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qui ne lui cède ni en poids, ni en force ; or, à un moment de l’assaut, notre blessé tient entre ses bras son rival. Notre lutteur ainsi chargé, fait un faux mouvement qui le renverse à terre ; mais étendant brusquement la tête en arrière, 1] tombe non sur les épaules, mais sur l'oceiput ; à ce moment, son corps représente une ligne courbe dont les deux extrémités seules, la tête et les pieds, reposent sur le sol ; et c’est sur cette arche à deux points d’appui que vient s’abattre tout le poids de son adversaire. Il y a donc lieu de distinguer deux traumatismes consécuüfs : un premier, quand l'occiput rencontre le sol; un second, quand le deuxième lutteur tombe sur Vassard. — Que se passe-t-il dans la colonne cervicale ?
Au moment de la chute, celle-ci est en extension forcée et décrit une courbure assez fortement convexe en avant, dont le point culminant est au niveau de la cinquième cervicale environ. Tous les muscles du cou sont fortement contractés, de façon à transformer cet arc de . cercle, en une tige rigide et à lui donner le maximum de résistance ; en outre, par suite de cette courbure, les vertèbres cervicales se tassent les unes sur les autres par leurs parties postérieures ; l’imbrication des lames s’accentue; les apophyses épineuses entrent en contact intime, les espaces intévertébraux tendent au contraire à bailler en avant et les ligaments antérieurs sont distendus. L'occiput frappe sur le sol; il y a là un traumatisme violent qui, dans d’autres conditions, pourrait occasionner une autre lésion, une fracture du cràne, par exemple ; mais non, ce traumatisme, à partir du point percuté, se propage de vertèbre en vertèbre le long de la colonne osseuse jusqu’à la cinquième cervicale ; la tige représentée par la partie supérieure du rachis se trouve placée entre deux forces : l'une, représentée par la résistance du
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sol; l'autre, par le reste du corps; ainsi pressée. celte tige, gràce à sa flexibilité, tend à exagérer sa courbure ; elle arrive ainsi à cette limite de flexibilité qu’elle ne peut dépasser sans se rompre ; alors elle se redresse brusquement, après avoir déchiré le ligament vertébral commun antérieur ; etce redressement détermine la projection en avant de la cinquième cervicale; de même que, lorsqu'on tord un bâton flexible, s'il vient à rompre, l'extrémité la plus mobile se déplace en avant... EE pourquoi la cinquième cervicale? Parce que c'est le point de moindre. résistance ; point où les mouvements de la colonne cervicale offrent la plus grande étendue; parce que les cinq vertèbres supéricures représentent un levier qui permet à l'action d’avoir un effet plus énergique à ce niveau; parce que c'est Ià que la courbure cervicale présente son maximum d'intensité... Et les statistiques faites sur a fréquence des luxations des diverses vertèbres cervicales, montrent bien que cette fréquence va en augmentant de la 2° et la 3° jusqu’à la 5° et la 6°.
Voilà donc le premier temps de notre luxalion; c’est la projection en avant de la colonne cervicale par extension forcée de la tête. Supposons maintenant, qu'au moment de la chute, la tige courbe, représentée par la colônne cervicale, soit orientée non pas suivant un axe franchement sagittal, mais oblique à gauche: il s'ensuit une obliquité latérale gauche, soit de la force, soit au moins du point d'application de cette force, obliquité accentuée par la contraction musculaire. Dans ce Cas, notre cinquième vertèbre n'est pas seulement projetée d'arrière en avant ; elle subit encore et en même temps un mouvement de rotation, ou, si l’on veut, de torsion de gauche à droite ; elle décrit, en d’autres termes, un arc de cercle dont le rayon serait représenté par l’espace