‹ Sur un cas de grossesse péritonéale secondaireChapitre 21 sur 27 · VAUTRIN, NANCY · texte numérisé non relu

VAUTRIN, NANCY

M. le Professeur Vautrin, de Nancy, a communiqué, en 1924, à la Société d'Obstétrique, Gynécologie et Pédiatrie, quelques observations de grossesses abdominales. Ces observations sont brèves, mais infiniment intéressantes par la variété précieuse des renseignements qu'elles fournissent sur l’improvisible évolution de ces gestations anormales.

1. — C’est d’abord l’histoire d’une grossesse tubaire rompue au 6° mois sans accidents bien importants, mais nets.

La grossesse a évolué alors des signes foetaux bien accusés jusqu'au 8° mois, époque à laquelle le foetus est mort. La femme s’étonnant plus tard de ne point avoir accouché, on l’opère et on trouve un lithopédion non enkysté qui n’a pas déterminé la moindre irritation de voismage. Les suites furent aussi simples que possible.

2. — Très différente fut l’évolution des autres cas que rapporte M. Vautrin.

Chez une femme ayant présenté, après un retard de règles de 2 mois, un avortement tubo-abdominal avec le tableau habituel, l’œuf se greffe et se développe jusqu'à 6 mois dans l’abdomen. On assiste à cette époque à un faux travail avec pertes abondantes et expulsion de caduque. Quelques semaines plus tard, survient un sYndrôme péritonéal intense, avec arrêt des matières et des gaz. À l’examen, on trouve une grosse

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tumeur pelvi-abdominale qui bombe dans le Douglas et remonte jusqu’à l’ombilic. On fait alors une colpotomie qui donne accès dans une vaste loge purulente, d’où l’on extrait un foetus putréfé. Après drainage, la malade guérit sans difficultés. 3. M. Vautrin pense que, dans ce cas, la grossesse abdominale fut primitive. Après arrêt de cette grossesse il trouva, en intervenant, un fœtus mort rétro-utérin. La malade guérit. 4-5, —— Deux cas viennent ensuite, dont l’un ressemble fidèlement à l’autre. Dans ces deux cas il s'agissait de femmes épuisées, présentant des signes de péritonite généralisée. Chez toutes deux on a trouvé un foetus macéré au milieu des anses

grêles, la trompe portant des signes de rupture antérieure. Toutes

deux sont mortes.

6. — Ce dernier cas est plus favorable : Il s’est agi de l’évolution secondaire d’une grossesse tubaire rompue au troisième mois. On a opéré à terme, après avoir suivi la grossesse pendant toute sa durée. Le kyste foetal contenañk un enfant vivant est très adhérent, on peut néanmoins être conservateur, on draine à cause de la grande surface cruentée. Suites excellentes.

E. POTHERAT. (Société de Chirurgie, Mars 1920.)

On admet assez communément qu’une grossesse abdominale est une grossesse tubaire qui, après rupture, s’est greffée sur le péritoine.

La raison en est qu'il faut, semble-t-il, pour qu’une placen-

: y . se . à , , tation s’établisse, qu'il y ait, en face d’un ovule fécondé, non un endothélium, mais une muqueuse appropriée, utérine ou tubaire. |

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Le fait anatomique que je vous présente et qui provient d’une femme que j'ai opérée hier matin, s'inscrit contre la théorie de la rupture tubaire préalable, et peut-être même contre la nécessité d’une muqueuse appropriée.

Ainsi qu'on peut le voir, la trompe droite est intacte : le pavillon fait partie du sac extra-tubaire, dans lequel était contenu un foetus du sexe masculin bien conformé, apparemment mort depuis peu. Sur les franges du pavillon de cette trompe, on voit encore une insertion placentaire : c’est l’extréme périphérie d'un placenta important, implanté presque exclusivement sur le méso-colon iliaque auquel il adhéraïit très fortement. Le sac intact, rempli d’un liquide amniotique clair, laisse venir le foetus avec un cordon à insertion placentaire centrale, gros comme le petit doigt, très friable, qui se rompit sans saigner.

La femme vigoureuse, âgée de 36 ans, bien que mariée depuis 17 ans, ne soupçonnait pas, non plus que les médecins qui la virent, la nature de son affection. Bien réglée jusqu'en octobre dernier, elle a eu deux fois ses règles dans ce mois, au début et à la fin, rien en novembre. En décembre, 8 jours plus tard qu’à l'habitude, elle eut une grosse perte de sang pendant un jour, puis, pendant trois semaines, des pertes moins abondantes, rouges ou jaunâtres. Fin décembre, de violentes douleurs abdominales,sans début cataclysmique,obligent la malade à prendre le lit et par leur persistance, à le garder. Pas de vomissements, mais amaigrissement assez considérable.

A l'examen il y a quelques jours, ou trouve le ventre météorisé autour de l’ombilic, mat au dessus du pubis, surtout à gauche.

Au toucher, col entr’ouvert sous le pubis, corps rejeté sur la symphyse ; tout l'organe est mou. Tuméfaction en arrière et

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