‹ Sur un cas de grossesse péritonéale secondaireChapitre 6 sur 27 · CAUSES DE LA GROSSESSE TUBAIRE · texte numérisé non relu

CAUSES DE LA GROSSESSE TUBAIRE

[. — Quelles sont les causes de cette grossesse tubaire ? Lawson-Tait, étudiant le rôle de l’épithélium vibratile de la muqueuse tubaire, invoque une salpingite desquamative avec chute des cils. [l en résulterait que l’ovule reste en route dans la trompe sans pouvoir atteindre l'utérus, tandis que les spermatozoïdes, débarrassés des cils qui leur défendaient l'entrée des oviductes y pénètrent et vont là même féconder l’ovule qui se greffe sur place, d’autant plus, ajoute Pilliet, que l’inflammation transforme les franges de la trompe en bourgeons charnus et vasculaires où la greffe de l’œuf se fait plus aisément. De fait cette altération de l’épithélium, presque toujours constatée, est admise par la plupart.

Bland-Sutton, au dire de Tait, l’a maintes fois relevée.

Engstrôm conclut aussi à l'influence de la salpingite et de la périsalpingite sur l’épithélium.

J. Ross insiste sur les salpingites, sur la gonorrhée, sur les soins insuffisants que prennent certaines femmes après les fausses couches ou les accouchements, sur certains durs travaux, la multiparité, tous motifs à salpingites.

Mais il admet aussi comme causes : la compression de la

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trompe par un fibrome et la malformation des organes génitaux internes.

Cette dernière influence a été surtout défendue en Allemagne pour expliquer les grossesses tubaires doubles ou récidivées.

Beck rappelle l’importance des recherches de Freund sur les malformations congénitales ou acquises des trompes.

Schrœæder croit que le calibre deviendrait ainsi suffisant pour le passage du spermatozoïde, non de l’ovule fécondé.

Karl Abel se range à cet avis ; 1l invoque la torsion en spirale de la trompe, souvent bilatérale, ce qui expliquerait les grossesses doubles ou récidivées, cette disposition étant un reliquat d’infantilisme qui peut coexister avec d’autres.

Ainsi donc, salpingites d’un côté, malformations congénitales ou acquises de l'organe se combineraient souvent pour amener, suivant la théorie de Lawson-Tait, la fécondation de l'ovule en mauvais lieu et le développement d’une grossesse ectopique.

Nous devons ajouter qu’en dépit de la Resa que ces théories peuvent apporter à l'esprit, MM. Faure et Siredey concluent à l'impossibilité de connaître les causes de la grossesse tubaire. De plus surgit une autre difficulté. Les pièces d’ opération ou d’ autopsie sont le plus souvent dilacérées, ce qui rehd toute précision aléatoire.

Quoi qu'il en soit, nous devons étudier quelle partie de la trompe l'œuf occupe habituellement. Îl peut se fixer partout, depuis l’orifice utérin jusqu'aux franges du pavillon, constituant amsi des variétés de grossesse tubo-ovarique, tubaire et tubointerstitielle, dont l’évolution pourra être très différente suivant les cas, les deux premiers modes seuls nous intéressant en ce qui concerne la grossesse abdominale secondaire. En effet, Martin (centr. f. gynoek 1892, n° 39) a vu, sur 55 cas, l'œuf

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tion expliquerait à ses yeux la fréquence très grande de l’expulsion tubo-abdominale, surtout dans les premières semaines de

Ja grossesse ectopique, alors que les franges du pavillon ne

sont pas encore agglutinées par des adhérences. Il nous faut aussi dire quelques mots de la grossesse ova-

rienne. Lawson-Tait n’en nie pas la possibilité théorique, mais

il la considère comme très rare. Martin, au Congrès de Bruxelles de 1892, prétendait déjà que le fait n’était pas si étrange qu'on voulait bien le dire alors, et l’examen histologique que Vaudescal rapporte dans |’ observation que nous citons en

entier. vient montrer que la grossesse ovarienne primitive n'est.

pas un fait exceptionnel.

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