CHAPITRE V
Diagnostic.
Ce qui peut égarer le diagnostic du clinicien en présence d'un malade atteint de pseudo-myxome avec crises appendiculaires, c'est la constatalion d'une masse ir régulière dans la fosse iliaque droite.
Les deux affections qui simulent cette maladie sont :
Un néoplasme du cæcum et de l'appendice, d’une part; la tuberculose iléo-cæcale, d'autre part.
En ce qui concerne la première de ces affections, l'erreur peut êlre commise même une fois le ventre ouvert, comme le prouve le cas de Wilfrid Trotter qui vit.son malade guérir sans récidive après une laparotomie exploratrice au cours de laquelle on referme le ventre, croyant avoir affaire à un cancer inopérable, à aspect gélatineux.
L'examen histologique d'un fragment d’ épiploon réséqué démontra l'erreur de diagnostic.
Les troubles fonctionnels accusés par les malades atteints de celle affection sont surtout des phénomènes digestifs : alternatives de diarrhée et de constipation que le malade intitule sou: vent entérite surtout lorsqu'il y a des phénomènes douloureux, crises de sub-occlusion intestinale qui, par leur intermittence, peuvent rappeler les crises subintrantes de certaines formes d'appendicite chronique. L'apyrexie est absolue. |
Entre cette affection et la forme dite néoplasique de l’appendicite, il faut bien avouer qu'il n'existe guère de différences et que les meilleurs cliniciens s'y sont {rompés.
Si l'aspect macroscopique est le même au cours d’une inter-
vention, le doute ne peut guère subsister quand on examine un peu attentivement la pièce opératoire et quand on fait l'examen histologique.
Dans ce cas, en effet, on constate que la tumeur est constiluée par une poche close de toute part et cloisonnée par des travées conjonctives qui délimitent des loges enfermant une substance gélalineuse souvent pigmentée en brun noirâtre.
Les ganglions du méso et du mésentère sont envahis. Enfin, à l'examen microscopique, on constate que la matière gélaltineuse, qui semblait amorphe à la simple inspection, est au contraire riche en cellules de toutes sortes, mais surtout en cellules dégénérées.
Jointes à des notions étiologiques particulières : âge du malade, évolution rapide de la maladie dans le cas de cancer, ces constatalions permettent d'assurer un diagnostic hésitant au début.
La tuberculose iléo-cæcale, dans sa forme hypertrophique, peut être aussi confondue avec le pseudo-myxome de l'appendice. |
Cependant, la masse cæco-appendiculaire est souvent plus volumineuse, plus irrégulière comme consistance et surtout plus douloureuse à la pression qu'un pseudo-myxome.
Les antécédents du malade et l'évolution de la maladie sont aussi un peu différents.
Au cours de l'intervention, le doute n'est guère permis, car l'aspect physique des deux lésions est bien différent.
Enfin, lorsqu'au cours d'une laparotomie on trouvera dans le ventre, répandues irrégulièrement parmi les auses intestinales et accumulées dans le petit bassin, des masses gélatineuses analogues à de la gelée de pomme ou de coing, il faudra faire le diagnostic de l'origine de ces néoformations.
La première idée qui vient à l'esprit au cours d'une opération est celle d'un pseudo-myxome péritonéal à point de départ ovarien. Mais quand on ne trouve rien au niveau des annexes, il faudra toujours songer au pseudo-myxome de l'appendice et aller examiner avec soin cet organe,