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pensa à un chancre de l’amygdale. L’examen ne devait révéler que la présence de spirilles banales, et la réaction de Bordet-Wasserman fut négative. Par contre, la biopsie montra un tissu amygdalien au premier abord normal, mais nettement proliféré et provoquant même l’érosion de la muqueuse. Au microscope, des cellules rondes à type de lymphocytes sont riches en caryokynèse. On note de grosses cellules à deux ou trois noyaux, et l’on ne distingue plus les follicules. On pense alors au lymphadénose (l’examen de sang n’ayant pas montré de leucocytose, 7.000 globules blancs, dont 70% de polynucléaires). On fait un traitement radium-thérapique, et la lésion amygdalienne guérit en un mois. Pourtant, le sujet continue de maigrir et son appétit décroît. Exactement six mois après son premier séjour, il revenait dans le service, accusant un peu de ballonnement abdominal et quelques vomissements bilieux le matin. On constate de nouveaux ganglions au creux sus-claviculaire droit, une rate appréciable et un foie dépassant de quatre centimètres le rebord costal, où la palpation perçoit trois ou quatre masses inégales et dures.
Un certain nombre d’examens sont alors pratiqués.
Le dosage d’albumine sanguine donnait 84,7.
Le taux de la sérine était de 31,2, celui de la globuline de 43,5.
Le taux des nucléo-albumines de 10,3, c’est-à-dire trois fois plus que normalement:
Le taux de la glycémie se tient aux environs de 0,70.
Les rapports azoturiques et azotémiques se montrent respectivement de 73% et de 55%, c’est-àdire abaïissés l’un et l’autre, et témoignent sans. doute d’une amino-acidose élevée.
Enfin l’acide urique sanguine était de 0,11 cgr., ce qui est considérable, et celui des urines de 1,45, ce qui est encore très élevé.
La mort survint au bout de trois mois dans un tableau de cachexie progressive avec diarrhée et fièvre.
À l’autopsie, on trouva un néoplasme du foie avec un gros nodule majeur du volume d’une orange, accompagné de sept ou huit nodules de la grosseur d’une noix à une mandarine, siégeant en plein parenchyme hépatique et ayani l’aspect indiscutable du Ilymphadénome. Le reste de l’autopsie ne révélait qu’une rate volumineuse mais sans noyau apparent, quelques ganglions pré-pancréatiques et l’absence de noyau pulmonaire. Les ganglions semblaient histologiquement normaux mais les figures de mitose y étaient nombreuses. Les
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noyaux hépatiques étaient faits de tissus lymphocytaires avec un reticulum important. On ne put déceler aucune lésion macroscopique de l’estomac, de l’intestin, du pancréas ou de la surrénale. Il était indiscutable que ce malade était mort d’un lymphadénome du foie secondaire à un lymphadénome des amygdales.
De ces deux observations de lymphadénome hépatique que nous a confiés M. le Professeur Loeper, nous rapprocherons quelques autres cas retrouvés dans la littérature. Les circonstances actuelles nous ont empêché de faire des recherches bibliographiques plus complètes; nous nous en excusons.
Observation 111 (MM. les Docteurs Legry et Sourdel)
Nous retrouvons une première observation dans le Bulletin de la Société Anatomique (nov. 1910).
Il s'agissait d’une malade âgée de 52 ans, entrée le 7 novembre 1910 à l'Hôpital pour un gros ventre et des douleurs abdominales.
Les antécédents pathologiques de la malade sont réduits. Elle rappelle qu'il y a six mois elle a eu un accident d'automobile et que, transportée à la
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Charité, elle aurait vomi du sang, mais cinq jours après, la malade, guérie, quitte l’hôpital.
Vers le 15 octobre, apparaissent des douleurs dans l’hypocondre droit, avec irradiations vers la colonne vertébrale. La malade n’accuse aucune ano- ‘vexie mais elle digère mal. Elle ne vomit pas. Son attention est néanmoins frappée par l’augmentation de volume de son abdomen. De plus, en même temps que des troubles de la miction, va apparaître un œdème des membres inférieurs, puis surviennent une faiblesse générale, un amaigrissement rapide.
Ces signes s’accentuant, la malade rentre à l’hôpital.
Elle est très amaigrie, son teint est jaunâtre, mais pas à proprement parler ictérique, l’abdomen est très distendu, présente une légère circulation collatérale, sus-ombilicale.
Les membres inférieurs sont ædématiés.
La palpation de l’abdomen le révèle douloureux. Il y a un peu d’ascite. Mais surtout le palper va apprécier tous les détails de conformation d’une tumeur abdominale très volumineuse qui descend jusqu’à la crète iliaque. C’est le foie, dont le bord inférieur est facile à percevoir, dur, tranchant. Foie nodulaire, contenant une dizaine de noyaux, saillies irrégulières, nettement perceptibles. C’est le type du cancer modulaire du foie : Néoplasie que
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l’on pensa vraisemblablement secondaire à un cancer digestif, mais ni dans les antécédents, ni au cours de la maladie, on n’a pu dépister le moindre trouble digestif, pas de vomissement, pas d’hématemèse, pas de moelena, pas la moindre anorexie.
Les jours suivants, l’examen quotidien du foie rend compte de l’augmentation rapide de son volume. Un peu plus tard, on nota une légère dyspnée.
Dans les urines apparurent des pigments biliaires et un peu d’urobiline.
A partir du 10 novembre, Fe symptômes généraux s’aggravent rapidement, et l’aspect cachectique s’accentue, La malade, très dyspnéique, se plaint de douleurs abdominales, La mort survient le 14, dans un état subcomateux.
L’autopsie montra un foie énorme pesant 6 k. 720 dont toutes les parties sont régulièrement hypertrophiées et uniformément criblées de noyaux dont le volume varie de celui d’un poids à celui d’une grosse-noix enchâssée dans le parenchyme hépatique.
Par ailleurs, la muqueuse stomacale est normale, de même que l'intestin grèle. Mais au niveau de la partie moyenne du côlon transverse on trouve, près du bord mésentérique, une masse allongée, du volume d’une noisette qui englobe la paroi de l’intestin, fait saillie dans la cavité de celui-ci, et se con-
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tinue extérieurement avec un ganglion mésentérique.
Peu de choses à dire des autres organes.
Les constatations faites à l’autopsie semblent donc faire admettre le diagnostic de cancer nodulaire du foie, secondaire à un cancer du gros intestin.
Mais en réalité l’examen au microscope de quelques coupes du foie montra qu'il s'agissait d’un lymphadénome. En effet, l’examen histologique que Legry remit au mois de mars 1911, dit textuellement :
« Les noyaux donnaient macroscopiquement l'impression d’un carcinome secondaire, mais ils n'étaient, en réalité, faits ni de tissu épithélial, ni de tissu sarcomateux, mais bien de tissu lymphatique avec réticulum abondant. Dans les masses volumineuses séparées par des tractus un peu épaissis, quelquefois très tenus avec de grosses mailles larges de tissu cellulaire, les lymphocytes sont nombreux et nettement caractérisés ; il n°y a pas d’éosinophile.
« Au niveau de l'intestin, une lésion plastique paraît être à l’origine de cette néoformation hépatique.
« Il s’agit donc d’un lymphadénome du foie avec lésion intestinale. »
Observation IV
Une autre observation, due à MM. les Docteurs Suchard et Tessier, fut publiée dans les bulletins de la Société Anatomique de décembre 1897,
Elle concerne un malade âgé de 30 ans qui est entré dans le service du Professeur Potain parce qu'il a constaté lui-même l’existence d’une grosseur au niveau de l’épigastre. Ce gonflement épigastrique est survenu, aux dires du malade, après un épisode grippal.
À l’examen on découvre un gros foie.
Le malade, sans antécédent héréditaire, accusait dans ses antécédents personnels une syphilis contractée à 19 ans et mal soignée, et des accidents de paludisme avec ictère, vers l’âge de 21 ans.
L'examen du sang ayant montré une diminution considérable des globules rouges (735.000), 50% d’hémoglobine et 4.000 leucocytes, on porta, étant donné les antécédents du malade, le diagnostic de foie syphilitique et palustre avec anémie.
Par la suite, la tuméfaction devint plus nette, rapidement la cachéxie survint. On songea alors à une tumeur maligne du foie,
Quelques semaines après son entrée dans le service, le malade mourait,