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Sur Un Rhopalomyces

MM. Girault (Georges), rentier, rue de Saint-Quentin, 38, à Paris, présenté par MM. Pois et Maury.

Gravis (Auguste), professeur de botanique a l’université de Liège (Belgique), présenté par MM. Duchartre et Malinvaud.

Motelay (Paul), cours de Gourgues, 8, à Bordeaux, présenté par MM. Motelay père et Paul Sahut.

Welter (Hubert), libraire, 50, rue Bonaparte, à Paris, présenté par MM. Cintract et Malinvaud.

M. le Président prononce l’admission comme membre à vie de M. Paul Motelay, qui a rempli les conditions exigées par les Statuts pour l’obtention de ce titre.

M. Malinvaud présente à la Société des échantillons de Galium vernum récoltées par M. Dcmortier dans ie bois de Meudon; il ajoute que cette espèce, probablement naturalisée (comme le Scutellaria Columnœ , le Glyceria AHchauscii, etc.), n’avait pas été rencontrée jusqu'à ce jour dans le rayon de la ilore parisienne.

M. Edmond Bonnet dit que ce Galnim a été découvert à Meudon au cours d’une herborisation dirigée par M. Bâillon, et qu’il a été manifestement introduit.

M. Demortier, ayant laissé chez lui une note qu’il avait préparée au sujet de la découverte de celte plante, en donnera lecture au commencement de la prochaine séance.

M. Costantin fait à la Société la communication suivante :

SUR UN IIIIOPALOMYCES, par M. COSTAXTIX.

Le genre Rhopalomyces , créé par Corda (1), comprend actuellement cinq espèces (2) qui ont été réunies ensemble, quoique organisées d’après deux types très différents. A un premier type, se rattache le R. elegans (3), caractérisé par un long pied hyalin non cloisonné supportant une sphère dont la surface est hérissée de spores brunes. A un deuxième type se rapportent les espèces de M.M. Berkeley et Broome, en particulier le R. candidus , caractérisées par un pied incolore cloisonné , terminé par une sphère couverte de spores hyalines .

(1) Prachtftora, p. 3, pl. n.

(2) Saccardo, Sylloge Fungotum. iv, Hyphomycètes, p. 50.

(3) Peut-être aussi le 7Î. Cucurbitarum B. et R. dont tes filaments ne sont pas cloisonnés.

On sait quelle grande importance on attribue, avec raison, à la présence ou à l’absence de cloisons chez les Champignons inférieurs (1); c'est un des caractères qui distinguent les Oomycètes des autres ordres de la Mycologie. C’est donc vraisemblablement à tort que l’on a rapproché les deux groupes précédents d’espèces dans un même genre. Ces plantes sont assez rares; aussi, comme j’ai eu récemment l'occasion d’observer une espèce non décrite appartenant à l'un de ces deux types, je profite de cette occasion qui m’amène à la décrire pour signaler l’hétérogénéité du genre Rhopalomyces.

Le Champignon que j’ai rencontré se rapproche du R. elegans. 11 présente un long pied sans cloison, cuticularisé et brunâtre, tandis que celui de l'espèce précédente est incolore. La même différence de coloration s’observe pour la tête qui surmonte ce pied. Les dimensions des spores, un peu arrondies du côté libre et un peu pointues vers le point d'attache sur la sphère, ne sont pas les mêmes dans les deux espèces; la longueur des conidies du R. elegans varie de 35 à 40 p (2), la largeur est de 18 p; la longueur des spores de l’espèce actuelle varie de 25 à 34 p, la largeur de 8 à 9 p. Dans celte dernière plante, les conidies, fixées à ( extrémité des stérigmates quand elles ne sont pas mûres, ton» bent dès qu’elles arrivent à maturité. Quand elles sont toutes tombées, la tète brune qui les porte apparaît hérissée de piquants dont la base est enfermée dans un polygone plus ou moins régulier, mais moins nettement délimité que celui qu'on observe sur le R. elegans (3). Le nombre de ces piquants est assez variable et dépend de la grosseur de la tète et de celle de l'individu tout entier, mais il paraît être plus élevé dans l’espèce actuelle que dans le Rhopalomyces de Corda. La grosseur de la sphère est très variable, elle peut osciller entre 38 et 80 p, mais, relativement aux spores, la tète est plus grosse ici que sur les échantillons figurés dans le Prachtflora; jamais, en particulier, les spores ne sont aussi longues que le diamètre de la sphère. De la partie inférieure du pédicelle brun qui porte la sphère, partent un certain nombre de filaments radiciforincs incolores extrêmement déliés (1 p de large, tandis que le pied atteint 17 p) non cloisonnés qui servent à fixer et à nourrir la plante. . * r ».

C’est sur le Peziza arenaria Tul. que j’ai rencontré le précédent Champignon. Ayant rapporté au laboratoire un certain nombre d’échan-

(1) Van Ttcghem, Traité de Botanique , p. 1001. L’idée de rapprocher les Bhopalomyces des Mucorinées a été indiquée par Berkeley et Ravenel à propos du B. Cuairbitarum.

(£) Saccardo, loc. cil.

(fy 11 n’y a là évidemment aucun cloisonnement dans cette tête comme Corda l’indique; elle est simplement aréoléc très légèrement. Sur certains individus, ces aréoles ne s'observent même pas dans l’espèce que je décris.

COSTANTIN.

SUR UN RHOPALOMYCF.S.

tillons de celte Pezize qui vil enfoncée dans le sable, je constatai, au bout de quelques jours, que son hyménium s’était couvert d’une torét de petits filaments noirs terminés par des tètes de même couleur. Cet Hyphomycète se propagea bientôt sur le sable qui entourait les Discomycètes, ainsi que sur la coupelle de terre où ils étaient contenus. Cette plante nouvelle se développe donc à la façon des Rhizopus, seulement ici les stolons sont d'une ténuité et d une délicatesse extrême.

Au point de vue de la classification de M. Saccardo, la découverte de cette espèce offre un intérêt particulier; elle met nettement en évidence tout ce qu’il y a d’insuffisant dans la méthode suivie par ce botaniste pour classer les Cryptogames inférieures. En effet, la plante nouvelle précédente est une Dématiée, puisqu’elle a les spores brunes et les filaments noirs, et je rappellerai ce fait en la nommant Wiopalomyces nigripes; aucune Dématiée ne s’en rapproche; il n’y a pas lieu cependant de créer un genre nouveau, car les affinités des Wiopalomyces nigripes et elegans sont incontestables. Or M. Saccardo range tous les Rhopalomyces dans les Mucédinées, c’est-à-dire dans les Hyphomycèles à filaments incolores et à spores peu ou pas colorés. Si le R. candidus et les espèces voisines peuvent prendre place dans ce groupe, le R. elegans y rentre difficilement et le R. nigripes ne peut pas du tout y être rangé. C’est donc nettement à part que ces deux dernières espèces doivent être classées.

En somme, la classification empirique de M. Saccardo et la classification plus rationnelle qui tient compte de la présence ou de l’absence de cloisons conduisent à la même conclusion : que le genre Rhopalo myces est un genre hétérogène et doit être scindé en deux. Si l’on ne peut pas dire actuellement où les Rhopalomyces doivent être placés, car leur histoire est trop imparfaitement connue, on peut cependant affirmer que le genre actuel doit être restreint à trois espèces.

Le nom de Rhopalomyces doit être conservé pour les R. elegans, nigripes, ainsi que le R . Cucurhitarum , puisque le nom de genre a été créé par Corda en étudiant cette première espèce. Que deviendront les autres Rhopalomyces? Ils pourront prendre place dans le genre Œdocephalum de Preuss, car ce genre a été créé pour des espèces cloisonnées qui ne diffèrent des précédentes que par la présence d’un réseau sur la sphère qui porte les spores; ce caractère n’a qu’une valeur secondaire, car il ne se manifeste qu’assez tard et pas toujours très nettement.

J’ai tenté de cultiver le Rhopalomyces qui vient d’être décrit, je l’ai semé dans différents milieux : décoction de crottin, eau de levùre glucosée, jus d’orange, jus de pruneaux, décoction du Peziza arenaria, etc.; dans quelques-uns de ces milieux, j’ai pu obtenir, en culture cellulaire, le début de la germination des spores de ce Champignon. La germination se manifeste avec une très grande rapidité dans la décoction de

crottin, dans l’eau (le levûre glucosée, dans le liquide Raulin, etc.; au bout de deux jours, on voit sortir de l’extrémité arrondie de la spore opposée au point d’attache un filament extrêmement délié, de 1 p environ, qui se ramifie le plus souvent presque au sortir de la spore en deux autres filaments qui ne tardent pas à se diviser et à se subdiviser un certain nombre de fois. Ce mycélium est tellement fin qu’il doit être observé avec l’objectif à immersion pour permettre de constater qu’il n’est pas cloisonné. Dans toutes ces cultures cellulaires, ce mycélium n’a pas produit de rameaux fructifères; eu certains points seulement, il s’enroule sur lui-même, de façon à former comme des sortes de pelotes peuserrées.

Voyant l'insuccès de ces cultures et redoutant de voir disparaître la plante que je cultivais en grand dans des coupelles poreuses, je suis retourné à Herblay chercher de nouveaux échantillons du Peziza are varia, qui se trouvait cette année en très grande abondance dans cette localité. Quelques-unes de ces Pezizes qui étaient indemnes d’IIyphomycèles furent placées au milieu des anciennes cultures qui furent ainsi rajeunies par l’apparition d’un grand nombre de têtes noires nouvelles, qui formaient une nouvelle forêt de Rhopalomyces. Non seulement ces Pezizes furent très rapidement infestées, mais les Pezizes nouvelles, placées dans des assiettes séparées, redévcloppèrent spontanément la même Cryptogame. On peut donc maintenant se procurer ce Rhopalomyces, si l’on connaît un gîte de Peziza arenaria;ct n’est pas accidentellement que ce parasite s’est développé.

Dans les vieilles cultures en coupelles dont je viens de parler, j’ai pu observer quelques modifications intéressantes de l’espèce nouvelle. Quand l’atmosphère dans laquelle elle se développe est très humide, quand les Pezizes et le sable apparaissent comme fortement imprégnés d’eau, au lieu de têtes noires, on voit apparaître des têtes blanches. Ces formes n’apparaissent d’ailleurs jamais au début des cultures, mais à la fin. Sous le microscope, elles se montrent composées, comme dans les individus décrits plus haut, d'une tête couverte de spores qui ici restent fixées à leur support; l’ensemble de l’individu est incolore: le pied, la tête, les spores. Ces spores ne sont évidemment pas mures, puisqu’elles sont encore fixées a l’ampoule à laquelle elles tiennent très fortement, tandis que sur les individus noirs décrits plus haut, les spores tombent avec la plus grande lacilité. Les dimensions des individus de cette forme sont d’ailleurs notablement diflérentes de celles des individus à pieds noirs. Voici les mesures faites en prenant pour unité une division du micromètre oculaire :

Individu blanc : pied, 110; tête, 9 spores fixées à la tête et blanches.

1* individu noir — 32 — 5 1

-* — — 18 — 4,9 [ spores noires tombées

3* — — 12 — 3,5 -Vi feWfc i^É « i 3| U I.1IU

COSTANTIN.

Ces nombres indiquent donc bien qu’on a affaire à une variété qui se développe dans des conditions particulières. En effet, quoique beaucoup plus élevée, elle n'est pas nuire puisque les spores ne sont pas tombées. Les chiffres précédents relatés pour les individus de coloration brune montrent, en outre, que la différenciation est déjà complète, môme chez les plus petits pieds*

Voici les valeurs absolues des différents éléments qui constituent ces individus incolores : spore incolore, 25p de long sur 11,5 p de large ; tète supportant les spores, mais dépourvue de spores, 91 p; filament supportant la tête, largeur à la partie supérieure, 11,2 p, largeur à la base, 24 4 u, longueur du filament, 420 p. Le contenu plasmique de ce filament est disposé en un réseau formé d hexagones à angles très fortement accusés. Tout semble donc indiquer dans cette forme un développement exagéré en rapport avec une grande humidité de l'atmosphère, cette élongation s’opère sans que pour cela la différenciation du filament ou des spores soit aussi avancée que sur des échantillons très petits de la forme normale noire.

Les cultures précédentes faites en grand ne permettent pas de bien préciser le mode de propagation par stolons de l'espèce actuelle; une culture cellulaire faite dans des conditions spéciales m’a permis de déterminer d’une manière exacte comment cette multiplication s’opérait. N’ayant obtenu dans les cultures cellulaires avec des liquides varies que le mycélium de la plante, j'ai introduit un fragment de Pezize dans la décoction de crottin, ét j’ai ainsi obtenu dans la cellule le développement de quelques pieds fructifères du lihopalomyces. Les filaments mycéliens forment à la base de ces pieds des réseaux très déliés.

Voici la diagnose du lihopalomyces nouveau décrit dans cette note.

lihopalomyces ni g ripes, sp. n. Pied et tête bruns; tôle variant de 28 à 80 p, hérissée de stérigmates portant les spores brunes allongées pointues à un bout, arrondies à l’autre, longueur 34 à 25 p, largeur 9

M. Van Tieghem a étudié autrefoisl e lihopalomyces eleg a ns, que l'on trouve quelquefois sur le crottin de cheval. Le thalle rampant qui s’étend sur le bord des coupes poreuses ressemble à celui des Piptocephalis et des Syncephalis . Celle espèce n'est point parasite, comme celle dont s’est occupé M. Costaulin; aussi se cullive-t-elle plus facilement dans la décoction de croltin. Dans ccs cultures, on observe des boules enveloppées d’une membrane qui rappellent les chlamydosporcs des Mucorinées. Celte circonstance jointe à la structure non cloisonnée du lliallc pourrait peut-être

amener â ranger les Rhopalomyces y sinon dans les Mucorinées, du moins au voisinage de cette famille. Il n’y a aucun rapport, ainsi que vient de le montrer M. Costantin, entre le R. elcgans et les autres espèces placées à tort dans ce genre.

M. Cornu signale, à ce propos, les affinités obscures d’un certain nombre de Dématiées, groupe hétérogène et riche en formes variées, en particulier dans l’élégant genre Camploum , dont les espèces croissent sur les Cypéracées. Ce genre présente des articles couronnés de spores et donne en germant un thalle unicellulaire.

M. Van Tieghem fait à la Société la communication suivante :

ORIGINE DES RADICELLES ET DES RACINES LATÉRALES CHEZ LES LÉGUMI¬ NEUSES ET LES 'CUCURBITACÉES, par Ph. TIECÜEM et U.

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