CHAPITRE I
Quelques notions d’Embryologie génitale.
Le développement des organes'génitaux étant intimement lie à celui des organes urinaires, il était difficile de passer entièrement ces derniers sous silence. Nous parlerons donc très peu du corps de Wolff, et serons plus explicite sur l’éminence génitale et son éphithélium.
Le corps de Wolff est un organe glandulaire pair qui
se rencontre chez tous les vertébrés et qui, chez les mammifères, après avoir fonctionné pendant un certain temps comme rein transitoire, se modifie, tandis que son canal devient le canal excréteur du testicule.
Chez l’homme son évolution est extrêmement rapide.
D’après Coste, les corps de Wolff apparaissent vers la fin de la deuxième semaine et sont à leur complet développement du vingtième au vingt-huifième jour. Dès le trente-cinquième jour, ils présentent une légère atrophie ; ils sont très réduits au quarantième et ont complètement disparu au cinquantième jour.
On les rencontre de chaque côté de la colonne vertébrale. Ils sont constitués aux dépens de la lame mésoblastique, adjacente d’un coté aux lames somato et splanchnopleurales et de l’autre aux protovertèbres.
Un examen minutieux nous fera distinguer trois parties dans chaque masse Wolffienne.
lü Une portion externe qui contient dans son épaisseur, deux canaux : le plus interne et le plus profond est le canal de Wolff, canal excréteur de la glande, le deuxième
est le canal de Muller, dont Pextrémité supérieure s’ouvre dans la cavité péritonéale.
2e Une portion interne renflée en son milieu, n’occupant, en hauteur, que la partie moyenne de l’organe ; c’est l’éminence génitale.
3e Entre ces deux portions, le corps de Wolff proprement
dit.
Le péritoine recouvre le corps de Wolff, et le fixe en arrière contre le rein, par un méso large et court.
L’éminence génitale, en se développant, donnera naissance à la glande génitale, ovaire ou testicule, qui restera attachée au corps de Wolff par un petit méso.
Les deux canaux, situés à la partie externe de l’organe wolffien, lui sont également unis par un repli péritonéal qui se prolonge en haut, et va s’attacher au diaphragme sous le nom de ligament diaphragmatique.
Enfin la séreuse péritonéale forme encore un ligament inguinal qui rattache l’extrémité inférieure du corps de Wolff à la région inguinale.
Nous passerons rapidement sur la structure du corps de Wolff et de son canal, nous réservant de décrire plus longuement l’organe sexuel, ce qui rentre dans notre
cadre.
Disons cependant que la structure du corps de Wolff prapelle celle du rein, qu’il existe descanalicules Wolfiens,
dont une extrémité encapuchonné un glomérule vasculaire provenant de l’aorte, tandis que l’autre extrémité, se branche sur le canal de Wolff.
Le canal de Wolff est préformé à la glande dont il dépend, et cela parce que dans la série des vertébrés, l’appareil urinaire est représenté par trois organes qui se succèdent :
1) le pronéphros, ou rein précurseur, qui est rudimentaire ou absent chez les mammifères supérieurs, tandis qu’existe son canal excréteur: canal de Wolff.
2) le mésonéphros, ou corps de Wolff dont nous venons de parler.
3) enfin le métanéphros ou rein définitif.
Les organes sexuels (testicules ou ovaires) se forment aux dépens de l’éminence génitale.
Cette éminence mésodermique formée par une prolifération des cellules fusiformes qui la composent est recouverte par l’épithélium du cœlome, mais un épithélium différencié, remarquable par la hauteur de ses éléments, et qu’en raison de sa destinée, Waldeyer appelle épithélium germinatif.
Saillant de plus en plus dans la cavité péritonéale, l’éminence génitale tend à se séparer du corps de Wolff, auquel elle reste unie par son méso.
L’épithélium germinatif prolifère alors et présente plusieurs assises de cellules prismatiques parmi lesquelles on distingue de gros éléments sphériques: les ovules primordiaux. Ces éléments prolifèrent activement et s’enfoncent bientôt dans le tissu mésodermique sous-jacent, sous forme de cordons, mal désignés sous le nom
de tubes de Valentin-Pflüger puisqu’il s’agit de cordons pleins.
Ces cordons n ont bientôt plus de rapports avec Pépithé-
lium germinatif et sillonnenten tous sens l’organe génital,
seulement séparés les uns des autres par du tissu conjonctif.
Telle est la théorie classique.
Pour Kœlliker, Seraon, Rouget, |e corps de Wolff
participerait à la formation des cordons de Pllüger, et voici comment :
De la paroi épithéliale des corpuscules de Malpighi voisins de la glande sexuelle, partiraient des bourgeons pleins qui iraient se fusionner avec les cordons issus de l’épithélium germinatif, de sorte que, finalement, les cordons de Pfluger viendraient en partie du corps de Wolff, en partie de l’épithélium germinatif de Waldeyer.
Quoiqu’il en soit la glande n’est en ce moment nullement
différenciée : l’embryon n’est pas hermaphrodite : il est neutre.
Si l’évolution se fait vers le type femelle, on va voiries cordons pflügerriens s’étrangler, prendre l’aspect d’un chapelet, et bientôt chaque grain se séparera de ses voisins. Chacun de ces petits blocs sphériques, de ces follicules primordiaux contient un ovule primordial à la sur- : face duquel se trouve étalé une couche unique de petites
ellules cubiques, qui formeront la membrane granuleuse de l’ovisac adulte.
Dans les 2 ou 3 années qui suivent la naissance un certain nombre de cordons de Pflüger continuent à s’égre- Latfeux
ner (1), tandis que beaucoup de follicules primordiaux s’atrophient (2). Les auteurs qui font intervenir le corps de Wolff dans la production des ovisacs, considèrent les cellules de la membrane granuleuse corne d’origine Wollfienne.
Si la glande doit évoluer vers le type mâle, les cordons de Piliiger deviennent des tubes dans lesquels les petites cellules s’appliquent contre les parois, tandis que les ovules primordiaux s’atrophient. C’est parmi les petites cellules que certaines vont se signaler par une prolifération de leurs noyaux et former les ovules mâles, futurs spermatoblastes, dont sortiront les spermatozoïdes.
Telle est l’opinion de Bornauhpt, Semper, Mathias Duval.
D’après Waldeyer, Semon,dans les canalicules séminigènes, il faudrait considérer les cellules de soutien comme d’origine wolffienne, et les spermatoblastes comme les ovules primordiaux modifiés.
Pendant cette évolution du testicule, une couche mésodermique représentant l’albuginée, se glisse, entre l’épithélium germinatif et la glande génitale. Nous reviendrons
sur ce point, qui nous semble des plus importants, à propos de la pathogénie des kystes dermoïdes du testicule.
Voyons maintenant rapidement quelle est la destinée du corps de Wolff.
La majeure partie de cet organe va s’atrophier, dans l’un et l’autre sexe, ne laissant comme résidu que des pro-