ACADEMIE DES SCIENCES
Schizogonie. — Les stades végétatifs débutent par une petite masse globuleuse ou piriforme de 2 H* environ avec un petit noyau formé d’un amas de grains chromatiques et d’un karyosome situé latéralement. Ils grandissent en multipliant leurs noyaux par mitose et donnent des plasmodes de forme variée, aplatis, discoïdes, en cloche ou en massue, qui s’étendent à la surface de l’épithélium.
Ces masses végétatives qui, sur le vivant, présentent un aspect hyalin, ont des noyaux nombreux et petits, tous semblables, et se multiplient de diverses manières : par plasmotomie, par schizogonie multiple en bouquet (chez les formes massives) ou en chapelet (chez les formes allongées) donnant de nombreux schizozoïtes globuleux uninucléés de 2^ à 3 ^- de diamètre qui répandent l’infection sur une grande longueur du tube malpighien. Au terme de cette active multiplication survient la sporogonie.
Sporogonie . — A cet effet, un sclilzozoïte uninucléé se fixe à l’épithélium etgrandit sans se diviser, en prenant la forme de dôme. En môme temps, son noyau se multiplie et donne, de bonne heure, des noyaux de deux sortes. Les uns, petits et fortement colorables, à chromatine massive, sans paroi distincte, se portent à la périphérie : ce sont les uoyanx pariétaux ou somatiques. Les autres, plus gros, de structure normale, avec un suc nucléaire clair et une paroi distincte restent dans la région centrale : ce sont les noyaux germinatifs ou sexuels.
Au terme de leur multiplication, les novaux sexuels s’entourent chacun d'une petite masse sphérique de cytoplasme pur et hyalin et forment ainsi autant de gamètes en forme de boule régulière de ^ environ de diamètre. La formation endogène de ces éléments a pour résultat de découper dans le cytoplasme du sporonte autant d’alvéoles renfermant chacune un gamète. La paroi de ces alvéoles est formée de cytoplasme granuleux non utilisé en continuité avec la couche périphérique renfermant les petits noyaux somatiques. Finalement les alvéoles deviennent indistincts par liquéfaction de leur mince paroi et les gamète", en contact, s’unissent deux à fieux après que leur noyau a subi une réduction chromatique. Il se forme ainsi dans la cavité du sporonte, dont le corps est maintenant réduit à une mince paroi, des copulas d’abord sphériques avec deux noyaux, puis rapidement ovoïdes allongées avec un seul gros svnkaryon. Autour de chacune d’elles apparaît bientôt une mince paroi qui les transforme en une spore à noyau d'abord très faiblement chromatique et situé à Lun des pôles. Puis la paroi s’épaissit en même temps que la spore qui mesure 9^ X 3 l\ 2 prend sa forme définitive cylindrique arrondie aux deux bouts. Le noyau gagne alors le milieu de l'élément, puis se divise en deux petits noyaux à grains chromatiques tassés qui se placent à une égale distance du centre. La spore est alors mure.
Il arrive parfois que, a l'intérieur du sporonte, certains gamètes 11e copulent pas; il donnent alors directement des spores parthénogénétiques de taille moitié plus petite que les spores sexuelles. Enfin, dans certains cas, le sporonte, sans doute trop précocement formé, donne, au lieu de véritables gamètes, de nombreux petits éléments gaméloïdes, j > 1 11 s petits que les éléments sexuels et qui s’échappent directement de son corps pour se comporter dans l’organe infesté comme des schizozoïtes. C’est là une véritable génération endogène parlhénogénétique.
Lorsque les spores sont ainsi définitivement constituées, le sporonte n'est plus qu’un sac ou sporange a paroi frêle, parsemée de petits noyaux somatiques dégénérés et renfermant les spores mures en nombre variable (de 4 à 12) disposées côte à côte. Il se
SÉANCE DU 19 JUILLET 1909. 2j{l
délache alors de la paroi des tubes de Malpighi et, enLraîné dans la lumière du tube avec les produits d’excrétion, il livre bientôt passage aux spores qui gagnent l'extérieur avec les excréments.
Par sa morphologie et le mode de multiplication des stades végétatifs, par sa sporogonie qui présente un remarquable exemple de sexualité, le Peltomyces se rattache aux Mycetozoa inférieurs et se place, croyons-nous, à côté des Plasmodiophora, dans lesquels on sait, depuis Prowazek, que les spores résultent également d’un processus sexué.
En terminant, je rappellerai que H. Crawley, en 1900 , a signalé dans les tubes de Malpighi d’un Ortlioptère, le Blatella germanica , un Protiste très voisin du précédent, que, dans une courte description, cet auteur rattache à tort au genre Cœlosporidium (Mesnil et Marchoux) dont les caractères sont très différents. Ayant retrouvé cet organisme et suivi son évolution, j’ai pu m’assurer qu’elle est semblable à celle du Peltomyces que je viens de décrire. Les spores diffèrent seulement par leur taille moindre (5^), leur forme plus élargie, et la présence d’un noyau unique, à l’état mûr. Cet organisme doit donc rentrer dans le genre Peltomyces .
Enfin, une autre espèce de Peltomyces vit dans les tubes de Malpighi de Forficula auricularia . Je la désignerai sous le nom de P. forficulœ. Elle est très voisine de P. Blatellæ , mais s’en distingue toutefois par la taille un peu plus grande de ses spores (0^,4 x 3*, 3), ses plasmodes en forme de dôme élargi et ses sporanges à spores très nombreuses et à paroi gélifîable.
Le genre Peltomyces , endomycétozoaire des Insectes, comprend donc actuellement trois espèces :
Peltomyces Blatellæ H. Crawley des lubes de Malpighi de Blatella germanica .
Peltomyces hyalinus n. sp. » » Olocrates abbreviatus.
Peltomyces for Jic u lie n. sp. » » Forficula auricularia.
GÉOLOGIE. — V instabilité du Plateau suisse dans les temps postglaciaires . Note (*) de M. E. Romer, transmise par \I. Michel Lévy.
La discussion sur les zones morphologiques de la Suisse a conduit à cette* conclusion : que le Plateau suisse est encore actuellement en voie d’exhaussement.
( ! ) Transmise dans la séance du 12 juillet 1909* C. R., 1909, 2« Semestre. (T. 149 , N° 3 .)