‹ Sur un mode de traitement intensif plurimercuriel et discontinué de la syphilisChapitre 18 sur 34 · mars. Un peu de diarrhée · texte numérisé non relu

mars. Un peu de diarrhée

19 mars. La diarrhée a cessé; apparition des règles depuis cette nuit; disparition des douleurs de ventre; l’état des condylomes est le même: ils sont toujours douloureux avec des picotements.

21 mars. Pas de douleur du ventre, qui n’est pas sensible même à la palpation profonde. Toujours du prurit et des picotements au niveau de la lésion. Pertes rouges et blanches très abondantes.

23 mars. Les règles ont cessé. Ventre non douloureux. Même état des lésions. ;

25 mars. Etat local sensiblement le même. On commence demain matin le traitement intensif.

27 mars. Amélioration des phénomènes douloureux au niveau des condylomes ; continuation du traitement.

28 mars. Amélioration locale continue ; les condylomes sont un peu affaissés.

30 mars. Un peu de stomatite (la bouche de la malade n’a pas été mise en état). Arrêt du traitement après quatre jours; les lésions s’améliorent toujours.

2 avril. Stomatite va beaucoup mieux; les lésions aussi.

5 avril. Stomatite guérie, ne souffre plus du tout de ses condylomes. La malade voulant quitter l'hôpital la semaine prochaine, on recommencera demain le traitement.

6 avril. Traitement repris. Les condylomes vont bien.

7-8-9 avril. Continuation du traitement. Pas de gingivite, pas de diarrhée. Toutes les lésions spécifiques sont à peu près guéries.

42 avril. Traitement terminé le 10. Pas le moindre incident, Amélioration continue.

Hir. k

SU ln

48 avril. Examinée par M. Siredey. Diagnostic : annexite gauche probablement gonococcique.

23 avril. Nouvelle reprise du traitement intensif.

29 avril. Les nappes condylomateuses n'existent plus qu'à l'état de reliquat maculeux, mais à leur surface, jusque et surtout à la fourchette et autour de l'anus, se voient en assez grand nombre des papillomes simples qui n'avaient pas été aperçus jusque-là et ne semblent pas avoir été influencés le moins du monde par le mercure.

30 avril. Traitement terminé hier ; pas le moindre incident.

6 mai. Malade sort de l’hôpital en très bon état.

OBsErvaTION XI

Syphilide tuberculo-gommeuse de la région cervicale. — Guérison très rapide par

traitement mereuriel.

L..., cinquante-quatre ans, serrurier. Entré, le 10 juin 1905, salle Aran. ù

Antécédents héréditaires. — Père mort d'accident. Mère morte à quatre-vingt-cinq ans. Six frères et sœurs bien portants.

Antécédents personnels. — En 1893, chancre de la verge, durée une semaine ; vu à Ricord, cautérisé au crayon. Cicatrice au-dessous du méat. Pas d’éruptions, ni de maux de gorge ou de tête. Aucun traitement.

Il y a dix-huit mois, à son réveil, ne put bouger le cou, comme s’il avait eu un torticolis. Peu après, grosseur sur le côté gauche du cou, va consulter à Saint-Antoine où on lui fit une incision qui fit sortir, dit-il, un demi-verre de sang; on lui ordonne KI qu'il prit pendant quinze jours (une cuillerée par jour).

Histoire de la maladie. — Entre pour une éruption étendue au cou, aux épaules, à la région claviculaire ; début il y a dix jours, mais précédée par des symptômes généraux, fièvre, perte d’appétit, malaise général. Aurait même eu pendant une nuit des vertiges et des vomissements bilieux. Forte constipation. Violentes démangeaisons.

Vient consulter il y a huit jours. On lui ordonne KI et antiseptiques

intestinaux.

Sen

Actuellement, l’éruption siège sur la région nuchale où elle présente un aspect circiné disposé en deux arcades que l’on aperçoit en relevant les cheveux. Quelques-uns de ces éléments qui ont guéri ont laissé des macules brunâtres. Démangeaison encore forte: traces de grattage. Assez bon état général, quoique très constipé. Réflexes tendineux vifs. Réflexe pupillaire photo-moteur très faible.

16 juin. Traitement intensif est commencé.

19 juin. Traitement bien supporté.

Les lésions qui étaient en voie de régression lente spontanée ont presque totalement disparu en trois jours ainsi que le prurit.

22 juin. Guérison est complète.

Ogservarion XII

Syndrome cérébelleux, avec crises d’exacerbation. — Chancre syphilitique il y a rois ans. — Ponction lombaire (Iymphocytose). — Guérison par le traitement mercuriel.

B..., vingt-six ans, boulanger.

Antécédents héréditaires. — Rien à signaler: parents sobres et bien portants. Sept frères, dont un seul est buveur.

Antécédents personnels. — Syphilis il y a trois ans. Chancre du fourreau de la verge; cicatrice visible; plaques muqueuses (très fumeur). Soigné uniquement la première année par 25 pilules, supprimées parce qu'elles occasionnaient des vomissements.

D'après lui, pas de roséole, pas de syphilides cutanées.

Depuis l’âge de dix-sept ans, alcoolique (trois litres de vin, trois apéritifs par jour).

Depuis trois ans est devenu bien plus fortement alcoolique (trois à quatre litres de vin, deux à trois verres d'alcool, six à sept amers par jour). Très nerveux ; très irrilable.

Il y à un an, sans douleur, sans interruption de son travail, constate que son testicule gauche devient gros. Pas d'écoulement.

Il avait eu quelques maux de tête, mais assez rares, au cours de ces

trois dernières années.

Fièvre typhoïde en 1900, suivie de céphalées, avec renforcement

Ve après le chancre (?) Il était en bonne santé apparente lorsqu'il y à six semaines, il fut pris d’un rhume de cerveau accompagné de céphalées, n’empêchant pas le travail au début, mais le forçant bientôt à s’aliter ; elles l’empêchaient de dormir la nuit et bientôt s'y joignirent des vertiges surtout intenses le matin, quelques vomissements et état nauséeux durant une huitaine de jours.

Trois jours avant son entrée, il fut pris le matin en se promenant d’un ictus brusque, avec perte de connaissance, qui dura une heure environ. (Il ne travaillait pas depuis huit jours à cause de sa céphalée et de ses vertiges). Il n’y avait eu aucun prodrome, à part les vertiges du matin et la céphalée habituelle dans ces derniers temps. Il n’y eut

‘ni émission d'urine, ni de morsure de langue, ni convulsions. Il reprit connaissance sitôt après une piqüre de benzoate de mercure que lui fit un médecin après la constatation de la cicatrice, trace de l’ancien chancre qu'il porte sur la verge. Les maux de tête furent un peu soulagés pendant la journée, après la piqûre, ainsi que les vertiges. Les jours suivants, l’état vertigineux reprit et le malade dut garder le lit; il se décide à entrer à l'hôpital.

État actuel (22 avril 1905). — Malade un peu pàle et très abattu, se plaignant d’une violente céphalée lancinante, prédominant au vertex et à l’occiput. État vertigineux constant, un peu variable suivant les moments, mais quelquelois intense, l’obligeant à s'asseoir et même à se coucher.

La démarche est gênée; lorsqu'il peut faire quelques pas, « sa tête tourne », il avance avec peine, sans avoir cependant une allure nettement ébrieuse. Réflexes exagérés. Réactions pupillaires normales à la lumière et à la distance.

24 avril. Plus de vomissements et presque plus d'état nauséeux. Céphalée toujours intense et le malade réclame à tout prix une piqüre qui, croit-il, le soulagera comme la première fois. Vertiges persistent et l'obligent à garder le lit (station debout et marches impossibles). Ponction lombaire. Les vertiges sont tels que le malade chancelle et tombe sur son lit lorsqu'on le fait asseoir au moment de la ponction et qu’on doit le soutenir. Tension du liquide très élevée : il coule en véritable «jet de fontaine » ; 12 centimètres eubes sont recueillis; liquide limpide qui montre par coagulation une abondante lymphocytose.

Le = por FF

Une demi-heure après, la tête est dégagée.

Une heure après, le malade peut s'asseoir sur son lit sans vertige et se tenir debout.

I s'endort pendant quelques heures, complètement soulagé.

Cinq à six heures après, la céphalée revient, mais beaucoup plus faible qu'avant, et le lendemain les vertiges, bien que persistant encore, n'empêchent plus la marche.

Le malade demandant malgré celæ une piqüre pour compléter l'amélioration, une injection de / centimètre cube de sérum physiologique est pratiquée dans la fesse; une demi-heure après, la céphalée est de nouveau très soulagée pour toute l'après-midi et le malade peut rester levé quelques heures. La nuit est bonne; le lendemain, encore un peu de mal de tête et de vertiges, mais sans comparaison aucune avec l’état antérieur. Le malade descend quelques heures au jardin.

Cinq injections de sérum physiologique ont été faites au malade les jours suivants ; il prétend actuellement n'avoir pas été beaucoup soulagé par elles et c’est pour cela d’ailleurs qu'on n’a pas continué.

Depuis son entrée, le malade a eu cinq ou six crises analogues à la première. Elles débutent brusquement par une douleur très forte à la nuque, « comme s’il y recevait un coup» — « c’est comme s’il avait un piston qui manœæuvrerait dans sa tête ». — En même temps apparaissent des vertiges et des bourdonnements d'oreille. Pas de vomissements, mais diplopie. La crise dure une bonne heure; le malade se lève, fait plusieurs fois Le tour de son lit en se soutenant pour ne pas tomber, et cela parce que le froid le soulage.

Pas de polyurie à la fin de la crise.

La crise semble spontanée ; parfois elle est provoquée par des colères. Appétit diminué; pas d’amaigrissement. Bon état dans les intervalles des crises.

Il est à noter que l’antipyrine soulage très bien la céphalée et les vertiges. Muscles de la nuque sont très sensibles.

18 mai. Au traitement mercuriel intensif.

22 mai. Traitement bien supporté. Amélioration d'ensemble; hyperesthésie occipitale à la pression est notablement diminuée ainsi que la céphalée.

24 mai. Tolérance parfaite. Bon état. Diplopie binoculaire et non

monoculaire.

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