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Sur quelques Thrombidions des Nouvelles-Hébrides

En examinant une collection d’Acariens recueillis, en 1935-36, par M. E. Aubert de la Rüe au cours de son voyage aux Nouvelles- Hébrides, nous avons trouvé 44 Thrombidions adultes provenant des îles Erromango, Tanna, Malekula, Ambrym et Epi.

Cette étude présente un intérêt tout particulier puisque, jusqu’ici, aucune espèce de ce groupe n’est connue de cette région.

Trois formes sont représentées dans ce lot *, elles appartiennent au même genre Camerothrombidiurn Sig Thor 1936 et constituent des espèces nouvelles dont nous donnons la description ci-après.

Camerothrombidiurn insulanum n. sp.

Chez l’individu le plus grand, l’idiosoma atteint une longueur de 2090 p. et une largeur de 1390 p..

Les pattes mesurent respectivement : I, 1760 p. ; H, 1280 p ; III, 1450 p. ; IV, 2590 p. (épimères non comprises).

Sur la face dorsale de l'idiosoma, on observe des papilles de deux sortes : les-unes (fig. 5 à 9) grandes (35 p), portées sur un tubercule, sont renflées et couvertes de rangées longitudinales de fines soies. La structure de ces organes est difficilement perceptible car il semble que le liquide conservateur (alcool), en les déshydratant, provoque diverses déformations. Nous supposons que ces papilles, simples à leur base, se divisent ensuite par deux fentes longitudinales dont les bords sont protégés par de fines soies qui recouvrent en outre tout l'organe. Ces papilles, creuses, doivent laisser pénétrer et retenir ensuite l'humidité extérieure qui les gonflent plus ou moins. Les figures (5 à 9) que nous donnons montrent quelques uns des aspects que peuvent présenter ces grandes papilles sur un même individu. Les autres papilles (fig. 10), plus petites (10 à 14 p) sont, comme les grandes, portées sur un tubercule et couvertes de fins cils.

Aux pattes I, la tarse (fig. 3) a une longueur (420 p) qui dépasse le double (2,8) de sa largeur (150 p) ; il est de forme subcylindrique et largement arrondi à son extrémité distale. Le tibia est long de 310 p.

Aux palpes maxillaires, le quatrième article (tibia) porte, sur sa face dorso interne (fig. 2), deux peignes : l’antérieur, interne, est composé de 14 à 18 épines dont la première, beaucoup plus robuste

Bulletin du Muséum, 2 e série, t. XXVI, n° 2, 1954.

que les autres, constitue un ongle accessoire à la base de la griffe terminale ; le postérieur, tout à fait dorsal, est formé d une dizaine d’épines environ. On remarque, en outre, que cette face interne est absolument démunie de tous autres soies ou poils. À la face ventrale de ee même article, sur le côté externe (fig. 1), près de la base de la griffe terminale, on trouve une forte épine plus développée que l’ongle accessoire.

Enfin cet Acarien présente, par le développement et la structure des pattes de la quatrième paire, un aspect tout particulier dû à la grande dimension de ces organes et à la présence sur tous leurs articles, sauf le tarse, de soies pluridigitées assez développées (fig. 11).

Cette espèce, très voisine du C. bipectlnatum Trâgardh, s’en différencie cependant par la dimension des grandes papilles (légèrement plus petites) qui recouvrent la face dorsale de l’idiosoma ; il est également remarquable que, chez tous les individus de cette espèce hebridisienne, le 4 e article (tibia) des palpes est, sauf les peignes, absolument glabre sur sa face interne alors que chez bipecti natum Trag. et aussi distinctum Can. il présente de nombreuses soies lisses, longues et fortes.

Cette espèce est représentée par 30 exemplaires tous recueillis, par M. E. Aubert de la Rüe, sur les falaises (cote 20) de l île Tannat, Leonatit, le 3 avril 1936.

Camerothrombidium hebridisianum n. sp.

L’idiosoma, mesurant 2780 p de long sur 1680 jjl de large est orné, sur toute sa face dorsale, d'une pilosité très caractéristique constituée par deux sortes de papilles toutes portées par un court tubercule tronconique. Les unes (fig. 15) en forme de massue (atteignant 45 p de longueur) sont striées longitudinalement par des rangées de courtes barbules ; leur partie supérieure est subglobuleuse et semble couverte d une sorte de mucus coagulé. Ces papilles présentent, dans leur moitié antérieure, une cloison transversale. Les autres papilles (fig. 16), beaucoup plus nombreuses que les premières et plus petites (25 p), sont coniques et également pourvues, sur toute leur surface, d’une fine villosité.

Les pattes mesurent respectivement : I, 2275 p ; II, 1450 p ; III, 1460 p; 1Y, 2130 p.

Le tarse I (fig. 14) est légèrement renflé à sa face inférieure et a une longueur (525 p) qui atteint presque le triple de sa largeur (180 p). La longueur du tibia 1 est de 400 p.

Aux palpes (fig. 12 et 13) le quatrième article (tibia) présente, sur sa face dorso interne, deux peignes : l’antérieur se compose de 11 épines dont la première, extrêmement forte, constitue l’ongle

accessoire ; le postérieur est formé de 12 épines. De plus, on observe un peigne interne comprenant 8 fortes soies lisses. Sur la face externe de ee quatrième article il existe trois épines bien développées qui prennent naissance près de Farticulation du tarse.

Cette nouvelle espèce est représentée par 14 exemplaires, dont 1 recueilli à File Erromango, sous un galet, au bord de Williani’s River (2 mars 1936) ; 8 à l île Malékula, sous des pierres, au bord de la Pangkuinu, cote 40 (4 mai 1936), et 5 à File Epi, sous les pierres, le long de la rivière Ilibau, Nelson Bav (19 novembre 1935).

Camerothrombidium hebrulisianum , M. André.

Fig. 12, palpe maxillaire (face externe) ; Fig. 13, id. (face interne) ; Fig. 14, tibia el Larse de la patte I ; Fig. 15, papille dorsale ; Fig. 16, petite papille dorsale.

Camerothrombidium auberti n. sp.

Lidiosoma atteint une longueur de 2030 u sur une largeur de 1470 jjl

Les pattes mesurent respectivement : I, 1480 p. : II, 1050 ui ; 111, 1230 jjl ; IV, 1670 jx.

Sur la face dorsale de Fidiosoma on observe une pilosité constituée par deux sortes de papilles, toutes portées sur un court tubercule. Les plus grandes (fig. 20), subglobuleuses, atteignent une longueur de 27 jjl ; elles sont striées longitudinalement par des rangées de fines barbules extrêmement courtes. Leur partie supérieure semble ouverte et remplie d’un mucus qui s’est coagulé sous Faction du

liquide conservateur. Les autres papilles, plus petites (fig. 21), coniques, sont beaucoup plus nombreuses que les premières ; leur longueur ne dépasse pas 18 u.

Aux pattes 1, le tarse (fig. 19) est subcylindrique et a une longueur (365 u) qui atteint le triple de sa largeur (120 jjl). La taille du tibia est de 272 jjl.

Camerolhrombidium auberti, M. André.

Fig. 17, palpe maxillaire (face interne) ; Fig. 18, id. (face externe) , Fig. 19, tibia et tarse de la patte I ; Fig. 20, grande papille dorsale ; Fig, 21, petite papille dorsale.

Dans les palpes (fig. 17 et 18), le quatrième article (tibia) présente sur sa face dorso-interne, deux peignes : l’antérieur est formé de 10 épines dont la première, épaisse, constitue l’ongle accessoire ; le postérieur comprend également 10 épines. 11 existe aussi un peigne interne comprenant une dizaine de fortes soies lisses. Sur la face externe de ce quatrième article on observe quatre grandes épines qui s’insèrent près de la base du tarse.

L’unique exemplaire constituant cette nouvelle espèce a été récolté par M. E. Aubert de la Rüe dans l’île Ambrym, Lonre (cote 250), le 20 janvier 1936.

Laboratoire de Zoologie du Muséum.

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