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Sur un nouveau Didierea

sent à un intervalle de temps plus long. Sont-ce donc aussi des sépales? Les appeler « tépales» ne tranche pas la question. Ils sont les analogues des trois folioles du verticille intérieur du périanthe des Pothos, Leur préfloraison est imbriquée, et le plus souvent c’est l’inférieur qui enveloppe le supérieur. Les quatre étamines naissent en deux fois et appartiennent à deux verticilles. Leur anthère, qui paraît d’abord sessile, est au début un mamelon parfaitement entier ; plus tard, un sillon vertical médian sépare les deux loges l’une de l’autre. Le filet n’évolue que tard, et son élongation dure longtemps ; elle peut se faire encore après l’anthèse; auquel cas l’anthère devient introrse. Le gynécée naît par deux feuilles carpellaires latérales. Ce sont deux croissants qui deviennent connés et s’élèvent ensuite en un sac a cavité unique. Du fond de cette cavité s’élève ensuite lentement une cloison verticale ; et c’est près du sommet de cette cloison que naissent, en face de chaque carpelle, un ou deux ovules qui sont des mamelons à axe d’abord horizontal. Au moment où un premier tégument se forme au-dessous du sommet de ces mamelons, ils commencent à descendre dans la loge à laquelle ils appartiennent. Ils sont alors orthotropes. Leur sommet est inférieur, et tel il demeurera jusqu’au bout. Ces ovules ne se réfléchissent donc pas. Ils s’accroissent graduellement par leur région chalazienne et deviennent ainsi, -suivant les espèces, soit hémitropes, soit plus complètement anatropes. Le style et le stigmate ne se développent que très tard.

M. H. Bâillon. — Sur un nouveau Didierea. — Ce genre extraordinaire n’est déjà plus monotype. M. Grevé vient d’observer dans les plaines (probablement arides) de Mouroundava, une deuxième espèce que nous nommerons D. mirabilis , aussi surprenante à sa manière que le fut le D. mada • gascariensis qui a, comme on sait, le port d’un Cereus ou d’une Euphorbe cactiforme. D’après un croquis insuffisant que nous avons sous les yeux, il s’agit ici d’un arbre d’environ quatre mètres, à gros tronc trapu, large environ d’un demimètre et deux fois plus long, qui se partage à une faible distance du sol en longues branches à peu près horizontales,

irrégulièrement ramifiées, sinueuses, longues elles-mêmes de deux à quatre mètres et entièrement couvertes de saillies qui, de loin, doivent f lire ressembler la plante à un vaste Lycopode. Les pieds plus jeunes, hauts d’un demi-mètre à une couple de mètres, sont simples ou beaucoup moins ramifiés. Nous ne savons pas à quel degré leur consistance est charnue. Les coussinets, analogues à ceux du G. madagascariensis, portent quelques épines noirâtres, rigides, longuement coniques, et des feuilles qui sont linéaires, ou des cymes florales, vraisemblablement dioïques. Quoique décolorées par l’alcool, les fleurs y ont conservé une teinte verdâtre. Elles ont environ la moitié des dimensions de celles de l’espèce prototype. La fleur femelle est à peu près la même. Son pédicelle grêle se renfle sous le périanthe en une masse obconique. Les folioles du périanthe sont au nombre de six, peut-être deux sépales et quatre pétales, décussés, membraneux, oblongs, d’un tissu délicat et à nervures anastomosées nombreuses. Les sépales sont, dans leur portion inférieure, verticalement adnés suivant leur ligne médiane au réceptacle. Plus haut, ils sont imbriqués par leurs bords amincis. Les pétales bisériés sont de même consistance et de même tissu, mais beaucoup plus courts. Le réceptacle, un peu concave autour de la base du gynécée, porte à ce niveau un nombre variable (jusqu’à huit) de petits staminodes fort inégaux. Quant au gynécée, il est au fond celui que j’ai figuré dans le D. madagascariènsis (pl. 261 et 262 de l’Atlas de la Flore de Madagascar), mais de moitié plus petit; les angles de l’ovaire bien nets; le sommet du style bien dilaté et frangé, avec une forte dépression centrale; l’ovule également dressé, ovoïde, turgide, avec le micropyle tourné en bas et en dehors. Mais, ce qui est pour nous bien plus précieux, nous pouvons aussi analyser les fleurs mâles, dont le mode d’insertion sur leur coussinet est le même, et dont le périanthe a les mêmes six folioles, avec seulement des différences de taille relative.

En dedans de la corolle se voit une cupule assez profonde vers le fond de laquelle s’insère un gynécée un peu excentrique et qui doit être stérile. Son ovaire est supporté par un pied court; il est obtusément trigonc, et son style est par-

tagé en trois courtes branches obtuses, sans dilatation stigmatifère. La plus grande logé renferme un ovule dressé, mais étroit, courtement fusiforme, apiculé en haut. Quant au rebord de la coupe intérieure au périanthe, il est formé de huit côtes épaisses et unies entre elles qui répondent chacune à la base d’une des huit étamines. Celles-ci sont longues, à filets grêles et pubéruleux. très inégaux, surmontés d’une anthère introrseà deux loges oblongues, subfusiformes, indépendantes en haut et en bas, déhiscentes en dedans et parfois très près des bords.

Grâce aux matériaux qui sont entre nos mains, nous pouvons maintenant déterminer la famille dans laquelle se rangeront les Didierea. Deux audacieux fauteurs de la méthode « parasite », se riant de notre embarras alors que nous ne connaissions qu'imparfaiteraent les fleurs du D. madagascariensis, se faisaieut forts d’arriver par l'anatomie à déterminer sûrement la famille à laquelle il convient de s'arrêter. L’un d’eux avait même vu,disait-il,deslaticifères dans la tigecharnue et spinifère, et se prononçait nettement « pour une Euphorbiacée ». Qu'il apprenne que les botanistes véritables sont ceux qui connaissent les plantes, et que sans eux, ses travaux « supérieurs » n’auraient même pas de point dedépart.Malgré leur port exceptionnel, la consistance de leur tige, la forme simplifiée de leurs feuilles, caractères qui sont dus aux conditions de milieu dans lesquelles végètent ces singulières plantes, les Didierea sont des Sapindacées, parmi lesquelles elles vont représenter une série anomale. Ils offrent plus d’une analogie avec les Stelechanteria de Dupetit-Thouars (qui sont les Cotylodiscus de M. Radlkofer), et vont amener ce savant, véritable botaniste en même temps qu’il est habile anatomiste, à modifier quelque peu les caractères généraux qu’il a donnés de la famille des Sapindacées. Nous avons parlé ailleurs de la comparaison qu’il y aura lieu de faire des Didierea a vue les Ait onia, type pour nous (Ilist. des plantes, V.371, fig. 414-417) d'une série encore peu nette de la famille des Sapindacées.

Le Secrétaire : iMüssat.

lmp. PAUL fiOUSKEZ, 5, rue de Lue*. <— Teur».

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