ou valeur spécifique sont d’ailleurs secondaires en l’espèce, en présence des différences qui séparent ces formes du genre Alpheus luHmême, et conduisent presque à la formation d’un nouveau geni e.

Le rostre émerge entre les échancrures obliques des voûtes orbitaires, qu’il égale en longueur. La protection des ophtalmopodes n’est pas assurée du côté antéroHnterne.

Comme chez VA. rostratipes.^ les articles antennulaires sont aussi larges que longs. Toutefois, le 3® est i.5 fois aussi long que large. Le stylocérite atteint b^ milieu de l’article médian. La large écaille du scaphocérite atteint le tiers proximal, et son épine la moitié de l’article distal antennulaire. Le basicérite est volumineux, beaucoup plus haut que long surtout, avec une forte épine latérale, et le carpocérite, dépassant l’antennule de la moitié au moins de rarticle distal, n’est guère ([ue i.5 fois aussi long qii(‘ large .

Le volume de l’antenne contrastant avec le laible développement du scaphocérite, l’épaisseur des articles et des louets anteiinulaires sont des caractères insolites chez Alpheus^ lappidant surtout les genres Arete et Alpheopsis.

Le labre possède également un volume excessll. Il descend verticalement entre les bases des antennes, et sa haüteur égab* celle du céphalotliO!*ax, de façon à constituer une sorte de inulle

H. GOUTIÈIIE

(|ui donne à l’espèce une physionomie très spéciale. La partie inférieure en est enfermée, comme dans des valves, entre les psalivSlomes très élargis des mandibules, dont le palpe est cnlièrement invisible du dehors. Le psalistome porte une dizaine de faibles dents sur une courte portion de son bord supérieur. Le processus molaire est inclus, comme toujours, entre le labre et les paragnatbes, très développés également. C’est là une lorme de la mandibule unique jusqu’à présent chez les Alpbeidæ.

La maxillule et la maxille ont leur lorme normale. Sur le V maxillipède, l’article distal du sympodile est largement arrondi, l’endopodite et Pexopodile soudés sur leur tiers proximal, ce dernier avec un très étroit lobe a (Boas).

Le maxillipède a son épipodite en forme de sac membraneux. Le a son article distal foliacé, très élargi (un peu plus de 2 fois aussi long que large) excavé de façon à recevoir la masse du labre, des mandibules et des maxillipèdes précédents, comme chez VAlpheopsis fissipes H. G. L’article distal est conique, pourvu des soies sériées habituelles, sans épines terminales. II y a un bourgeon d’arthrobrancbie à la base du membre, avec une trace de bifurcation.

Par une malchance singulière, les 2 spécimens que j’ai étudiés ne possèdent qu’une seule des pinces de la paire, de même que les types de l’A. rostratipes . Je suis porté à croire que les deux pinces sont semblables. Sur un spécimen sec de ÏA. 7^ostratipes (S. Ivcnsington Muséum) la seule pince présente est si volumineuse qu’elle représente bien plutôt la grande. Sur un (les deux spécimens de la forme ici étudiée, la pince opposée est en voie de régénération, elle a dépassé le stade de forme indifférente, et apparaît très semblable à son opposée comme aspect général et proportions.

La 2 ® paire est courte et massive. Les segments du carpe décroissent du i®'" au ce dernier plus large que long, le

5“® égal au La paire a le méropodite très massif, inerme, 3 fois aussi long que large. Le dactyle est bifide, avec une saillie ventrale surnuméraire plus marquée chez le cT.

La 4“® paire n’a pas d’épipodite en crochet. Les i-ames des pléopodes, chez le d", sont beaucoup plus courtes que le sympo-

SUR QUELQUES NOUVELLES ESPECES d’aLPIIEIDÆ 2i5

dite, presque dépourvues de soies et de longueur égale. La 2 '“® paire lait exception en ce que la rame interne est étroite et très longue.

Chez la Ç l(*s rames sont plus longues et aussi plus larges que le sympodite, et le rétinacle de la rame interne (‘st lui-mème très élargi, si bien que la rame paraît simplement bilurquée sur son tiers distal.

Volume des fouets antennaires et de rantenne, incomplète protection des yeux, volume du labre, forme très spéciale des mandibules, du 2 '" maxillipède, du 3® maxillipède, des |)inces de la r® paire (?), brièveté de la 2 ^ paire, réduction du nombre des épipodites, forme très spéciale des pléopodes, tels sont les caractères que Ton pourrait invoquer pour la séparation de VA. rosira-tipes et des formes affines. Le nouveau genre pourrait recevoir le nom de Metalpheus s’il était conservé.

D’autre part, ces espèces montrent avec V A.parafjracilis II. G. une l essemblance très grande, au point que tous leurs caractères dilférentiels s’y retrouvent, // compris V absence d' épipoclite sur la

paire. Mais ces caractèi’('s sont pour la plupart atténués. 11 en est ainsi pour le volume de l’antenne et sa disproportion d’avec le scaphocérite. pour le volume du labre, la grandeur du psalistonic des mandibules, du sympodite du maxillipède, la largeur de l’article basal du 3° maxillipède, le volume de la petite pince, la brièveté de la 2 ® paire, pour la forme meme des pléopodes. En un mot, VA. paragracilis ne possède plus en propre qu’un seul caractère le séparant nettement du genre Alpheus^ l’épipodite du 4° péréiopode. Et si l’on passe à des espèces telles que VA. socialis, également très voisine, ce dernier détail disparaît.

On voit donc l’intérêt qui s’attache à la connaissance plus complète de r^4. rostratipes (et de l’.i. sp'i qui en est peut-être distinct) surtout pour savoir si la grande pince est ou non celle d’un Alpheus.

On peut noter que V Alplteopsis /issipes, la nouvelle espèce décrite plus avant, possède, seule du genre, les rnaxillipèdes de la 3® paire très élargis et les dactyles bifides. Si, la encore, les pinces de la E® pain* étaient, connues, peut-être possèderait-on un repère précieux pour fixer la validité du genre Metalpheus.

H. GO UT 1ÈRE

Par son rostre, V Alpheopsis fissipes se rattache à VA. equalis^ dont les pinces ne sont pas sillonnées. On conçoit très bien dès lors qu’une forme telle que Mètalpheus^ dans l’hypothèse où ses pinces seraient semblables et non sillonnées, soit sortie d’une autre telle que V Alpheopsis fissipes.

D’autre part, le groupe megacheles, jjarmi les Alpliées, présente comme je l’ai montré, les ressemblances les plus étroites avec les Alpheopsis tel que VA. trispinosus et VA. Chilensis, à pinces sillonnées. Gomme les 2 sections du genre Alpheopsis sont fort voisines, il n’est pas étonnant de rencontrer chez leurs dérivés Alpheus et Metalpheus des convergences comme celles qui rapprochent VA, rostratipes et VA. paragracilis.

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