‹ Sur un cas de Lymphadenome géant du FoieChapitre 10 sur 25 · TOR · texte numérisé non relu

TOR

L'examen du reste de l’appareil digestif ne révèle rien d’appréciable. La rate est percutable, non augmentée de volume. L’examen pulmonaire ne perçoit aucune anomalie; quant au cœur, les bruits sont bien frappés, la tension artérielle 10-6 à l’appareil de Vaquez. Les réflexes tendineux, cutanéoplantaires et pupillaires sont normaux. On ne retrouve pas de leucoplasies, ni d’antécédents spécifiques perceptibles ou avoués.

Il n’existe pas d’œdème des membres inférieurs. La température oscille entre 37°-38°.

Le poids du malade à son entrée est de 83 k. 800.

Les urines ne contiennent ni sucre, ni albumine, ni pigments, ni sels biliaires, quelques cristaux d’acide urique et quelques rares leucocytes.

Certains examens complémentaires ont été pratiqués.

Dans le sang celui de l’urée, qui donne 40 cegr.; celui de la glycémie, 0,83; celui du cholestérol, 1,51 ; celui des pigments biliaires, 27 mmgr., qui dépassent donc légèrement le taux normal.

La réaction de Bordet-Wasserman est négative.

Une numération globulaire donne les chiffres suivants :

Globules rouges, 3:600.000:; ”

HS

AT

Globules blancs, 8.200,

dont 76% de néurotrophiles, 2% d’éosinophiles, 7% lympho, 9% moyens mono, 6% grands mono.

Pour apprécier le fonctionnement de ce foie énorme, plusieurs épreuves de galactosurie provoquée furent pratiquées. Aucune trace de galactose ne fut retrouvée dans les différents échantillons. Ce foie énorme, gigantesque, ne donne donc, fait paradoxal, aucun signe chimique appréciable d’insuffisance hépatique.

En présence d’un tel tableau, il a fallu tout d’abord écarter l’abcès du foie. Le malade avait été autrefois aux colonies, mais il n’existait aucun antécédent de dysenterie, et les parasites plusieurs fois recherchés dans les selles l’ont été sans succès.

De même, l’idée d’un kyste hydatique, d’une ecchinococose alvéolaire a dû être abandonnée. La réaction de Casoni s’est montrée négative.

En présence de ce malade, on ne put dès lors douter qu’il s'agissait d’un néoplasme. On supposa le néoplasme primitif, digestif, et on s’attacha à en faire la preuve et à le localiser.

MA oo

Tout d’abord, à des examens successifs, on retrouva très nettement du sang dans les selles.

Puis les radiographies de tout le tube digestif furent tirées et examinées avec soin.

Les radiographies attestèrent le volume énorme du foie, qui refoule l'estomac, aplatit l'intestin et gênera l'appréciation des images coliques.

La déglutition œsophagienne fut normale.

Les parois gastriques ne présentèrent aucune irrégularité visible.

Le duodénum resta invisible.

Le côlon, rempli sans difficulté par le lavement baryté, apparut de prime abord normal. Cependant, en étudiant très soigneusement les radios, on fut frappé par l’aspect flou et déformé de la région cœcale avec un trajet filiforme dessiné par la baryte. Malgré l’évacuation normale, cette déformation pouvait être symptomatique d’une lésion organique.

Les radiographies pulmonaires décelèrent en outre un empâtement médiastinal à droite et à gauche du cœur, traduisant sans doute la présence de ganglions. |

Pendant une quinzaine de jours, aucune modification ne survint dans le volume du foie. Les douleurs furent peu marquées, mais la fatigabilité resta extrême, la chute de poids devient impressionnante,

Au huitième jour de son hospitalisation, le malade pèse 81 kg. 800; au douzième jour, son poids est de 79 kg. 800; l’amaigrissement est donc progressif et très rapide (2 kilos en quatre jours).

Vers la quatrième semaine de son hospitalisation, le poids se relève un peu, mais cet accroissement est dû à l’æœdème des membres inférieurs qui augmente chaque jour, à tel point que le malade gagne o kilos en deux semaines.

Les douleurs sont nettement moins intenses qu’au début; par contre, un signe nouveau, un peu de torpeur, de somnolence.

Le 13 février, subitement, vers 5 heures du soir, le malade accuse une douleur précordiale brutale, atroce, à type d’angor-pectoris. La tension artérielle s’effondre, le pouls devient incomptable, le facies est impressionnant, anxieux. Les injections de morphine calment la douleur mais non l’angoisse, toute thérapeutique reste vaine, le malade meurt en quelques heures.

L’autopsie révéla un foie énorme pesant 9 k: 200. (Rappelons que ce poids exceptionnel fut bien rarement dépassé; nous n’avons retrouvé dans la littérature que deux autres néoformations hépatiques plus considérables : l’une pesant 12 kilos, l’autre 10 k. 500.) Ce foie est légèrement mamelonné; à la

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