‹ Sur un cas de grossesse péritonéale secondaireChapitre 25 sur 27 · AR, (EN · texte numérisé non relu

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l’empêchant pas toutefois de vaquer à ses occupations. Le 15 mai, brusquement, à 2 heures de l'après-midi, elle est prise d’une douleur violente qui lui arrache des cris, et la rend incapable de tout mouvement. Elle ne perd pas cependant connaissance. Cinq ou six de ces accès se reproduisent, dit-elle, dans le mois de mai. On crut alors à une péritonite causée par une tumeur, et elle entra dans un service de chirurgie où le chef de clinique ne voulut pas pratiquer la laparotomie en raison du mauvais état général de cette femme.

Rentrée chez elle, son état s'améliore et le 25 août elle perçut nettement les mouvements de son enfant, ce qui l’étonna beaucoup car,jusque-là, ni les médecins qui l'avaient examinée, ni elle-même n’avaient pensé à une grossesse.

Quoiqu’elle fut obligée de garder le lit, son état général se modifia heureusement pendant les mois de septembre et d’octobre. Le 15 octobre, elle perçut les mouvements de son enfant pour la dernière fois et aussitôt les phénomènes douloureux et réactionnels disparurent et cette femme put alors quitter le lit et vivre de la vie ordimaire. Il n’y eut pas de faux travail, pas de montée laiteuse, pas d’hémorragie.

Le 25 janvier, cette femme vint à notre consultation afin de savoir quand elle accoucherait, et si on ne devait pas lui enlever la tumeur dont on lui avait parlé, avant ou après l’accouchement. Le docteur Potocki, chef de clinique, qui l’examina tout d’abord, n'hésita pas à porter le diagnostic de grossesse extrautérine et le professeur Pinard confirma ce diagnostic le lendemain. En effet, le ventre de cette femme était développé comme il l'est généralement à six mois de grossesse, mais il présentait un aspect irrégulier. La palpation permettait de reconnaître une tumeur très mobile placée en diagonale de haut en bas et de tumeur une crépitation osseuse mamifeste. Une autre tumeur pla-

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cée sur la ligne médiane et s’élevant à quelques centimètres audessus de la symphyse était immobile. L'auscultation était négative. Le toucher fit rencontrer le col en avant, derrière la symphise, et en combinant le toucher au palper, il fut facile de reconnaître que la tumeur inférieure et médiane était constituée par l'utérus. Le cathétérisme de cet organe montra qu 1 était vide et mesurait 9 centimètres 5. |

Si le diagnostic de grossesse extra-utérine était telativersent facile, un fait cependant préoccupait le docteur Pinard, c'était la mobilité de la tumeur supérieure, circonstance qui ne se rencontre guère dans le cas de kyste fœtal. Aussi se proposa-t-il d'explorer la cavité abdominale avant de suturer le kyste, en pratiquant la laparotomie.

Pendant qu'on aseptisait cette femme, elle eut ses règles, qui commencèrent le 23 janvier, c'est-à-dire trois mois après la mort de l'enfant. Ces règles durèrent trois jours et déterminèrent pendant ce temps un état fébrile, la température monta à 38°8.

Pour ces raisons, cette femme ne fut opérée que le 4 février, avec l'assistance du docteur Segond. M. Pinard pratiqua une incision sur la ligne médiane et allant de l’ombilic à deux travers de doigt au-dessus de la symphyse, car la vessie remontait assez haut. Le péritoine était extrêmement épaissi et vasculaire. Dès que ce dernier fut incisé, la tête du fœtus apparut libre au milieu des anses intestinales. La main introduite permet de constater que le fœtus est libre et à nu dans la cavité abdominale et qu'il n’y a d’adhérences qu'avec des tractus membraneux qui vont se perdre dans l’excavation.Ces tractus s’insèrent sur la tête, la jambe et le pied gauches. On procède avec lenteur à l’extraction, en détruisant facilement les adhérences, sans produire aucune hémorragie. Le fœtus pesant 580 gr., n'était plus relié au placenta par le cordon. Ce dernier avait disparu.

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