CHAPITRE II
La Macrobiotique dans l'hygiène 1. La Gymnastique
Devant la stérilité des déductions religieuses et l’inutilité des formules magiques, dès que les savants ont édifié des théories médicales basées sur l’observation méthodique et l'expérience, la Macrobiotique s’est adressée à l’Hygiène.
L’Hygiène enseignait l’art d’éviter les maladies et de conserver toujours un corps sain, vigoureux, exempt de difformités. Elle fut créée par les médecins grecs qui en faisaient la conclusion logique de leur enseignement médical. Elle connut le plus grand succès auprès de certains peuples qui — comme les Hellènes — divinisaient la nature humaine et pour qui la possession de la santé et de l’existence la plus longue était le souverain bien.
Mais toutefois, même en cette matière, les opinions n’étaient pas semblables : l’École, qui voyait la cause de toutes les maladies dans l’influence des saisons, des températures et des localités, donnait à ces facteurs une importance toute particulière. Une autre, au contraire, estimait que l’organisme résistait d'autant mieux aux causes morbides qu’on l’obligeait davantage à prendre contact avec celles-ci. Le but était de durcir les organes pour leur assurer une durée plus longue et pour cela on habituait le corps aux bains froids quotidiens, on l’exposait presque nu aux intempéries de la saison la plus rigoureuse, on le forçait à braver les plus
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grandes fatigues. Mais l’Ecole qui gagnait les faveurs du plus grand publie, mettait la conservation de la santé dans une heureuse harmonie entre l’alimentation et l’exercice. L'alimentation devait être mi-végétale, mi-animale, appropriée aux tempérament; la tempérance devait être de règle, les bains tièdes et les frictions journalières. Enfin la clef de la” santé parfaite était dans les exercices qui se pratiquaient nus, oïints d'huile et suivis de massages.
On distinguait les exercices naturels qui sont ceux de Ia voix, de l’ouie, de la vue, de la pensée, comme le discours, la lecture et le chant;les exercices violents qui comprennent les courses simples, les courses au cerceau, les cources diaules (double stade), les courses en chars, les courses à cheval, la lutte au pugilat qui provoque le travail des bras, la lutte au poignet, les jeux du disque, du javelot, du corycos; enfin les exercices mixtes qui sont les promenades du matin en compagnie d'amis, ces promenades dessèchent, rendent les parties de la tête légères et alertes, relâchent le ventre et purifient le corps (Hippocrate).
L'ensemble de ces exercices constituait la Gymnastique.
Le succès de ces théories était tel que la gymnastique faisait partie des institutions publiques.
Elle se pratiquait en des édifices publies qui recevaient le nom de gymnastes. Les gymnastes se composaient de la palestre qui était une grande aire sablée et carrée, autour de laquelle se trouvaient des portiques, salles spacieuses garnies de sièges pour permettre aux philosophes et aux rhéteurs de converser commodément, d’autres étaient réservées aux athlètes. C’étaient : la salle des éphèbes ou apodytère, où l’on combattait déshabillés; le coryceum, où l’on venait se restaurer; le conisterium, où était le sable fin dont on se frictionnait; le loutron ou bain froid; l’elæothésium, ou dépôt d'huile; l’aliptaire, où l’on procédait à des onctions spéciales; enfin l’étuve. À côté il y avait le gymnaste proprement dit, de forme rectangulaire, dont les deux grands côtés étaient occupés par des colonnades, à l’intérieur des-