‹ Sur Un Cas De Lupus Scléreux Mutillant Des ExtrémitésChapitre 3 sur 12 · HISTORIQUE ET CLASSIFICATION · texte numérisé non relu

HISTORIQUE ET CLASSIFICATION

Après les nombreux travaux publiés sur les tubereuloses cutanées, il semblerait que cette question dut être parfai. . tément élucidée et précisée; malheureusement, les auteurs ont souvent employé des mots différents pour traduire des lésions qui, si elles ne se ressemblent pas intégralement, ont du moins de grandes affinités entre elles. Aussi, la question nette quant au fond, reste-t elle assez embrouillée quant à la forme, et il est difficile de donner une juste classification.

Leloir et Vidal, en 1882 (comptes rendus de la Société de biologie), les premiers individualisèrent une forme atypique de lupus à laquelle ils donnèrent le nom de lupus. scléreux. :

Avant eux, Hardy, en 1860, avait distingué dans son Traité des maladies de la peau, un groupe de scrofulides malignes parmi lesquelles, la scrofulide verruqueuse, et Mac Call Anderson, en 1877, avait dépeint le lupus verrucosus ou scrofuloderma verrucosum, mais ni l'un ni l’autre n’en avaient indiqué la nature ni la structure.

En 1883, Vidal fait une étude complète du lupus scléreux et l’identifie à la scrofulide verruqueuse de Hardy, au lupus verrucosus de Mac Call Anderson et au lupus papillaire de Kaposi, dont le lupus corné de Lang est une des

sous-varlété,

En 1885 et 1886, Riehl et Paltauff, assistants de Kaposi à Vienne, décrivent comme une affection nouvelle sous le nom de tuberculose verruqueuse, une tuberculose cutanée rappelant de très près le lupus sdléreux de Vidal. |

Dans la suite, Brissaud parle de la tuberculose papillomato-crustacée, Hahn du lupus papillomateux et verruqueux, Hallopeau de la tuberculose scléreuse et papillomateuse, Neumann, Deutsch du lupus papillaire hypertrophique.

Toutes ces appellations, Y :COMpris le tubercule anato:mique de Laennec, cor reÿpondraient à une même lésion, semble-t-il, pour des auteurs tels que Leloir, Darier, Gaucher, alors qu’il y aurait correspondance plus ou moins exacte pour Brocq, Moutot, Gougerot. Nous pensons qu’en réalité, toutes ces formes de lupus sont reliées ensemble par c’insensibles transitions et que si l'on envisage la morphologie de la lésion, ses caractères histologiques, son étiologie et son évolution, ces ie ses appellations sont également justes. 28

Nous avons choisi le terme de lupus scléreux parce qu’il répond plus exactement que tout autre à la lésion de notre malade, dont le fait dominant est la sclérose. Suivant la classification donnée par Brocq dans son Traité élémentaire de dermatologie pratique, nous ferons de ce cas une variété du groupe de tuberculoses cutanées pr PR dites qui comprend :

1° Le tubercule anatomique ; 2° La tuberculose verruqueuse de Riehl et Paltauff : ° Le lupus scléreux.

ETIOLOGIE ET PATHOGENIE

Le lupus scléreux est une affection assez rare, La plupart des cas cités par les différents auteurs sont rapportés isolément. M. le professeur Vedel n'en a vu que deux cas en seize ans, à la Clinique des maladies cutanées et vénériennes des hospices de Montpellier. Cependant, Vidal, en 1883, avait basé son étude du lupus seléreux sur, onze observations. di |

Contrairement aux autres formes de lupus qui sont plus fréquentes chez la femme, le lupus scléreux se rencontre le plus souvent chez l’homme. Il peut se développer sur divers points du corps, mais il siège de préférence aux extrémités: aux doigts, aux mains, aux pieds; il est relativement assez fréquent aux avant-bras, aux cuisses et aux fesses.

D'après Vidal, c'est presque toujours chiez des sujets serofuleux qu’on observe le lupus seléreux; il y aurait done prédisposition du terrain. Broca, Gaucher, ont, à leur tour, insisté sur la prédisposition tuberculeuse des sujets.

L'infection se fait de deux manières: par inoculation primitive et par auto-inoculation secondaire. L'inoculation directe de la tuberculose humaine par la peau est aujourd’hui un fait universellement admis; le cas de Laennec réalisant un tubercule anatomique à la suite d’une écorchure par un coup de scie lors d’une autopsie d’un

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sujet tuberculeux et mourant vingt ans plus tard de tuberculose généralisée, est resté classique.

L’inoculation primitive serait de beaucoup la plus: fréquente: le bacille de Koch d' origine humaine ou d’origine animale vient de l'extérieur et pénètre dans le dérme à la faveur d’une effraction cutanée. Tantôt la lésion qui permet l’infeétion secondaire tuberculeuse préexiste, tantôt au contraire elle se produit en même temps que l’inoculation du virus. Les médecins, étudiants, garçons d'amphithéâtre, infirmiers, vétérinaires, bouchers, équarisseurs sont particulièrement exposés à ce mode d'infection. Quant à l’auto-inoculation secondaire chez un sujet déjà porteur d’une lésion tubereuleuse, on observe que la colonisation bacillaire dans le derme peut se faire soit à distance en un point quelconque de la peau, le malade s’inoculant par ses sécrétions bacillifères, soit autour d’une fistule provenant d'une tuberculose osseuse ow ganglionnaire.

Enfin, signalons également une ‘origine interne Iymphatique ou hématique qui peut être invoquée dans des cas exceptionnels.

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