Sur un nouvel Hémiptère halophile
Ainsi donc, malgré les diflicultés inhérentes à tous les débuts, le laboratoire de Biologie souterraine possède des collections relativement importantes, très précieuses pour l'étude, et qui se développent de jour en jour.
Sur us souvel IIemiptere iialopiiile, PAU H. COLTIÈHE ET J. MARTIN.
Sous-famille des Hermatobatinæ H. Coutikre et J. Martin v 'h Genre Ileruiatohntcs Carpenter.
Hermatobates Carpenter, Sc . Proc . Roy. Dublin Society ,
1 7 juin 1 8 y i } p . î A s y pi XII y fi g. A-S.
IL Djiboutensis U. Coutière et J. Martin.
La première espèce du genre, II. Haddoni Carpenter, a été décrite d’après un unique individu, dont le sexe ne fut pas déterminé avec certitude, et dont plusieurs importants détails de structure, de l’aveu meme de l’auteur, demandent à être revus. C’est a cette espèce encore que Walker (2 ' rapporte des spécimens recueillis par lui sur le récif Guichen, près de
tlJ H. Cootière et J. Martin, C . H. Acad . Sc. y 29 avril 1901, p. 106G.
Eut. Monthly Mag., p. 239; 1893.
Troughton Island (i 4 0 45 S. , t s5 ° i o E. , Arafura See); ils vivaient sous des valves de Tridacnes mortes, et devaient être submergés, à marée haute, sous plusieurs mètres d’eau. 11 serait d’un grand intérêt de savoir si tous étaient du même sexe, les 9 du genre restant jusqu’à présent inconnues.
L’unique spécimen d recueilli à Djibouti appartient certainement à une espèce différente.
Corps ovoïde, trapu, longueur 3 millim. 76 , largeur 1 millim. 7 (rapport 2 , 22 ; chez IL Iladdoni, le rapport précédent est 2 , 44 ), d’une teinte brun noirâtre uniforme, plus claire à la face ventrale, entièrement couvert d’une fine pubescence blanche, surtout abondante sur la face dorsale, qui donne à l'animal vivant une teinte gris cendré. Espace interoculaire deux fois et demie la longueur de la tête (chez IL Iladdoni, la tête est beaucoup plus étroite, et le bord antérieur dessine un angle beaucoup plus aigu). Yeux joignant le pronotum, avec une trentaine de cornéules saillantes, convexes. Pas d’ocelles. Article basal antennaire très court, le suivant le plus long de tous, de couleur claire à la base, la longueur des trois autres décroissant régulièrement. Un très petit article intercalé entre les segments 2 et 3 , 3 et 4 de l’antenne, dont la longueur totale n’est que les trois quarts de celle du corps (chez IL Iladdoni, les antennes sont aussi longues que le corps).
Rostre à 4 articles, le 3 e (distal) est le plus long, le i er etle 4 e sont subégaux, le 2 e est très court, presque sphérique. Joues larges, s’étendant sur la moitié de l’article proximal.
Prothorax entièrement distinct. Pronotum très étroit, séparé de la tète et du mésonotum par deux sillons très nets (c’est très probablement par erreur que Garpenter le signale et le figure comme indistinct chez IL Iladdont); pleures graduellement élargis jusqu’aux acetabulæ antérieurs; limites du sternite et des épimères indistinctes.
Méso et méta thorax fusionnés. Méso et mélanotum formant par leur réunion un large bouclier convexe, de couleur très uniforme, occupant les sept dixièmes de la longueur du corps (chez IL Iladdoni, il existe une bande jaune transversale sur le pronotum et une bande longitudinale de même couleur). Méso et métapleures visibles partiellement en dessus, de même que les pleures abdominaux, sous forme d’une étroite bande. Méso, métasternites et épimères fusionnés, en un vaste plastron, sans trace de sutures.
Les trois acetabulæ presque équidistants, ceux de la paire médiane étant cependant un peu plus rapprochés de la paire postérieure. Hanches antérieures peu volumineuses; trochanters armés de trois épines au bord interne; fémurs extrêmement renflés, deux fois et demie seulement plus longs que larges (longueur 1 millim. 8 ), armés à la base d’une longue épine très aiguë, d’une série de six pointes plus courtes et d’une saillie épineuse distale, se logeant dans une concavité du bord de la jambe. Celle-ci présente Muséum. — vii. i3
sur son bord interne trois épines équidistantes (chez H. Haddoni , 1 une d’elles est beaucoup plus forte, et la jambe porte en outre une saillie externe). Près de l'insertion du tarse, la face interne de la jambô montre une série d’environ vingt fortes soies parallèles, courtes et raides; et au-dessus, du coté externe, une petite saillie noire très visible.
Tarse à trois articles de grandeur croissante, le dernier portant deux griffes en forme de faucille, montées sur une base commune, et pouvant se retirer presque en entier dans le prolongement en capuchon du bord externe de l’article.
Hanches médianes et postérieures très fortes, cylindriques, dirigées parallèlement à l’axe du corps, dont elles ne peuvent s’écarter; elles se meuvent an contraire avec facilité autour de leur axe longitudinal, disposition (pie l’on trouve également chez les Gerridæ et les Veliinæ. Hanches médianes plus écartées et plus fortes que les postérieures, qui atteignent à peine en arrière l’extrémité de l’abdomen (chez H. Iladdoiti, les hanches postérieures sont égales aux médianes et dépassent en arrière l’extrémité abdominale).
Fémurs médians et postérieurs faiblement renllés, fusiformes, les seconds inclines, les premiers armés sur leur bord interne d’environ 20 courtes et fortes épines, visibles seulement en dessous. Longueur : fémur médian, 2 milliin.; fémur postérieur, 2 millim. i5. (Le fémur médian est an contraire un peu pins long chez //. Iladdoni .) Jambe cylindrique; tarses à 3 articles; le i er très court, le 2 e plus long que le 3 e sur la paire médiane; les deux articles subégaux, sur la paire postérieure, cylindriques, égalant ensemble la longueur de la jambe. Longueur totale de chaque membre : médian. B millim. 3o; postérieur, 5 millim. Go (chez H. liaddoni, le membre médian est au contraire un peu plus long (pie le membre postérieur: déplus, sa longueur dépasse celle du corps de 2 millim. 1 ; cet excès n’atteint (pie 1 millim. 5o dans la nomelle espèce). Les pattes sont uniformément revêtues, sur toute leur surface, d’une forte pubescence analogue à celle du corps; toutefois les deux articles terminaux du tarse portent sur leur bord intente une frange de soies parallèles plus longues et plus fortes, mais beaucoup moins développées rpie chez Halobafcs. Les trochanters médians et postérieurs sont de couleur claire ; les tarses se terminent par une double grille montée sur un talon commun et accompagnée de soies accessoires, parmi lesquelles on en remarque une aplatie et à bords frangés, présente aussi chez certains Veliinæ (Rha govelia): l’ensemble de la disposition des membres rappelle d’ailleurs de très près celle des Veliinæ.
Abdomen avec 3 segments visibles en dessus (5, G et 7 ), se terminant par un large bord arrondi, celui du 7 e segment (chez //. Iladdoni , le 9 e segment est Visible en dessus). Lue paire de stigmates dorsaux (i cr segm. abdom.?), une seconde paire, située latéralement, sur les pleures abdo-
Ilermatobates Djiboutensis (type).
va on dessus (gr. nat.). — II. Le même, x îG (la pubescence du corps et des membres n’a été figurée que sur une moitié du sp. ). III. Vu en dessous. — IV. Vu latéralement (la hanche postérieure n’est pas figurée, pour montrer les segments génitaux). — pr. Pronotum. st. Stigmales (tî° paire omise sur le dessin). — cg. Capsule génitale. — B 6, 7, 8 et 9. Segments abdominaux.
minaux, au-dessous de l'insertion des hanches postérieures; un troisième stigmate , p double , médian et dorsal, entre les segments abdoin. 4 et 5. 8 e segment récurrent, dirigé de haut en bas et d’arrière en avant, visible seulement en arrière et en-dessous. Sternite large, mais cacbé entièrement, sauf une étroite bande transversale, par le métasternum et les s ternîtes abdominaux soudés. Sternite 8 présentant de part et d’autre une saillie bien nette, articulée, homologue des prolongements volumineux qui enserrent, chez Iïalobnies , la capsule génitale et atteignent le double de la longueur du segment.
Heures du 8 e segment circonscrivant un espace presque circulaire occupé par la capsule génitale, où sont logés les stylets copulateurs , capsule s’ouvrant de haut en bas, en arrière, et qui doit être considérée comme un appendice du sternite 8.
Tergum du 8 e segment divisé dans toute sa longueur par un large sillon. Les lèvres de celui-ci s’écartent en leur milieu et délimitent un cercle où sont insérés le tergile et le sternite du q c segment (anal) très petit et réduit à un boulon (il est facile de retrouver une disposition analogue dans la figure de Carpenter, où la capsule génitale circulaire, circonscrite par le 8 e segment, et le segment anal rbulton-shapedn sont bien visibles.
Il faut remarquer toutefois que, chez IL Haddoni , ce segment terminal est visible en dessus, et dépasse l'extrémité du 8 e segment beaucoupplus que chez la nouvelle espèce).
On s’explique celle singulière disposition du segment anal en supposant (pie les deux moitiés du tergile 8 ont comme glissé de part et d'autre du dernier somite pour prendre la position récurvée, laissant l’orifice anal dans sa position primitive, de sorte (pie cette structure, probablement unique chez les Hémiptères, concilie l’extrême réduction de l’abdomen résultant de la résnpination du 8 e somite avec la position normale défaillis dans l’axe du corps.
Ainsi constitué, l’appareil génital c? a des analogies assez grandes avec' celui des 1 eliinœ. Chez ceux-ci, le segment anal est aussi très réduit; mais les 1 eliinœ ne montrent en aucun cas un déplacement du segment anal et une réduction du stérilité 8, comparables h ce qu’on observe chez Hcrmatobates.
Indépendamment de la disposition différente des membres et des tarses, le seul examende cet appareil génital suffirait à faire rejeter l’idée d’un rapprochement avec les Halobatinœ . Chez ceux-ci, le tergite du q c segment est extrêmement développé, beaucoup plus grand que celui du 8°. En outre, les deux longues expansions latérales protégeant la capsule génitale sont inarticulées et beaucoup plus grandes.
L’exemplaire que nous avons eu à notre disposition étant unique, nous n’avons pu examiner les appendices copulateurs, (pii nécessitent une mutilation assez grande.
H . Djiboutensis a été capturé à marée basse, en compagnie (Y Halobates sp.
( //. AüucimU lierg. [?]), courant de la meme façon à la surface d'une petite flaque du récif, à quelques mètres d'un cordon d’ébonlis madréporiques. Le type fait partie des collections du Muséum de Park
Sur une singulière forme uÉtÉronÉrÉidienne DU GOLFE DE CALIFORNIE ,
par M. Cn. Gravier.
Dans une pèche pélagique faite eu 1900, dans le golfe de Californie (entre file Carmen et Loreto), M. L. Diguet a recueilli trois exemplaires, en parfait état de conservation, dune singulière forme liétéronéréidienne, qui se distingue nettement de toutes celles que l'on a signalées jusqu’ici.
L’individu décrit ici mesure 2 3 millimètres de longueur, 3 millimètres dans sa plus grande largeur, vers le milieu du corps; le nombre des segments sétigères est de 91 . La face dorsale présente des bandes sombres transversales, un peu en avant de la ligne médiane de chaque segment; la pigmentation s’atténue d’avant en arrière assez rapidement.
Le prostomium (fig. 1 ) est complètement j déformé : presque rectangulaire, un peu élargi cependant au niveau des yeux antérieurs, il ne laisse voir ni antennes, ni palpes sur la face dorsale. Les yeux, extrêmement développés, paraissent fusionnés latéralement. Les yeux postérieurs, de forme elliptique, avec une petite lentille centrale, sont seuls franchement dorsaux; les antérieurs, beaucoup plus grands, s’étendent davantage sur la face ven- ^ traie (pie sur la face dorsale; la lentille dont ils sont pourvus est orientée latéralement et plutôt vers la face ventrale. Ces formes pélagiques nagent de facilité sur le ventre que sur le dos.
Partie antérieure du corps, face dorsale. — 2. Partie antérieure du corps, face ventrale.
vraisemblablement avec autant Les antennes (fig. 2), larges à leur base, terminées en pointe ethlée à