OBSERVATION
Voici labseryation que nous avons pu recueillir à
l'hôpital de Neuilly.
Met. , âgée de 46 ans, entre dans Je Service du Dr CayLA le 19 octobre 1943, venant du pavillon de l'observation où elle se trouvait depuis” le 8 octobre
Depuis 4 mois, la malade présentait : NE cu
de l’amaigrissement, de la fièvre (3702 le matin, 3708 le soir), de la diarrhée.
Elle avait été précédemment traitée à l'Hôpital de la Cité Universitaire dans le Service du Professeur LENÈGRE depuis juin 1943, jusqu’à 9ctabre 1943, où devant la température hectique, l’'amaigrissement, joints au syndrome abdominal douloureux, malgré l'absence de signes cliniques pulmonaires, de signes radiologiques, on avait cependant conclu à une tuberculose pulmonaire avec atteinte de l’intestin et décidé l'envoi de la malade dans un préventorium.
Devant la commission de contrôle de l'Office Public | d'Hygiène Sociale, avant son départ, le médecin COnstatant son état général très mauvais, refuse de la laisser partir et la fait entrer dans le Service de l’observation de l'Hôpital de Neuilly où elle est examinée par le D' Louver. | Tous les examens en vue de confirmer une tuber-
culose sont pratiqués.
Les résultats tant cliniques que radiologiques sont négatifs, les examens de crachats ne révèlent au— cun bacille de Koch. On rejette le diagnostic de tu-
berculose pulmonaire et la malade est transférée le
ro octobre dans le Ares de Médecine générale sans | qu ‘aucun diagnostic ferme, même de tuberculose i in— : | 1 4
| testinale ait été posé. | Nous sommes donc devant une “malade de 16 ans # qui a de la fièvre: | 2
— température normale le malin et 389 7 à 390 4 le soir, | . — quiädela datée, diarrhée banale sans aucun ! caractère spécial faite de ÿ ou É selles dans la jour-
née,
— qui a de l polyurie nocturne L'examen clinique! est assez Done de enSeIenes . ments. A | L'abdomen est douloureux d’une manière imprécise dans les régions para-ombilicales droiteetgauche 2 Ÿ * avec une légère défense.
On perçoit une masse ganglionnaire allongée dousl | loureuse le long du côlon gauche. ee Maisil n'y a pas d'augmentation de volume, pas. cars de circulation collatérale, pas de douleurs dans les - régions lombaires.
L'appareil cardiovasculaire est normal en “dehors
d'une légère hypotension (10-7 au Vaquez). Il n’y à LES aucun signe auscultatoire pulmonaire. 47 L'examen du système nerveux ne révèle aucune FA QUE
2 . x Ex ‘ ali 2 “ 6 ñ Au ‘2 anomalie. RÉ NE : En L On note seulement une éruption du pli du coude a
droit apparue il y a un mois, vraisemblablement à la (he
oh suite d’un traitement imercuriel entrepris à l'Hôpital
ae Cité DRE devant date es téb ins
d'unè hérédo syphilis probable: PNA | “Lré stude des antécédents tant personnels qué he
“liaux ne nous apprend rien et pour orienter un ‘dia-
gnostic qu’ on entrevoit à peine, on pratique le 23
: octobre 1943.
ro Un examen sanguin dont voici le résultat : Numération globulaire : |
Hématies RAR RU ns 3.850.000
Lencocyies LRU MENT 6.400 Hémoglobine .....,..,...: “eu 80 % \Waleur:globulaite vu 0,9 Formule leucocytaire :
Polynucléaires neutrophilés...... 63% Poiynucléaires éosinophiles...... 1% OUR Polynucléaires basophiles. UE Ex Lymphocytes. . NE NE de
Moyens mononueléaires PARUS RATS Grands mononucléaires . DANONE A Monocytes RE sa RU AAC
en somme, une formule d’anémie légère.
90 Un examen cyto- PR SAS des urines qui donne :
Absence de pus. . Ds Absence d’hématies. E Présence de quelques cellules épithéliales.
Aucun germe. La recherche des bacilles de Koch est négative :
Se 39 Un examen des selles tant direct qu'après homo-
CO À 2 Pl
Radiographie pulmonaire.
Le parenchyme cest normal.
LT
NA SZ 7 < ZNŸ 0 SA SNS È CS:
NU SINIS INT \ A ” IN ZNT
Radiographie de l’intestin.
Le cæcum est dilaté.
généisation ne permet pas de déceler de bacilles de Koch ;
4° Une hémoculture et un séro-diagnostic T. A. B. tous deux négatifs.
Le 24 octobre 1943, un examen radiologique de l'intestin après lavement baryté, montre le cæcum un peu distendu, le côlon gauche excentré, la masse ganglionnaire n’est pas visible.
Le 25 octobre 1943, on pratique un examen de l’exsudat vaginal qui montre : présence de pus, flore saprophyte et polymorphe, pas de gonocoques.
Durant toute cette période du 19 octobre 1943 à la fin de novembre 1943, aucun traitement n’est institué ; la courbe de température reste la même, présentant une légère ondulation dans son ensemble. On note une légère reprise du poids qui, de 35 kgr. 800 le 5 novembre 1943, passe à 37 kgr. 100 le 18 novembre.
L’examen clinique ne révélant toujours aucun fait
nouveau, le 25 novembre on pratique :
1° un examen des selles direct, pas de bacilles de
Koch ;
20 une numération globulaire :
Hématiés te Men EE 3.280.000 euCopytes RER er de, 5.400 Hémoglobine AA RAA REA HN EE TR 65% Vatéur globulairé. 2200 en 0,9
39 une formule leucocytaire :
HAT SD Polynucléaires neutrophiles..... CE 36 Polynucléaires éosinophiles...... OUR 0 Polynucléaires basophiles........... 0% Lymphocyltest seins AnsNer Rare 1100 Moyens mononucléaires......... PRES SNA Grands /mononucléaires eee 6% Monocytes, 26e OUR 4%
avec anisocytose légère.
Donc toujours formule anémique sans caractères: permettant une orientation du diagnostic.
Le 30 novembre 1943, on refait un examen cytobac tériologique des urines direct qui montre :
quelques polynucléaires peu altérés, absences d’hématies, nombreux cristaux d’urate de soude, de potasse et d’oxalate de chaux, quelques cellules épithéliales, aucun germe. |
La recherche et la culture du bacille de Koch sont négatives.
Un autre examen. fait vers le début de décembre donne les mêmes résultats.
Devant la négativité de tous les examens de laboratoire, l'absence de fait clinique nouveau, le peu de précision apporté par la radiographie de l'intestin, devant la persistance de la température, on institue le 15 décembre un traitement sulfamidé per os.
le premier jour : 8 grammes,
pendant les 11 jours suivants : 6 grammes,
enfin, 4 grammes le dernier jour soit en tout 78 grammes.
Le traitement semble avoir pendant quelques jours
Se EU
ane influence sur la courbe de température qui se trouve désarticulée et baisse notablement. à
Cependant, le 28 décembre, dernier jour du traitement, la température remonte à 37° 4 le soir et reste auxenvirons de 370 3 le matin, 380 8 le soir jusqu’au 3 janvier 1944, jour de reprise d’un nouveau traitement sulfamaidé, 8 grammes pendant 2 jours en descendant progressivement pour atteindre 4 grammes ; le traitement dure 12 jours, soit 57 grammes de sulfamides qui n’empêchent pas de nouveaux clochers fébriles et le 8 janvier, on fait une nouvelle hémoculture également négative. Tout de suite après ce deuxième traitement, la courbe de température subit une légère baisse pour refaire une nouvelle ondulation durant une dizaine de jours jusqu’à un troisième traitement sulfamidé de 79 grammes pendant 17 jours, qui cette fois, n’amène qu’une très légère perturbation de la courbe.
Tandis que la température reste oscillante, l’état, général décline de plus en plus, la malade est très
faible, perd du poids ;
er Ojanviers 20: ie. MANN 3 kgr. 900 Fe 2DIIRVIer 7 CLR PETER 35 kgr. 400 Le25-janvier SN AUS 34 kgr. 500 Le 7 février. 4e ete 34 Kkgr.
mais localement aucun changement.
Le 8 janvier, on fait une intradermoréoction à la mélitine qui est négative.
Les jours suivants, devant l’échec du traitement
R, Vincent AE,
CN Tte anti-infectieux, on se contente d'observer la malade en pratiquant une thérapeutique symptomatique (spasmalgine, élixir parégorique, tannim).
Le 10 février, un nouvel examen d’urines est fait, ne montrant rien de spécial.
Le 12 février, une numération globulaire donne :
ÉénaAtest tes Are ee nAs : 8.600.000
Héucocyies tan pu : 6.600 Hémogiobine tt iii vue L 70%, Valeur globulaire:..,1.0.% 0,9
Formule leucocytaire :
Polynucléaires neutrophiles........ 45%, Polynucléaïres éosinophiles........ 0% Polyrucléaires basophiles..:....... 0% Lymphocytes ....:... ne CC AN EDE ATOS Moyens mononueléaires............ 2% Mohoëyies "25 Me urertNe User 6%
Le 19 février, un nouvel examen de selles devant être fait pour rechercher les bacilles de Kock, on demande également la recherche des amibes qui s’avère positive. On trouve en effet de nombreuses entamæba dysenteriæ, variété histologique sous leur forme virulente, La malade est tellement fatiguée qu’on renonce à pratiquer une rectoscopie.
On institue alors immédiatement un traitement à l’Emétine pendant trois jours consécutifs, puis pendant 4 jours, tous les 2 jours, c’est-à-dire jusqu’au 29 février, mais l’état général est extrêmement bas ; la maladeest très amaigrie (32 kgr. roo le 22 février 1944)
et ce n’est que le 6 mars qu’on obtient une chute de
Lee RENE
température qui remonte d’ailleurs les jours suivants, un peu moins qu'avant néanmoins.
Entre temps, un nouvel examen des selles fait le 2 mars montre la présence de nombreux kystes d’amibes.
L’émétine ne semblant pas avoir une action certaine, on institue le 4 mars un traitement arsenical, d’abord sulfarsénol, puis stovarsol qui fait nettement baisser la fièvre (37°2 le matin, 38°4 le soir). Le 25 mars, on tente un nouveau traitement émétinien, mais le
29, mouvement fébrile, puis le 3 avril nouveau clocher à 4o°2 {le matin) et la malade meurt le len-
demain.
L’autopsie fut pratiquée quelques jours après. Elle nous donne assez peu de renseignements :
— Énormes adénopathies mésentériques.
— Rate’de volume normal présentant des granulations sur la capsule.
— Poumon macroscopiquement normal.
— Foie pâle à la coupe sans abcès.
L'examen histologique des coupes après coloration et inclusion dans la paraffine donne les résultats
suivants (M. NormanD) :
Rate. — Sclérose légère ; pas de foyer abcédé ou inflammatoire.
Poumon. — Fragment occupé par une vaste zone
de mortification caséogène avec volumineux amas microbien à la partie centrale, sans appel leucocytaire
Pas de formes amibiennes décelables.
Foie. — | Dégénérescence graisseuse accusée, ri tation notable, pas d’abcès, ‘he de formes ami- .
biennes. x" lei Ye de PR à SE
AN Ganglion. Ltônes de mortification à caséeuses entou-
rées par un tissu conjonctivo adipeux, avec quelques FE
| rares cellules SAS LE Fos ; ee
TRE — Ülbtions avec régions mortifiées et.
cellules géantes, pas de muqueuse décelable.