S CHERS PARENTS
Le ï
Ce travail fut exécuté au laboratoire de l'Ecole de Chimie de Mulhouse, dans le courant de l’année scolaire 1894/1895, sous la direction de M. E. NœLrixc.
Je remercie mon cher et vénéré professeur des bons conseils qu'il a bien voulu me donner durant tout ce temps, et le prie d'accepter mes sentiments de vive reconnaissance pour l'intérêt qu'il m'a toujours porté pendant le cours de
mes études.
PNPRODUETION
Les amines aromatiques réagissent avec les aldéhydes pour former des produits de condensation de la forme
par élimination d’une molécule d’eau.
Les orthodiamines, en particulier, réagissent avec deux molécules d’aldéhyde, et l’on constate, en outre, une condensation intérieure. D’après Ladenburg', qui a étudié cette réaction, on obtiendrait, dans ce cas, des aldéhydines ainsi constituées :
Nous verrons par la suite qu'en remplaçant les orthodiamines par des dérivés orthoamidoazoïques, on obtient aussi des produits dans lesquels on est obligé d'admettre la formation d’un nouveau noyau.
Berju * le premier, en 1884, fit réagir la benzaldéhyde sur l’'amidoazobenzène. Ces deux corps formèrent, en éliminant
1 Berichte, XI. 590.
2 Berichte, XVII, 1400.
RE
une molécule d’eau, le benzylidèneparaamidoazobenzène sous forme de tablettes oranges de point de fusion 128°. Ce corps paraamidoazoïque se comporte donc comme une amine primaire ordinaire. En traitant le produit de condensation par l'acide chlorhydrique concentré, on régénère le paraamidoazobenzène et la benzaldéhyde.
En 1890, H. Goldschmidt et Rosell ‘ publièrent un travail dont une partie traite la condensation des corps orthoamidoazoïques avec la benzaldéhyde. En dissolvant l’orthoamidoazotoluène dans un excès de benzaldéhyde, et en chauffant ce mélange pendant un instant au bain-marie, ils obtiennent une pâte de cristaux qui, lavée à l'alcool et recristallisée, leur fournit un corps blanc de point de fusion 220°. Les analyses montrent qu’une molécule de l’orthoamidoazotoluène entre en réaction avec une molécule de benzaldéhyde en éliminant une molécule d’eau. Ce corps étant blanc, tandis que le produit de condensation du paraamidoazobenzène est jaune, il était douteux qu’on se trouvât en présence du benzylidèneorthoamidoazotoluène. L'étude de la condensation de la benzaldéhyde avec la benzèneazo-6naphtylamine prouva à Goldschmidt et Rosell que, dans cette réaction, les corps orthoamidoazoïques ne se comportent pas comme leurs analogues de la série para.
La benzèneazo-B-naphtylamine ne réagit pas aussi facilement avec la benzaldéhyde que l’orthoamidoazotoluène. Pour effectuer la condensation, il faut chauffer pendant quelque temps, à 140°, un mélange de molécules égales des deux corps avec un peu d’alcool. Il se forma dans les tubes une masse cristalline blanche qui, recristallisée de l'alcool, fournit un corps fondant à 193°. Les analyses élémentaires lui donnèrent la formule brute C,, H,, N..
1 Berichte XXIII. 487.
En chauffant ce corps avec de l'acide chlorhydrique concentré, il ne se forma pas trace de benzaldéhyde. Si l’on répète ce traitement en tube scellé, à 150°, on y trouve, après quelque temps, une masse blanche qui, recristallisée de l’alcool, fond à 220°. L'analyse lui donne la formule C H,, N, Cl, ce qui correspond au chlorhydrate du corps C; H,, N,, cité plus haut. En traitant ce sel par l’ammoniaque, on régénère le corps primitif de point de fusion 193°, qui ne contient plus de chlore.
Il résulte de ces observations que le corps C,, Æ,, N, est fortement basique, car il forme, avec l'acide chlorhydrique, un sel assez stable pour qu’on puisse le recristalliser de l'alcool sans dissociation aucune, et que le produit de condensation ne peut plus être décomposé en ses éléments, car on peut le chauffer jusqu’à 150° avec l'acide chlorhydrique sans régénérer les corps qui entrèrent en réaction.
La formule ordinaire
N=N—C: H; Cio Fe H . -