DISCUSSION DU DIAGNOSTIC
C'était apparemment un néoplasme, tel un sarcome. La tumeur en effet était dure, infillrante et indolente avec un léger retentissement ganglionnaire. Elle présentait une ulcération peu typique, saignante. Son évolution avait été très progressive; de plus, c'était un néoplasme du maxillaire et non du plancher comme semblaient le préciser l'interrogaloire et la localisation initiale.
Il ne paraissait pas s'agir d'une périostlite, d'un os-
téo phlegmon, d'un kyste dentaire ou d'une tumeur osseuse bénigne pas plus que l’on ne pouvait songer à une lithiase du canal de Warthon ou de la glande sousmaxiilaire, ni à une actino-mycose.
Mais cependant 2 épreuves restaient à faire :
Pratiquer une radiographie.
Pratiquer une biopsie.
= PTE
En altendant le résultat de ces 2 examens on envoie le malade consulter le stomatologiste pour pratiquer un nettoyage de la cavité buccale, et faire une avulsion préalable des deux dents en regard.
Tel fut le traitement pratiqué et en plus, on curetle les alvéoles des dents extraites. Fait à retenir : ce cureltage ne ramène aucune goultelelte de pus.
Le stomalologiste relient l'idée de néoplasme, mais ne peut confirmer ce diagnostic ef fait des réserves sur la possibilité d'une périostite.
Le lendemain, le cliché radiographique ne montre aucune image caractéristique, ni dans le sens d’une tumeur inflammatoire, ni dans le sens d’une tumeur néoplasique. :
C’est alors que deux faits viennent confirmer le diagnostic. |
4° Le résultat de la biopsie qui montre l'existence d’une réaction inflammaloire, sans aucune trace de cellules cancéreuses ou sarcomateuses.
L'examen de la pièce montre l'existence d’une formule inflammatoire chronique avec polynucléaires et germes intracellulaires. Il n'existe aucun élément atypique, pas de figures de karyokynèse, ni de mitoses anormales.
L'architecture dela muqueuse est conservée; il n'existe pas d’effondrement de la basale.
20 Le traitement très simple du stomatologiste entraîne une amélioration nette et rapide avec régression complète des phénomènes en trois semaines. |
Comme on l'avait pu craindre au début, il ne s’agis-
sait donc pas d’ure néoplasie, mais d’une tumeur pürement inflammatoire, d’une maxillo-périostite chronique et non suppurée à forme ipfiltrante, entretenue par l’ostéite alvéolaire. /
Observation II (JACQUES).
Ostéo périostite palatine subaiguë odontopathique.
Monsieur N..., 50 ans, porte depuis nombre d’années
une carte du 4° degré de la 1" prémolaire supérieure droite, obturée à l’amalgame. Lu |
Il y a près de 20 ans une tuméfaction élastique de la grosseur d'un haricot s'est développée insidieusement à la gencive externe, au droit de l’apex de la dent malade, avec sensation de tension, d’agacement, d'arthrite apicale sus-aiguë. Ces phénomènes se manifestent sous la forme intermittente de poussées alternant avec des périodes d’affaissement de la tumeur et de sensation de détente subjective. L'hypothèse d'un kyste étant soulevée, une ponction à l'aiguille de Pravaz
est pratiquée et ne fournit à l'opération aucun liquide. *.
Il s'ensuit néanmoins une alténuation momentanée des symptômes, qui, depuis lors, vont en s’éteignant progressivement en dépit de légères recrudescences passagères. A l'heure qu’il est, on ne perçoit plus à la place de fa grosseur primitive qu'un petit nodule fibreux épaississant légèrement le périoste.
Sur ces entrefaites, la dent obturée s'étant fracturée a
subi une nouvelle obluration et à été coiflée d’une cap
sule. /
Or quelques mois plus lard, le sujet commence à
ee
/ éprouver à la face palatine, cette fois, de l’apophyse alvéolaire, une sensation de tension et d'épaississement de la gencive depuis la petite incisive jusqu’à la dent de 6 ans. Aucune douleur proprement dite, pas.même de sensation d’allongement de la dent, réparée, mais quelques fourmillements à siège indécis. Après une période prodromique de près de 3 semaines la voûte palatine elle-même se prit à gonfler et une tumeur globuleuse vient soulever petit à petit la fibro-muqueuse en un bourrelet transversal, ovalaire, étendu de la région des prémolaires au raphé médian; la T. étant lisse, élastique, ténue, résistante, plutôt que fluctuante, à peu près indolore et ne gènant que peu la mastication. Toutefois une pression un peu prolongée exercée sur elle avec le doigt éveillait vers les prémolaires un sentiment de piqûre un peu pénible.
Pendant six semaines, l'affection ainsi constituée demeure stationnaire, à peine modifiée d’un jour à l’autre par quelques phénomènes fluxionnaires.
La ténacité des troubles imposait une intervention. Le bourrelet pseudo-kystique incisé apparut essentiellement constitué par une infiltration œdémaleuse ne laissant exsuder que quelques gouttes de sérosité trouble. Une minime collection séro-purulente est évacuée de la: portion la plus externe avec un grumeau caséeux tout à fait analogue à une concrétion am ygdalienne. Là seulement l'os était à nu sur une faible étendue et montrait un pertuis à bords réguliers accédant à l’apex de la A"e prémolaire. Un curettage soigneux, complété par un écouvillonnage au chlorure de zinc, puis une désinfec-
pr
tion odontologique nouvelle du canal radiculaire mirent un terme, au moins provisoire à ces accidents.
Observation Ii. — (JACQUES).
Ostéo-périostite pseudokystique à poussées de la joue externe du maxillaire supérieur. |
Mme B..., 45 ans, bien portante d’ailleurs, présente. depuis 16 mois à la hauteur de la racine de la canine
droite sur le maxiilaire une grosseur du volume d’une petite noisette, indolore d'habitude mais sujette detemps à autre à de petites poussées douloureuses avec aug-
mentation momentanée de volume. La tumeur siège à
Ja hauteur de l’apex de la canine, obturée sur un 4° degré. Elle est dure, élastique, dépressible avec crépila-
tion osseuse, revêtue de muqueuse normale et adhère intimement à l'os, dans lequel elle semble s’enfoncer. La ponction aspiratrice ne ramène rien. L’excision montre la petite tumeur formée par le périoste fortement
épaissietædémaleux, recouvrant unlarge pertuis osseux au fond duquel apparaît l'apex de la canine entouré de
Tugosités. Gurettage de la fistule, résection de l’apex, guérison complète en 15 jours.