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Les os étant rigides inextensibles et inflexibles, chaque segment présente une longueur invariable ; donc sous ce premier rapport, nulle modification possible dans la longueur absolue (abstraction faite de celles qui sont dues au développement progressif du squelette). Ces mêmes os bien qu’indépendants et distincts, sont reliés entre eux de telle façon, que leurs extrémités ne peuvent jamais ni se rapprocher davantage ni s’écarter d’une quantité quelconque: donc sous ce rapport, impossibilité de voir la colonne se raccourcir ou s’allonger par disjonction, ni par chevauchement de ses pièces. Reste à signaler le troisième mécanisme en vertu duquel les extrémités de la colonne s’éloignent ou se rapprochent par le simple déplacement angulaire que subissent les tronçons sans s’abandonner un instant et sans changer leurs dimensions réelles. Dans ce mode de déplacement ayant pour centre les articulations, les os à la façon de branches d’un compas se placent bout-à-bout en interceptant des angles aigus, droits ou obtus, convergents, divergents, en un mot décrivant séparément ou conjointement des arcs de cercle, d’où résulte, en tous les cas, l'augmentation ou la diminution de la distance comprise entre leurs extrémités libres ou non contiguës. En somme l'appareil crural fonctionne à la manière des tiges flexibles, ou miéux des tiges articulées tantôt rectilignes, tantôt sinueuses qui changent de forme et de longueur par la métamorphose de la ligne droite en ligne brisée ou par le retour de la ligne brisée à la ligne droite. L'axe d’un tel appareil suit les destinées de la forme, de réel il devient fictif et réciproquement. Tirons immédiatement de
ces données les conséquences nécessaires, L'invariabilité des parties d’un tout implique linvariabilité du tout lui-même. Les os ne pouvant subir aucun changement brusque, ni dans leurs dimensions ni dans leurs connexions, le membre inférieur à l’état normal ne peut présenter ni allongement ‘ni raccourcissement anatomiques. Quelle que soit la position réciproque des segments, leurs longueurs additionnées formeront toujours le même total : c'est ce que nous appellerons longueur anatomique. Toute modification brusque dans cette longueur qu'elle porte sur un seul segment ou sur plusieurs ou sur tous à la fois sera nécessairement pathologique. On remarquera que nous avons dit du changement qu'il devait être brusque. En effet, nul n'ignore que le tibia d’un adulte est plus long que celui d'un enfant, que le fémur d’un vieillard est relativement plus court que celui d’un adolescent, puisque chez le premier, l'angle formé par le col et le corps est moins ouvert que chez le second. Evidemment cet allongement et ce raccourcissement sont normaux et nullement morbides, mais leur nature spéciale et leur mécanisme particulier étant signalés ils n'infirment en aucune façon la règle générale formulée plus haut.
On sera tenté de croire que longueur anatomique et longueur réelle sont synonymes : il n’en est rien. Nous verrons plus tard qu'il est indispensable de comprendre l'os iliaque dans le membre inférieur (appareil pelvi-crural); or, que la tête fémorale change de situation par rapport au cotyle et l'on voit apparaître des changements vrais ou réels de longueur, absolument distincts des change-
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ments anatomiques et des changements physiologiques. Ainsi done le membre inférieur possède, à côté de la longueur anatomique une longueur vraie ou réelle, que nous appelons longueur vraie de l'appareil crural. Enfin la physiologie nous montre l'existence d’une troisième longueur. Il est évident que les déplacements. angulaires des tronçons augmentent ou diminuent la longueur du membre, c’est-à-dire la distance qui sépare ses deux extrémités, force est donc, en regard des deux longueurs précédentes d’un membre que nous déclarons invariables, d'admettre une autre espèce de longueur inconstante, variable, dépendant de la situation réciproque des pièces de la tige articulée et à laquelle nous donnerons l’épithète de physiologique ou fonctionnelle parce qu’elle est en relations avec les mutations fonctionnelles du membre. Les variations de cette longueur, en plus ou en moins, constituent l'allongement et le raccourcissement physiologiques. Comme toutes les quantités qui varient en plus ou en moins, dans une étendue limitée, la longueur physiologique du membre inférieur présente un maximum et un minimum. Le premier est réalisé quand l'angle intersegmentaire est aussi ouvert que possible, quand les segments, en extension forcée, figurent une tige droite ou à peu près, quand, en un mot, les extrémités du membre sont à la plus grande distance. Le minimum se produit dans les conditions contraires : fermeture des angles qui deviennent aigus, flexion forcée de la jambe sur la cuisse, du pied sur la jambe, extension forcée des orteils sur le métatarse, extrémités du membre à la plus faible distance. Qu'on
QU eue
nous permelle un exemple vulgaire: ces longueurs extrêmes s’observent chez l’homme qui s'étire à son réveil et chez celui qui se pelotonne en entrant dans un lit froid.
La constatation des longueurs exceptionnelles, nous révèle sans doute la production de l'allongement et du raccaurcissement et la plus grande limite qu'ils peuvent attemdre, mais elle ne nous apprend pas où ils commencent, quels déplacements des segments le font naître, dans quels cas on peut dire du membre qu'il est allongé ou raccourci.
Il est impossible de répondre à ces questions sans
adopter une longueur moyenne en deçà et au del à de
laquelle se manifesteront les changements susdits. La fixation de cette moyenne présente quelques difficultés. Mathématiquement elle devrait correspondre à la moitié de l'échelle parcourue par les deux extrémités dans leur migration. En supposant que dans le rapprochement et dans l'éloignement maximum la distance entre ces extrémités égale 50 centimètres et un mètre, la longueur moyenne serait 75 centimètres. Mais cette solulion n’est guèreacceptable pratiquement, car si l’on dispose les segments de façon à donner cette longueur au membre, 1l paraîtra déjà notablement raccourci;-et, dans le fonctionnement habituel se comportera certainement comme un support trop court.
Il faut donc se résoudre à prendre une base conventionnelle et voici celle que nous proposons. Parmi les nombreuses positions que prend le membre inférieur 1l en est deux fort semblables bien que répondant à des
conditions physiologiques différentes dans lesquelles le membre d’un commun accord, passe pour n'être ni allongé ni raccourci et, à partir desquelles cependant se produisent évidemment, quoique en proportion inégale, l'allongement et le raccourcissement alternatifs.
Cest d’abord la position qu’affecte le membre dans le décubitus dorsal lorsqu'il touche le plan horizontal par la face postérieure de la cuisse, de la jambe et du talon. Puis, en second lieu, celle qu’il offre, dans la station verticale quand la jambe est étendue sur la cuisse et que le pied touche le sol par toute sa face plantaire. Si nous admettons que dans l’une et l’autre de ces attitudes le membre inférieur a sa longueur moyenne nous connaîtrons sans peine celle-ci en mesurant la distance qui sépare alors les deux extrémités.
Etudions donc la technique de, la recherche. des longueurs physiologique et anatomique.